Jean-Luc et ses chiens bloqués pendant 16h dans leur camionnette à la frontière russe: "J'avais l'impression d'être dans une prise d'otages"

Un meneur de chiens, ses deux seconds et leurs dix chiens de traîneau étaient en route pour la Russie dans le but de participer à une course caritative qui a lieu dans quelques jours. Mardi, l'équipe a vécu une journée "abominable" à la frontière russe. Ils n'ont pas eu le droit de sortir de leur camionnette pendant plus de 16 heures, racontent-ils.

Lundi matin, Jean-Luc, un musher (meneur de chiens), quitte son chenil à Flémalle dans l'agglomération de Liège, avec Grégory et Quentin, deux de ses handlers (les seconds du meneur de chiens) et ses dix chiens huskies sibériens pour participer à la North Hope, une grande course de chiens de traîneau qui a lieu en Russie, à 700 km de la capitale Moscou. Mais le Belge qui se frotte aux meilleurs sur les plus grandes courses du monde n'est pas prêt d'oublier le début de son voyage. Pauline, la fille de Jean-Luc, a contacté la rédaction RTL info via le bouton orange Alertez-nous afin de raconter la mésaventure que lui et ses deux hommes ont vécue à la frontière entre la Lettonie et la Russie il y a deux jours.


"Une file d'attente abominable"

Le 14 février vers 8h du matin, après avoir traversé l'Allemagne, la Pologne, la Lituanie et la Lettonie, le groupe se retrouve à Terehova, à la frontière russe. Mais arrivé à la douane, rien ne se passe comme prévu. Les trois hommes sont bloqués durant 16 heures dans la camionnette avec leurs dix huskies... sans pouvoir sortir du véhicule, nous a affirmé Jean-Luc.

"Nous avions l'interdiction de sortir les chiens du camion alors qu'on doit les sortir toutes les quatre heures pour qu'ils fassent leurs besoins et pour qu'ils puissent s'hydrater. Ils nous ont fait comprendre où on était. On est arrivé dans une file d'attente abominable. Il y a eu à chaque fois des check-points durant lesquels les douaniers vérifiaient quelque chose. Tous nos papiers étaient en ordre. Mais au dernier contrôle, ils ont commencé à titiller sur les chiens et à nous faire attendre en disant qu'il fallait voir un vétérinaire. Mais moi j'ai l'habitude de voyager avec mes animaux et je suis au courant de tout ce qu'il faut", nous explique Jean-Luc que nous avons joint en Russie par téléphone.

Des douaniers corrompus?

Après de longues discussions, les douaniers demandent carrément de l'argent, nous a assuré Jean-Luc. "Ils m'ont fait comprendre que si je sortais de l'argent de ma poche, ça allait bien se passer. C'est ce que j'ai fait. J'ai donné une centaine d'euros en échange d'un certain document. Ils voulaient juste nous soutirer de l'argent. Ils nous ont fait patienter durant 16 heures sur 2m². Et durant tout ce temps, je n'ai pas pu sortir mes chiens", détaille le musher de 47 ans.


"Ces personnes sont inhumaines"

"Je trouve cela complètement honteux ce qu'ont fait ces douaniers. Ils ont laissé des chiens enfermés dans une camionnette. Ces personnes sont inhumaines", s'indigne la fille de Jean-Luc.

Seul Quentin, un des handlers parlant très bien anglais, passe plusieurs heures dans les bureaux de la douane afin d'expliquer leur volonté d'entrer dans le pays. "Mais les douaniers n'ont pas voulu comprendre ou plutôt, ils ont fait semblant de ne pas comprendre. Ils ont soutiré de l'argent à mon père. Ils ont trouvé des excuses non valables pour ne pas les laisser passer", précise Pauline.


"J'avais l'impression d'être dans une prise d'otages"

Les trois Belges se retrouvent donc bloqués à la frontière malgré leur autorisation d'entrer sur territoire russe. A bout, Jean-Luc pense même à faire demi-tour pour rentrer en Belgique. "On n'avait plus envie de continuer ce périple. J'ai été contrôlé plusieurs fois durant mes voyages, mais c'était la première fois que ça se passait comme ça. J'avais l'impression d'être dans une prise d'otages", confie le meneur de chiens.

Jean-Luc, Quentin et Grégory finissent par téléphoner à l'ambassade de Lettonie afin de prendre contact avec les organisateurs de la course caritative afin qu'ils les sortent de cette situation. Après des heures de paperasses et un grand épuisement, le Belge et ses handlers finissent par passer la frontière vers 23h30.


"On a décidé de continuer"

80 km après avoir traversé la frontière, le groupe est enfin libre. Une organisatrice de la course a trouvé une maison à l'équipe afin qu'elle puisse se reposer. Remis de cette épreuve, les trois hommes et leurs chiens continuent leur route, encouragés par les messages de soutien envoyés par leurs proches. "Les organisateurs de la course caritative et de nombreux Russes voulaient que nous soyons là pour la course le 19 février. On participe à la North Hope pour récolter des fonds pour une oeuvre de charité. C'est pour cela qu'on a décidé de continuer", conclut Jean-Luc.

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