"C'est vous qui m'avez tenu debout": Théo remercie ceux qui l'ont soutenu sur Facebook

Le jeune Théo a quitté l'hôpital jeudi, deux semaines après son viol présumé lors d'une interpellation en Seine-Saint-Denis, une affaire qui a déclenché des violences en région parisienne et remis la question des banlieues au coeur des débats à deux mois de la présidentielle.

"Grâce à Dieu, je suis sorti sur mes deux jambes. J'étais rentré en fauteuil roulant, en très mauvais état", a déclaré le jeune homme de 22 ans dans une vidéo postée sur Facebook, remerciant les gens qui l'ont soutenu. Elle avait récolté près d'un demi-million de vues une douzaine d'heures après sa publication.

"Je suis très fatigué. La blessure n'est pas encore guérie. (...) Je devais rester encore dix jours mais je n'ai pas pu accepter car je ne sais pas si j'aurais réussi à tenir mentalement", a-t-il expliqué, sa mère et une de ses soeurs à ses côtés.


60 jours d'incapacité de travail

Théo était hospitalisé depuis le 2 février, jour de sa brutale interpellation dans la cité des 3.000 à Aulnay-sous-Bois. Il a déclaré avoir été violé ce jour-là par un policier avec une matraque. Quatre policiers ont été mis en examen, dont un pour viol.

Un médecin ayant examiné le jeune homme avait diagnostiqué "une plaie longitudinale du canal anal" de 10 centimètres et une "section du muscle sphinctérien". Il lui avait prescrit 60 jours d'incapacité totale de travail (ITT).


"Il est essentiel que le chef de l'Etat se rende dans les quartiers"

Lors d'une visite du président François Hollande le 7 février, le jeune homme avait lancé un appel au calme depuis son lit d'hôpital, demandant aux jeunes de son quartier de ne "pas faire la guerre" et de "rester unis".

Si après quelques jours le calme est revenu à Aulnay, des violences urbaines se sont enchaînées dans plusieurs communes, essentiellement en banlieue parisienne, poussant l'exécutif à se mobiliser pour éviter un embrasement des banlieues similaire à celui de 2005.

François Hollande a modifié son agenda pour se rendre vendredi sur la ZAC du Plateau, un quartier populaire d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). "Dans un moment de tension où la banlieue est sous le feu des projecteurs, il est essentiel que le chef de l'Etat se rende dans les quartiers", a fait valoir son entourage.

En déplacement à Strasbourg, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a rappelé jeudi "l'exigence d'exemplarité" qui incombe à "tous les fonctionnaires", notamment les policiers.

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux s'est rendu jeudi matin à la Direction territoriale de la sécurité de proximité (DTSP) à Bobigny, avant une réunion dans l'après-midi à Beauvau avec les préfets délégués pour l'égalité des chances où il a dit sa volonté de "renforcer les liens de confiance unissant les forces de sécurité et la population".


Rassemblement tendu à Bobigny

"On se rapproche aujourd'hui des nuits qui sont à peu près normales" en Seine-Saint-Denis, a estimé le ministre, se félicitant d'un certain recul des violences.

Jeudi après-midi, environ 200 jeunes réunis à Bobigny pour un rassemblement non déclaré ont été dispersés à l'aide de gaz lacrymogènes, mais des accrochages épars ont continué ensuite.

Treize personnes ont été interpellées, a-t-on appris de source policière.

Ce rassemblement s'est tenu devant la gare routière de Bobigny, à proximité du tribunal, à l'endroit où de violents incidents avaient eu lieu samedi lors d'une manifestation de soutien à Théo.

Trente-sept personnes avaient été interpellées dans le département durant la soirée.

Le parquet de Bobigny a annoncé jeudi avoir fait appel de la condamnation de cinq jeunes à huit mois d'emprisonnement avec sursis. Ils étaient poursuivis pour vol à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) en marge de cette manifestation.

En pleine campagne présidentielle, la situation dans les banlieues alimente toujours les attaques de la droite.

Dans un entretien au Figaro, la présidente LR de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a accusé jeudi le gouvernement de "dissimuler la gravité de la situation".

"Il y a un déni de réalité sur l'âge des auteurs de violences", a-t-elle ajouté, en affirmant, dans le sillage du candidat de son parti François Fillon, qu'"il faut mettre fin à l'excuse de minorité qui conduit les mineurs à se considérer comme 'intouchables'".

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