Veillée d'armes à Bourges avant le rendez-vous des "gilets jaunes"

Bourges, choisie par un collectif de "gilets jaunes" comme centre de la contestation samedi, attendait avec une certaine inquiétude vendredi l'éventuel afflux de manifestants, auxquels l'accès au centre-ville sera interdit.

Les autorités ont pris les devants. La préfète du Cher, Catherine Ferrier, a pris un arrêté interdisant tout rassemblement dans le centre historique de cette ville de 66.000 habitants. De son côté, le maire, Pascal Blanc (centre-droit) a décidé de fermer musées, jardins, bibliothèques et l'Hôtel de ville.

"J'ai un peu peur pour les commerçants du centre-ville", confie à l’AFP Mireille, une retraitée qui vient de déposer trois baguettes de pain au poste de "gilets jaunes" où s'organise le rassemblement. "L'ennui, ce n'est pas eux, c'est tous ces casseurs qui s'infiltrent", selon elle.

Les manifestants ont été autorisés à se rassembler place de Séraucourt, un vaste espace près du centre où stationnaient encore vendredi après-midi des centaines de voitures.

Au bout de cette place, une dizaine de partisans des gilets jaunes s'activent à peindre des couvercles de poubelles, "pour se protéger des CRS". A l'entrée de la ville, à la sortie de l'autoroute, un groupe s'est installé sur un rond-point et y a entreposé un stocks de palettes pour alimenter un feu. Pour l'instant, aucun filtrage n'y a été signalé.

"Moi, je reste ouvert, je vais gagner de l'argent", lance le patron du Château d'eau, un bar-restaurant plein de clients locaux, qui dégustent à la mi-journée des rognons au porto. "Que je sois là ou pas, s'ils cassent, je n'y pourrai rien", ajoute-t-il.

- "Tous chez les Bourgeois" -

"Inquiets, on a des raisons de l’être. Une manifestation de ce type, même si on ne connaît pas le nombre de manifestants, je crois qu’on n'a jamais connu ça de mémoire de Berruyer. Les dernières manifestations c’était 300, 400, 500 personnes" et là "on peut imaginer plusieurs milliers", a expliqué le maire sur RTL.

Dans le centre, les banques ont protégé leurs façades avec des plaques de contreplaqué. Une couche de goudron a été grossièrement étalée sur les travaux de voirie, les horodateurs ont été enlevés.

"On a tout rangé", explique un ouvrier sur le chantier de l'Office du tourisme, au début de la rue Moyenne, la principale rue commerçante. Seuls deux archéologues continuent de trier soigneusement les débris sortis par une pelleteuse, le reste du chantier est comme abandonné.

Jouxtant la place de Seraucourt, le chantier de la nouvelle maison de la culture qui remplacera l'édifice magnifique inauguré par André Malraux en 1968, a été enveloppé de hautes barrières en tôle afin que nul ne vienne s'y servir en projectiles.

Le rendez-vous annoncé comme national au "centre de la France" est au cœur de toutes les discussions. Le premier samedi des soldes incite les commerçants à rester ouverts, confiants dans l'arrêté préfectoral qui interdit le centre-ville aux gilets jaunes. Selon des sources officieuses, 2.500 membres des forces de l'ordre auraient été affectés à la préfecture du Cher.

Sur la page Facebook appelant à ce rassemblement, plus de 2.800 personnes se disaient prêtes vendredi vers 16h00 à y participer. Un peu partout en France des cars sont affrétés ou du covoiturage organisé pour s'y rendre comme dans le Tarn où un autocar au moins est prévu et où les organisateurs annoncent 200 autres gilets jaunes qui s'y rendront en covoiturage.

"Je veux participer à une manifestation pacifique", assure sous couvert d'anonymat l'un des participants du Tarn où un tract local appelle au déplacement sous ce slogan : "Pas de lutte des classes, tous chez les Bourgeois".

Les gilets jaunes devraient participer à une manifestation appelée par la CGT qui a négocié un parcours faisant le tour du centre-ville. Dans son arrêté, Catherine Ferrier fait allusion à une proposition de parcours discuté avec un groupe de gilets jaunes et excluant le centre, mais "leur position ne reflète pas forcément les intentions de tous les manifestants" ajoute-t-elle.

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