A Champion, ces élèves n'ont pas manifesté pour le climat mais réfléchi à des actions concrètes: "Amener les bols à soupe de chez nous"

A Champion, en région namuroise, l'Institut de la Providence a décidé de consacrer une heure de cours au futur de la planète. L’objet de la discussion : comment faire, au quotidien, pour la préserver ?

Ils marchent ensemble, au cœur de leur école, en orbite autour d’une Terre pour laquelle ils ont décidé de se battre. "C’est la première fois et on essaye de mobiliser le plus de personnes", témoigne Elise, élève de 3e année de secondaire. "On ne peut pas se bouger tous seuls, il faut que les politiques nous entendent. On se bat, mais quand on entend qu’en 2037, le trafic aérien va doubler [selon l'association des compagnies aériennes internationales IATA, ndlr], ça me fait peur", s’insurge Lucile.

Les 1200 élèves sont impliqués et durant 60 minutes toute l’école s’est arrêtée. "On est vraiment dans un objectifs de citoyenneté. Les élèves revendiquent, développent des propositions, en discutent, et vont pouvoir les proposer pour acter un changement. La planète, c’est important de la sauver, et par la même occasion, on rend nos élèves citoyens et actifs", explique Olaf Mertens, directeur de l’Institut de la providence à Champion.

Ils participent, en classe, à des groupes de discussion. "C’est beaucoup plus important de faire de petites actions chez soi, prendre le vélo, trier les déchets, que d’aller marcher à une manifestation et louper une journée de cours", estime Hugo, élève de 6e année.

"Il y a beaucoup d’élèves qui pensent que juste aller manifester, ça va marcher. Peut être que ça va marcher, mais si tout le monde commence à faire des choses au quotidien, ça changerait beaucoup plus", explique pour sa part Noa, élève de 6e année.

Chacun amène ses propositions. Celle d’Edouard, élève de 6e année: "Prendre les bols à soupe de chez nous et les amener pour prendre notre soupe à la place de gobelets en plastique". "Prendre les transports en commun, utiliser le vélo pour les petits trajets", propose Hugo.

"Profitons de cette énergie-là, et là les jeunes nous montrent bien que pour le moment, leur priorité, c’est ça", explique Clarisse Goffin, professeur de sciences sociales à l'Institut de la Providence.

Impliqué depuis plusieurs années pour la protection de l’environnement, l’établissement encourage vivement ses élèves à participer à la marche nationale de ce dimanche pour le climat.

Mathieu Langer et Benjamin Van Kelst

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