Sam, excédé par les parents qui déposent leurs enfants en face de chez lui à Laeken: "On est chez les fous, c’est un sketch"

C'est un spectacle quotidien qui irrite Sam. Cet habitant de Laeken de 39 ans n'en peut plus du nombre de voitures qui ne respectent pas le Code de la route au pied de son immeuble. En cause: les parents qui viennent déposer leurs enfants à l'école et qui ne trouvent pas de place de parking. Ils se rabattent sur l'emplacement privé de Sam et l'empêche parfois de se rendre à son boulot.

Sam est un père de famille au bord de la crise de nerf. Il nous a contactés via le bouton orange Alertez-nous pour décrire une situation qu'il juge "folle et violente". Ce Bruxellois, père de deux enfants, habite Laeken depuis septembre 2017. "Ce qui était pour nous un changement heureux dans notre vie - emménagement, nouvelle commune, jeunes propriétaires - est devenu un cauchemar!", raconte-t-il. En cause, les incivilités des parents qui déposent en voiture leurs enfants dans l’école des Pagodes située en face de chez lui. "Tous les jours, sans exception, il est totalement impossible de partir de chez nous sans avoir des altercations, souvent violentes, avec les parents."

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L’avenue de Versailles, où se situent les événements, présente un nombre important d’établissements scolaires. Rien que celui "des Pagodes" possède 4 sections: maternelle, primaire, secondaire mais aussi une dédiée à l’enseignement spécialisé. Le millier d’élèves est dépassé.

Sam possède une place de parking privée au pied de son immeuble. Cette place ne lui servirait pas à grand-chose au vu de sa situation: "Je dois parfois patienter 20 minutes avant de pouvoir partir de chez moi. Je dois attendre que les parents reviennent pour libérer l’accès à mon garage. Je pars généralement à 8h30 et je suis confronté aux parents retardataires, déjà énervés."

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Le père de famille de 39 ans nous décrit une situation chaotique. "Certains parents font des demi-tours intempestifs et dangereux, ils se garent devant nos garages, mais aussi sur les trottoirs." Notre alerteur nous joint une vidéo qui parle d’elle-même.

"J'y étais garé toute la nuit"

Sam tient à préciser qu’il est un simple citoyen qui veut juste faire avancer les choses. "La situation me rend malade. Moi, et tous les voisins. On est chez les fous, c’est un sketch." En guise de preuve, il nous fait part d’une anecdote cocasse: "Un jour, une personne a embouti mon pare-chocs. La personne se serait excusée, j’aurai passé l’éponge. Ce n’est qu’un bout de plastique après tout. Au contraire, la personne m’a dit que je n’étais pas garée là avant et que c’était de ma faute… J’habite-là et j’y étais garé toute la nuit", précise-t-il.

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Sam pointe du doigt également les poubelles de l’école disposées sur deux places de parking réservées aux personnes à mobilité réduite. "Quel exemple pour les jeunes!"

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L'école appelle "à une citoyenneté responsable"

De l’autre côté de l’avenue, à l’école des Pagodes, on est conscient de la problématique. Jeanine Marcq est la directrice de l’enseignement spécialisé des Pagodes, situé juste en face de l’appartement de Sam. Elle nous fait savoir que "suite aux plaintes des riverains, nous avons eu des réunions avec la ville de Bruxelles. Il est surtout question d’aménagement de voirie. Nos réflexions ont été faites à la Ville de Bruxelles." La directrice met en avant l’aspect parfois numérique de la situation: "600 élèves en primaire, 300 en maternelle, 160 en enseignement spécialisé, etc. Pour les élèves de maternelles, les parents sont obligés d’abandonner leurs véhicules pour pouvoir accompagner leurs enfants jusqu’à l’entrée. Géographiquement, la densité d’enfants et donc de parents est plus importante qu’ailleurs." L’école a mis en place différentes campagnes de sensibilisation, notamment en distribuant des flyers/fascicules à l’attention des parents, mais aussi en réclamant davantage de gardiens de la paix, agents dont la mission est d’assurer la sécurité aux abords des écoles. "On en appelle à une citoyenneté responsable", lâche la directrice.


"C’est aux parents d’assumer leurs responsabilités"

Du côté de la Ville de Bruxelles, on se dit être préoccupé par la situation. Nicolas Manzone est le porte-parole de l’échevine de l'Instruction publique et de la Jeunesse, Faouzia Hariche. "Nous avons été interpellés par les riverains. Une série de dispositions a déjà été mise en place" faisant référence à la présence des gardiens de la paix et au flyers distribués pour sensibiliser les parents. Le porte-parole ajoute: "On ne peut que constater le comportement irresponsables des parents. Cela fait quelques mois qu’on travaille sur le volet sensibilisation, mais il y a une loi et un Code de la route. C’est aux parents d’assumer leurs responsabilités."

Même son de cloche au cabinet de l’échevin de la Mobilité et des Travaux publics. Bart Dhondt (Groen), fraichement nommé à la tête du cabinet, ajoute: "C’est une situation difficile pour les riverains surtout le matin. Nos services élaborent des pistes de réflexions." L’échevin nous confie la tenue prochaine d’une réunion en concertation avec l’échevine de l’Instruction publique et de la Jeunesse, mais aussi des services de police. "Nous allons évaluer les différentes pistes pour diminuer les nuisances dans ce quartier." Concrètement, quels aménagement sont prévus ? "Nous ne souhaitons pas nous avancer là-dessus. Nous allons procéder étape par étape. Quand nous aurons un projet équilibré, nous le communiquerons."

Depuis le 10 décembre dernier, nous sommes entrés en phase répressive

Une réunion-bilan se tiendra début janvier

Joint par notre rédaction, Ilse van De Keer, porte-parole de la police de Bruxelles, nous informe que ce mois-ci une campagne spécifique aux abords de l’école des Pagodes a été mise en place. "Durant deux semaines, les gardiens de la paix ont accru leur sensibilisation auprès des parents. Depuis le 10 décembre dernier, nous sommes entrés en phase répressive. Nous verbalisons les stationnements en double file, sur les emplacements des riverains, etc."

Début janvier, une réunion sous forme de bilan de cette campagne devrait se tenir entre les services de police, les gardiens de la paix mais aussi le cabinet de l’Instruction publique et de la Jeunesse. Hasard du calendrier, depuis le 13 décembre, les 19 communes bruxelloises sont invitées par Bruxelles Mobilité à soumettre des projets qui visent à améliorer la qualité aux abords des écoles de la capitale. Les communes ont jusqu’au 31 janvier prochain pour soumettre leurs projets.

Taoufik Talbi

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