L'imprimerie Hélio Charleroi en faillite, 180 emplois menacés: "Une vraie catastrophe sociale"

L'imprimerie Hélio Charleroi S.A. a annoncé vendredi, lors d'une réunion du conseil d'entreprise extraordinaire, son intention de faire aveu de faillite, indique la direction dans un communiqué. Selon l'entreprise basée à Fleurus, cette annonce était inévitable car la continuation des activités "n'est plus viable dans les conditions de marché actuelles". Hélio compte 180 employés.

Le secteur européen de l'imprimerie est depuis plusieurs années en permanente restructuration en raison d'une baisse continue des volumes d'impression, explique Hélio dans son communiqué. "Ce recul a mené à une surcapacité structurelle et à une concurrence meurtrière sur les prix, conduisant à des réorganisations, fermetures et faillites partout en Europe".

La disponibilité réduite du papier a accéléré cette spirale négative l'année dernière et entraîné une augmentation des prix. Cette hausse ne pouvait toutefois pas être répercutée sur le client, ajoute l'entreprise. "Opérant déjà dans des conditions de marché difficiles, une nouvelle réduction substantielle des volumes et une perte de commandes dans le marché de détail en 2018 ont engendré une situation intenable", poursuit la direction.Le tribunal de l'entreprise devra désormais déclarer la faillite et nommer un ou plusieurs curateurs. La direction d'Hélio Charleroi S.A. dit comprendre l'incertitude que cette annonce suscite parmi ses employés et leurs familles.


"Il y avait d'autres possibilités"

Au micro de notre journaliste Nathalie Pierard, un syndicaliste confie sa déception: "C'est une vraie catastrophe sociale pour nous". Avant d'ajouter:"La situation est très mauvaise au sein de l'entreprise et du groupe depuis quelques mois. Les choses se sont dégradées ces dernières semaines mais de là à dire qu'on va à la faillite, c'est un peu une surprise. Il y avait d'autres possibilités comme une procédure de redressement judiciaire via les tribunaux. Cette option semble exclue au niveau des actionnaires aujourd'hui", explique-t-il. 

Rino Rado, délégué syndical CSC qui travaille depuis 33 ans dans l'entreprise, a exprimé sa déception au micro de Julien Crête. "Un grand merci à monsieur Michel. A part faire fermer les entreprises, il n’a jamais rien créé. Monsieur Reynders est en train de chauffer sa place à la Communauté européenne. Des financiers sont arrivés ici et nous ont mis sur la paille. La faillite totale de l’entreprise a été déclarée ce matin. Cent nonante familles sont sur le carreau. Que faire ? On ne sait pas. Ce sont eux qui ont voulu nous mettre sur la paille. C’est une entreprise qui est rentable. Ils ont tout fait pour nous mettre sur la paille et ils y sont arrivés (...) On ne méritait pas ça. On a les machines performantes, on a des ouvriers qui sont qualifiés, on ne comprend pas pourquoi on en est arrivé là. On a voulu nous mettre comme ça, on n’a rien demandé à personne."

Quant à Gilert Bouchet, cela faisait 20 ans qu'il travaillait dans l'entreprise carolo. "En 2011, quand on nous a annoncé le plan Renault, j’avais déjà dit que c’était un coup de massue. Ça faisait 12 ans que j’étais ici, maintenant, ça fait 20 ans. C’est un drame social. J’ai mes enfants, ma femme, ma maison à payer… C’est un coup de massue. Je suis sans emploi aujourd’hui, tout simplement. C’est dur de le dire. Il faut malheureusement relativiser, il y a plus grave dans la vie. Il faut avancer, je ne sais rien dire d’autre."

RTL INFO, avec Belga

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