Vous avez mal au dos? Les erreurs à ne pas commettre pour que le mal disparaisse

Un Belge sur cinq a eu mal au dos au cours des douze derniers mois. Un guide de pratique clinique a été publié par le Centre fédéral d'Expertise des Soins de Santé (KCE). On y trouve 37 recommandations à l'attention de tous les professionnels de la santé concernés par ce « mal du siècle ».

Rester physiquement actif et poursuivre ses activités ordinaires est le premier conseil à donner en cas de mal de dos, ressort-il d'un guide pratique du Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) publié vendredi. Un Belge sur cinq a eu mal au dos au cours de l'année écoulée.


Rester actif physiquement

Destinées aux professionnels de la santé, les 37 recommandations comprises dans le guide mettent l'accent sur la démédicalisation. La douleur lombaire est en général sans gravité et son évolution est spontanément bonne dans la grande majorité des cas, selon le KCE. Le premier conseil à donner est de rester actif physiquement, de poursuivre ses activités ordinaires voire d'effectuer des exercices. "Malheureusement, beaucoup de personnes restent encore immobiles après un lumbago, de crainte qu'un mouvement malencontreux ne vienne aggraver leur état. On sait aujourd'hui que cette crainte n'est pas fondée", indique le KCE.


Les radios, scanners ou IRM sont souvent inutiles

Qu'est-ce qui provoque la douleur lombaire aiguë ? Le plus souvent, une contracture musculaire en réaction à une sollicitation excessive, un ligament distendu, une poussée d'arthrose. Une hernie discale parfois aussi, mais en réalité, nous sommes nombreux à vivre avec une hernie discale sans le savoir, et sans en éprouver le moindre désagrément. C'est d'ailleurs pour cette raison que la recommandation des experts réunis par le KCE est limpide au sujet de l'imagerie médicale : il est le plus souvent inutile de faire une radio, scanner ou IRM à un patient qui se plaint de mal de dos. Cela l'expose inutilement à des radiations, cela coûte cher à la société et il n'y a aucune preuve que les observations qui seront faites auront un lien de cause à effet avec la douleur du moment. Au contraire, elles risquent d'inquiéter inutilement. Bon à savoir aussi : la grande majorité des hernies discales se résorbent d'elles-mêmes en quelques mois.


Une prudence de base: les drapeaux rouges

Parfois cependant, le problème est dû à une cause plus grave : une fracture, une tumeur, une maladie inflammatoire. Les praticiens sont formés à détecter et à prendre immédiatement au sérieux les symptômes typiques de ces problèmes peu fréquents, que l'on appelle des « drapeaux rouges » (red flags). Le guide du KCE rappelle une fois encore qu'il faut toujours vérifier leur absence et que ceci n'exige pas non plus d'examen radiologique, à de rares exceptions près.


La chirurgie parfois nécessaire

Quand une douleur dite radiculaire (de type sciatique) vient compliquer le tableau, c'est le signe que la racine d'un nerf est irritée à l'endroit où le rameau nerveux émerge de la colonne vertébrale. L'attitude à adopter reste grosso modo la même: rassurer, encourager l'activité et ce n'est que dans les cas où la douleur est associée à une perte marquée de force musculaire qu'il faut envoyer le patient vers un chirurgien spécialiste de la colonne (neurochirurgien ou orthopédiste).


La douleur peut devenir chronique et être liée  à la manière dont le patient gère ses émotions face au problème


Le centre fédéral met également en lumière la nature "bio-psycho-sociale" des douleurs lombaires et leur lien avec le stress. L'évolution vers une chronicité est en effet liée à la manière dont le patient gère ses émotions face au problème. Les conflits au travail ou l'insatisfaction professionnelle peuvent aussi augmenter le risque. Le guide pratique prévoit d'ailleurs des questionnaires pour déterminer le risque d'un passage à la chronicité. S'il est élevé, le patient doit encore davantage être rassuré, accompagné et encouragé dans son activité physique. Des séances de kinésithérapie ou un soutien psychologique sont également des options. 


Le retour au travail encouragé dès le premier jour

Dans tous les cas, le retour au travail doit être un objectif à envisager dès le premier jour. Ce n'est toutefois pas nécessairement la notion de "travail" qui importe. Pour les personnes n'ayant pas ou plus d'activité professionnelle, la reprise des activités quotidiennes est tout aussi importante.


Evitez les médicaments

Le KCE ajoute que les médicaments anti-douleur doivent être prescrits seulement si nécessaire et pour la période la plus courte possible. Les radios, scanners ou IRM sont le plus souvent inutiles pour le mal de dos. Quant à la chirurgie, elle doit être réservée à des cas extrêmement sélectionnés. Le guide précise également une série d'interventions qui ne sont PAS recommandées, soit parce que leur manque d'efficacité est prouvé (p.ex. corsets, prothèses discales, etc), soit parce qu'il n'existe pas de preuves de leur efficacité (p.ex. matelas d'andullation).

Le guide pratique a été élaboré par une trentaine d'experts réunis autour des chercheurs du KCE. Ces experts planchent désormais sur un itinéraire de soins en fonction du stade de la douleur.

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