RTLINFO au cœur du parc Maximilien: "Certains sont arrêtés, d'autres meurent, le voyage est vraiment très dangereux"

"On ne peut plus faire semblant, on ne peut plus faire comme si ça n'existait pas". Medhi Kassou, porte-parole de la plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, s'est confié à une des équipes de RTL INFO. Cette dernière a passé une nuit au Parc Maximilien de Bruxelles. Un reportage exclusif que vous propose RTL INFO.

Lorsque le parc Maximilien se vide, les migrants prennent tous la même direction : la gare du Nord. Elle se trouve à quelques centaines de mètres à peine. Notre caméra dérange... mais une fois déposée, le dialogue s’installe.

La gare du Nord, c’est le point de départ pour arriver à Haren, au centre de la porte d’Ulysse. A l’extérieur, la file s’allonge.

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Une fois entré, le sourire de Moun tasir accueille les réfugiés. Il est Soudanais, est arrivé en Belgique en octobre 2017. Il est aujourd’hui demandeur d’asile et bénévole. "J'aide les amis ici, car j'ai fait le même chemin. J'ai dormi avec eux, j'ai mangé avec eux. Je sais beaucoup de choses. Donc maintenant, j'aide les amis."    

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Tous reçoivent des draps puis montent aux étages. Des dortoirs avec des dizaines de lits... Pendant que les uns s’installent, les autres dorment déjà. Certains en profitent pour garder le contact avec la famille et des proches restés au pays. Sur place, notre équipe ne rencontre que des hommes, aucune femme, aucun enfant.

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A table, difficile aussi de capter une image de peur d’être jugé. Mohamed souhaite garder l’anonymat. Il a 28 ans, est en Belgique depuis 3 mois et vient du Soudan. "Si vous ne trouvez pas de place ici, vous devez dormir dans la rue. Il fait très froid la nuit, surtout ces derniers jours. Il gèle. Mais nous n'avons pas d'autres options", confie-t-il face à notre caméra. Comme beaucoup Mohamed rêve d’Angleterre mais il a peur. Il y pense tous les jours. "Certains sont arrêtés, d'autres sont blessés. Certains meurent. Le voyage est vraiment très dangereux."

Tous les soirs 350 personnes dorment ici. Au même moment, au parc Maximilien, des migrants patientent... Seul, sur le banc, Bekan attend dans l’espoir qu’un hébergeur vienne le chercher. Les secondes paraissent interminables. "Oui, j'ai peur. Je dors parfois dehors. Par exemple, j'étais malade la semaine dernière, j'ai dormi chez une famille durant une semaine et ils m'ont donné des médicaments." Par chance, ce soir, ce jeune de 22 ans sera hébergé.

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"Il y a des jeunes, des familles, des femmes. Il n'y a pas d'autres solutions d'accueil donc, en attendant qu'il y ait des solutions décentes, je vais ouvrir ma porte", commente une hébergeuse. "Ce sont tout simplement des êtres humains et c'est intenable de les savoir dehors", ajoute un autre témoin.

Cette nuit, plus de 250 personnes sont hébergées dans des familles. "Vous voyez là maintenant que l'on tremble tous un peu. Ça fait 4 heures que l'on est sur place pour essayer de trouver un abri pour tout le monde. Les deux derniers vont partir maintenant à la porte d'Ulysse", explique Adriana Costa Santos, coordinatrice hébergement.

Au centre, Ismael, 23 ans, termine son service. Depuis son arrivée, il y a 6 mois, il participe aux tâches. "Je ne veux pas regarder les autres travailler, parce que ça me fait mal. Quand j'aide, ça me fait super plaisir. Comme si j'aidais ma propre famille."

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Durant une partie de la nuit, Mehdi et son équipe sillonnent le parc et les rues du quartier. Malgré la mobilisation, de nombreuses personnes dorment dehors. Dans la gare aussi, il y a beaucoup de sacs de couchage. Mais le hall ferme jusqu'à 5 heures du matin, donc les personnes présentes devront sortir. Quand le jour se lève, il est déjà temps de penser à ce soir... Comme un éternel recommencement.

Arnaud Gabriel et Elisabeth Wouters

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