Isabelle signale à plusieurs reprises une vidéo porno très explicite sur Facebook: "Ils m'ont dit qu'elle n'avait rien de choquant!"

Le plus grand réseau social au monde prétend qu'il a renforcé, et renforce encore, sa surveillance du contenu publié par ses presque 2 milliards d'utilisateurs. Une tâche ardue, il est vrai, confiée uniquement à des êtres humains. Qui visiblement, commettent parfois des erreurs. Une assistante maternelle est tombée sur des photos et une vidéo pornographique. Ses nombreux signalements n'ont rien changé.

Facebook a-t-il mis la charrue avant les bœufs, annonçant la fin des 'fake news' sur sa plateforme et parallèlement, un contrôle plus stricte des contenus publiés ?

Le géant du web, réseau social N.1, maîtrise-t-il vraiment son processus de modération alors même qu'il vient d'évoquer à grands coups de communication qu'il avait amélioré ses outils pour préserver les yeux et les oreilles de ses presque 2 milliards d'utilisateurs ?

Et qui plus est, alors qu'il vient de remettre au média, dont RTL info, un document de 27 pages sur les bonnes pratiques que nous devons adopter pour être bien visibles sur les fils d'actualité de nos abonnés ?

L'histoire d'Isabelle va complètement dans le sens opposé. Cette assistante de maternelle nous a écrit, "choquée", après avoir signalé une vidéo pornographique visible sur un profil public. "Leur réponse: ni le compte, ni les photos, ni la vidéo" n'enfreignent les fameux 'standards de la communauté' de Facebook, ce code de bonne conduite, sorte de lois pour ne pas être bannis par le plus grand réseau social du monde.

Une demande d'amitié qu'Isabelle veut vérifier

Tout est parti d'une demande d'amitié sur Facebook qu'Isabelle, 46 ans, souhaitait vérifier. On est alors dimanche 5 novembre.

"En général, moi, quand je ne connais pas, je n'accepte pas les nouvelles demandes d'amitié. Mais là, j'ai vérifié".

Notre Uccloise visite donc le profil d'un certain Andy Lafontaine, avec qui elle a, d'après Facebook, un ami commun. "J'ai été sur sa page, et ce que j'ai vu m'a choqué".

Une vidéo pornographique explicite, et des photos

Au moment de commencer notre enquête, le page de profil d'Andy Lafontaine était encore visible. Nous avons donc constaté, comme Isabelle, qu'une vidéo pornographique ne laissant aucun doute sur l'activité sexuelle des deux protagonistes était disponible, en haut de la page de profil.

Et en mode public, qui plus est: nous ne sommes pas plus qu'Isabelle 'ami' avec ce personnage. Tout le monde peut donc la voir, adulte comme enfant, pour peu de se rendre sur cette page ou de vouloir vérifier une demande d'amitié, comme notre témoin.

La vidéo a été postée le 30 octobre. Des photos et dessins pornographiques étaient également visibles publiquement.

signalement
Les réponses reçues par Isabelle et son entourage

Des dénonciations rejetées par Facebook !

Immédiatement, Isabelle signale ce contenu, très inapproprié sur une telle plateforme, qui plus est de manière publique. Facebook encourage ce genre de signalement: il suffit de cliquer sur les trois petits ronds à côté d'un contenu ou d'un profil et de suivre la procédure.

 "Et il n'y a pas que la vidéo, j'ai aussi signalé toutes les photos. J'ai reçu chaque fois la même réponse, en gros, eux, ça ne les choque pas".

Outrée, Isabelle décide de ne pas en rester là. "Mon compagnon a aussi envoyé un message pour signaler le profil, et il a reçu les mêmes réponses. Du coup, le lendemain, j'ai demandé à mes amis Facebook, via mon mur, d'intervenir aussi parce que je trouvais ça scandaleux". Mais rien n'y fait…

Isabelle, à juste titre, se pose des questions. "Cette vidéo, ces photos… elles sont quand même claires ; qu'est-ce qui fait dire à Facebook que ce ne sont pas des images pornographiques ?"

Que dit Facebook, alors qu'il a rappelé les médias à l'ordre ?

Cette question, nous l'avons posée au réseau social. Elle a d'autant plus de sens que récemment, Facebook a envoyé un document très complet aux médias, qui stipule notamment le bon usage pour publier du contenu sur le réseau social. En gros, tout ce qu'il faut et ne faut pas faire pour que Facebook affiche le plus et le mieux possible les contenus publiés par des médias.

Et on y lit, page 22, dans la section 'bonne conduite des éditeurs de contenu': "Ne publiez pas de contenu contenant de la nudité et/ou une activité sexuelle". On y lit en-dessous, bien entendu, que Facebook ne veut offenser personne, et traiter tous les contenus de la même manière. "Nous avons des règles en place que nos équipes peuvent appliquer uniformément et facilement lors de la modération". Et Facebook s'excuse ensuite parce que "l'exécution de ces règles n'est parfois pas très précise, et censure des contenus qui sont pourtant légitimes".

Bref, le réseau social serait parfois trop sévère avec la nudité…

C'est pourtant tout le contraire qu'on a constaté avec une vidéo pornographique explicite qui est restée en ligne une semaine, malgré plusieurs signalements. Elle n'a été enlevée qu'après que nous en ayons touché un mot à la porte-parole de Facebook pour le Benelux…

Qui, comme c'est souvent le cas, hélas, "ne peut pas commenter les cas particuliers", et se contente de nous resservir la théorie générale du fonctionnement de la modération. Elle ose même nous rappeler que "les images explicites d'une relation sexuelle sont interdites", alors même qu'on l'interpelle sur la présence de telles images malgré plusieurs signalements.

Il n'y a donc pas d'algorithme, ce sont des vraies personnes qui analysent les signalements

Une modération basée uniquement sur les signalements

On a tout de même appris des éléments intéressants: ce n'est qu'après un signalement qu'une vidéo ou une photo est analysée et éventuellement censurée par les équipes Community Operations de Facebook à travers le monde. On parle de 3.000 personnes (à termes, en 2018) qui permettent une surveillance 24h sur 24 des signalements, dans des dizaines de langues. "Il n'y a donc pas d'algorithme, ce sont des vraies personnes qui analysent les signalements", nous a répondu le réseau social. 

Une vidéo pornographique comme celle qu'Isabelle a aperçue peut donc en effet être disponible durant une certaine période, jusqu'à ce qu'elle soit signalée, analysée et censurée 'manuellement'.

Autre information intéressante: peu importe qu'un contenu soit signalé 1 fois ou 100 fois. Il sera traité de la même manière et dans la même urgence.

Pour autant que les modérateurs soient bien réveillés au moment de visionner la vidéo ou la photo, bien entendu. Car la seule explication qu'on peut déduire des réponses de Facebook, c'est qu'il s'agit d'une erreur humaine. Ou de plusieurs en fait, autant que le nombre de signalements auxquels Facebook a répondu que le contenu n'enfreignait aucune règle…

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Un contenu on ne peut plus explicite, pris en photo par Isabelle...

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