Xavier voit de plus en plus de chariots du Colruyt abandonnés en rue dans son quartier de Forest: "C'est contagieux!"

Les incivilités ne sont pas rares dans les rues du quartier de Xavier, habitant de la commune de Forest en région bruxelloise. "Déjections canines, dépôts clandestins,… d’autres communes de Bruxelles doivent connaître ce problème", se dit-il. Mais ce qui chiffonne Xavier, qui nous a contactés via le bouton orange Alertez-nous, c’est la vue sur le trottoir d’une chose un peu moins habituelle et plus encombrante qu’une crotte de chien.

"Je voudrais signaler l'incivilité grandissante aux abords du Colruyt de Forest national. De plus en plus de gens utilisent des charrettes en dehors du magasin et les abandonnent en rue", nous apprend-il. "Cela peut paraître un souci moins important à côté des problèmes économiques et sociaux qui touchent notre pays, mais il est question ici de propreté publique !", dit-il. "C’est comme si les gens commençaient à jeter des choses depuis leur balcon. Ca gâche l’esthétique de tout un quartier."

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"C’est contagieux !"

"La première fois que je suis tombé sur une charrette en rue, je me suis dit 'Quelle impolitesse !'La deuxième fois, j’ai pensé que la personne récidivait. La troisième fois, je me suis dit 'Mais c’est contagieux !'"

C’est à ce moment-là que Xavier a décidé de récolter des preuves avec son smartphone. "Elles sont sur mon chemin, j’ai donc commencé à prendre des photos !"

Le groupe Colruyt, que nous avons contacté, a lui aussi constaté le phénomène à cet endroit précis. "Nous avons en effet remarqué une augmentation du nombre de charrettes qui "disparaissent" à Forest ces derniers temps", nous dit la porte-parole du groupe, Silja Decock. "Il s'agit généralement de clients qui utilisent une charrette pour transporter leurs courses. Cette charrette reste ensuite sur la rue ou à côté d'un bloc d'habitations. Ce phénomène est plus fréquent en ville", observe le magasin.

"Ce sont souvent des gens de bonnes familles, des personnes plus âgées, pas des jeunes ou des racailles, comme pourraient le penser certains", tient à souligner Xavier. "Ils sortent du Colruyt, roulent avec leurs courses jusqu’à leur voiture puis laissent la charrette là, dans la rue, sans la ramener. Parfois, quand même, ils prennent le temps de la déposer à côté d’une poubelle", dit-il avec humour. "Comme si cela était le problème de Bruxelles Propreté !" 
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"Parfois, je tombe même sur plusieurs charrettes assemblées !"

"Ça fait deux ans que ça dure", explique-t-il. "Parfois, je tombe même sur plusieurs charrettes assemblées !", remarque-t-il.

Aussi étonnant soit-il, ces "chaînes de charrettes" visibles en rue ont parfois été créées par des collaborateurs du magasin Colruyt eux-mêmes ! En effet, ce sont souvent eux qui rassemblent les charrettes dans les rues avoisinantes, indique la porte-parole. "Chez Colruyt, nous prenons nous-mêmes l'initiative d'aller rechercher ces charrettes. Parfois, nous faisons appel à notre service technique. Nous possédons un service spécifique pour la réparation des charrettes, qui se charge également de récupérer les charrettes abandonnées".


Une durée de vie moyenne de 12 ans

Ce service de réparation se charge aussi d’examiner en détail les charrettes tous les quatre ans. "Les pièces endommagées ou usées sont remplacées et nous procédons à un grand nettoyage", dit la porte-parole. "Ce service contribue à la longévité de nos charrettes, qui ont une durée de vie moyenne de 12 ans".

Pour Xavier, le fait que les charrettes du Colruyt de Forest soient mises gratuitement à la disposition des clients, sans l’insertion de pièce de monnaie, est une des causes de cette situation. Notre alerteur pense que c’est une erreur, il s’inquiète même de la santé financière de Colruyt. "C’est des pertes pour le magasin !".2

"Nous préférions investir l’argent des monnayeurs dans nos meilleurs prix"

Pourtant, le groupe Colruyt a fait ses calculs. Chaque monnayeur en moins est une petite économie non négligeable. Dans le passé, les charrettes des magasins Colruyt étaient toutes munies de monnayeurs. Mais lors de l’introduction de l’euro, en 2001, le groupe a pris la décision de ne plus les remplacer. "En faisant cela, nous économisions pas moins de 14 euros par charrette", explique la porte-parole. Un message était d'ailleurs écrit sur chacune d’elles: "Ce caddie ne dispose pas de monnayeur (économie = € 14/caddie)", pouvait-on lire. "Cette décision s'inscrivait dans notre politique de maîtrise des coûts et nous aidait à réaliser notre garantie des meilleurs prix."

A l’époque, cette initiative a remporté un vif succès auprès des clients du magasin. "La plupart rapportaient (et rapportent encore) leur charrette jusqu'à l'abri prévu à cet effet. Ils voyaient surtout des avantages à ce changement", remarque la porte-parole. "Le plus importants pour eux étaient le confort accru (« pas de monnaie en poche ») et le gain de temps (« ne pas devoir chercher des pièces » ou « ne pas devoir aller changer de l'argent dans le magasin »)."


Marche-arrière de Colruyt

Malheureusement, avec le temps, Colruyt a constaté que dans certains magasins, des clients emportaient les charrettes avec eux ou ne les remettaient pas en place. A certains lieux problématiques, la décision a donc été prise de faire marche-arrière. "Nous avons placé à nouveau des monnayeurs sur les charrettes de quelques magasins (7 succursales Colruyt et 7 magasins Dreamland) afin de garantir leur retour à l'abri à charrettes", nous apprend la porte-parole Silja Decock. "D'autres succursales Colruyt (16 sur les 240 magasins environ) ont reçu des charrettes munies d'un système spécial qui bloque les roues dès que les clients les emportent en dehors du parking."7

"Il ne s'agit pas vraiment de vol"

Dans sa clémence, le magasin Colruyt ne souhaite pas inquiéter les personnes surprises en train d’emporter une charrette. "À notre connaissance, il ne s'agit pas vraiment de vol, mais plutôt de personnes qui emportent une charrette chez eux pour transporter leurs courses. Nous essayons naturellement de sensibiliser nos clients en leur expliquant que ce n'est pas le but."

Xavier a conscience que ce n’est sans doute pas aux magasins Colruyt de faire la loi. "J’aimerais faire réagir la commune. Il y a 6 mois j’ai contacté le service propreté publique de Forest. Ils m’ont simplement dit qu’ils allaient faire une campagne pour les dépôts clandestins."

Nous avons contacté Marc Loewenstein, échevin de la propreté publique à Forest. "Même si les charrettes sont laissées sur l’espace public, cela reste la gestion interne de Colruyt", nous précise-t-il.

L’échevin a déjà reçu quelques plaintes à ce sujet. "J’ai de temps en temps une plainte ou l’autre, mais je n’ai plus rien reçu depuis des mois".
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"Dépôt clandestin"

Mais la commune n’observe pas sans rien faire. "Il arrive que des charrettes traînement mais elles sont rapidement remises au magasin. Certains les prennent et les ramènent ensuite. Malgré tout, si les charrettes restent longtemps on réagit", dit Marc Loewenstein.

"Nous avons déjà pris contact plusieurs fois avec Colruyt pour ce problème. Nous demandons leur intervention et nous parlons ensemble pour voir quel système ils pourraient mettre en place pour éviter cela", nous explique l’échevin de la propreté publique.

Une charrette en rue est considérée comme un dépôt clandestin. Sur ce point, la commune a le pouvoir de punir les coupables, mais mettre la main sur eux n’est pas une mince affaire !1

"D’abord la sensibilisation, ensuite, la répression"

"La première chose qu’on fait, c’est contacter le magasin Colruyt. Ensuite, si on peut identifier le coupable, on intervient. Mais pour cela, il faut savoir tomber sur lui!", rappelle l’échevin. 

"Si la personne est identifiée, on va sonner à sa porte et on lui explique les règles du jeu". Avant de donner une amende, la commune tente donc d’autres actions. mais si le coupable récidive, il devra payer. "D’abord la sensibilisation, et ensuite la répression ! Pour un dépôt clandestin, cela peut aller jusqu’à 300 euros d’amende administrative".

Les magasins Colruyt, tout comme la commune de Forest, semblent donc avoir le problème à l'oeil. Malgré tout, le chemin de notre alerteur et encore régulièrement stoppé par une charrette abandonnée sur le trottoir de son quartier. Reste donc à espérer que la sensibilisation ou la crainte d'une amende fasse un jour effet. 300 euros par flemmardise de reposer la charrette où on l'a prise, c'est cher payé. En bonus, les employés des magasins Colruyt vous remercieront de leur éviter de partir à la chasse aux charrettes dans tout le quartier.

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