L'argent sur votre compte épargne rapporte sept fois moins qu'il y a cinq ans

La rémunération des comptes d'épargne rapporte sept fois moins qu'il y a cinq ans, selon le classement établi par Guide-épargne.be, mentionné dans Le Soir jeudi.

En cinq ans, la rémunération a baissé de 87% pour la moyenne des comptes classiques. Pour un dépôt de 10.000 euros, un tel compte d'épargne rapportait en moyenne 84,52 euros contre 11 euros aujourd'hui. Sur les 71 comptes étudiés par Guide-épargne.be en collaboration avec Le Soir, 31 n'ont accordé que le minimum légal, soit un taux de base à 0,01 % et une prime de fidélité de 0,10 %.

Néanmoins, les taux en ont fini de baisser: pour les comptes classiques, le minimum légal atteint en 2016 ne peut de fait plus diminuer. Aussi le compte d'épargne de l'année 2018 (celui de CKV) a tout de même rapporté plus que celui de 2017 (2,50 euros). Certaines banques, mais pas les grandes, ont en outre choisi de relever leurs taux.


Comment expliquer ces taux très bas ?

"Ces taux d’intérêt sont très bas depuis deux/trois ans, avec un plancher minimal qui est le dixième d’un pourcent, c’est-à-dire pas grand-chose, tout simplement parce que la Banque Centrale Européenne a décidé d’imposer des taux d’intérêt négatif aux banques. Tout cela se répercute dans l’économie", explique Bruno Colmant, économiste, au micro de notre journaliste Mathieu Col.

"En fait, la Banque Centrale Européenne, qui est la banque des banques, impose des taux d’intérêt négatif à tout le système bancaire. Normalement, le taux d’intérêt négatif devrait aussi être appliqué aux particuliers, mais il y a heureusement un plancher légal, qui est un dixième de pourcent. Les épargnants sont donc protégés de taux d’intérêt négatif. Mais malheureusement, ils sont extrêmement bas, d’autant plus que l’inflation est de deux pourcents. Concrètement, cela veut dire que quelqu’un qui met son argent sur un compte d’épargne reçoit un intérêt minimal mais perd en même temps deux pourcents de pouvoir d’achat chaque année."

Le Belge prêt à investir ?

"Normalement, cela devrait pousser les particuliers à investir, mais il y a cette peur du risque. Il y a le traumatisme de 2008. Et puis, ce qu’on constate dans des populations âgées, c’est que le montant de l’épargne, sans risque, augmente avec le vieillissement de la population. Le Belge devient donc prudent, il a été traumatisé en 2008 et il veut donc avoir la certitude que son épargne est protégée dans des banques."

Que conseille alors l'économiste ? Que faire avec cet argent qui "dort" sur nos comptes épargne ? "Tout dépend de la disponibilité de votre argent. Si vous en avez besoin à un horizon de temps assez court, il faut absolument garder votre argent sur un carnet de dépôt. Si par contre, vous avez la possibilité d’investir, alors cela peut être un portefeuille d’actions, mais bien sûr, c’est volatile. Ou alors, d’autres investissements, comme par exemple des panneaux solaires, c’est-à-dire des investissements alternatifs. Mais il faut savoir qu’on a besoin d’un matelas de sécurité qui, normalement, doit couvrir quelques mois de dépenses courantes si, d’aventure, un accident de la vie arrivait."

Belga

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