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Plusieurs interpellations prévues par jour au parc Maximilien à Bruxelles

Les opérations de grande ampleur seraient jugées trop sensibles politiquement.

L'ambition est d'organiser de 12 à 20 interpellations par jour au parc Maximilien et à la gare du Nord, selon une source policière fédérale qui évoque la volonté du ministre de l'Intérieur Jan Jambon et du secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Theo Francken de préférer désormais aux actions de grande ampleur, des interpellations journalières discrètes par du personnel en civil.

Les opérations de grande ampleur seraient jugées trop sensibles politiquement alors notamment que les communes de Schaerbeek et St-Josse ne souhaitent plus y être associées. Des 'extractions' discrètes permettraient également aux forces de police de ne pas alerter les comités de défense des sans-papiers. Jointe par l'agence BELGA, cette source policière évoque des interpellations ciblées selon l'origine des migrants et la disponibilité dans les centres fermés et sur les vols utilisés pour les rapatriements. Cette même source évoque également des rumeurs selon lesquelles l'ambition serait d'expulser les ressortissants soudanais vers d'autres pays européens qui réalisent des opérations d'éloignement vers Khartoum. Sollicité, le cabinet du ministre de l'Intérieur Jan Jambon n'a pas réagi à ces informations.

Précédemment, le ministre N-VA avait démenti à plusieurs reprises qu'il y ait des quotas d'expulsion de migrants au parc Maximilien, ce qu'avaient avancé plusieurs députés de l'opposition ainsi que la Ligue des droits de l'Homme sur la base d'informations policières. Le ministre a toujours affirmé qu'il existait des chiffres maximums d'arrestations en fonction des places disponibles dans les centres fermés et sur les vols prévus pour les rapatriements. Evoquant des "rafles", le bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt avait indiqué jeudi qu'il ne donnerait pas son feu vert aux nouvelles actions policières annoncées par le ministre de l'Intérieur, rien ne les justifiant à ses yeux à l'exception d'une "volonté électoraliste" de jouer "sur les peurs". La zone concernée est située sur les territoires de Schaerbeek, St-Josse et la ville de Bruxelles. Jan Jambon avait annoncé mercredi en commission de la Chambre des actions policières visant à endiguer l'afflux croissant de migrants dans le quartier de la gare du Nord.


Médecins du Monde dénonce la violence exercée par certains policiers

Avant cela, il avait évoqué, sans pouvoir en apporter la preuve, un accroissement de la population soudanaise dans ce quartier depuis la décision de la Belgique de ne plus expulser ces ressortissants vers Khartoum dans l'attente des conclusions d'une enquête sur des témoignages de mauvais traitements subis à leur retour.La plate-forme citoyenne qui organise l'accueil des transmigrants au parc Maximilien a contesté l'augmentation soudaine de cette population au cours des derniers jours ou semaines. Ces chiffres avaient également été contestés par l'organisation Médecins du Monde qui assure avec Médecins sans frontières le suivi médical de ces migrants. Médecins du Monde a en revanche une nouvelle fois dénoncé jeudi la violence exercée par certains policiers contre des migrants se trouvant dans la zone du parc. Dans un communiqué, elle fait état, témoignages à l'appui, de "deux cas de violence chaque jour contre les migrants". L'ONG a enregistré des témoignages de violence physique, intimidation ou confiscation de biens.

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