Vers une vignette en Wallonie? Voici comment des députés comptent faire payer les étrangers qui passent sur nos autoroutes

La Wallonie doit encore décider si elle impose, ou non, une vignette sur ses autoroutes. L'idée serait de faire participer financièrement les automobilistes étrangers, mais en ne touchant pas au portefeuille des Wallons. Une proposition de résolution en ce sens sera examinée, ce lundi, au Parlement. Voici comment des députés comptent faire payer les étrangers qui passent sur nos autoroutes sans toucher les Wallons

La vignette, un droit de passage pour tous les véhicules légers: il s’agit de partager les coûts du réseau routier entre tous les usagers. Et pas seulement les contribuables du sud du pays.

La vignette wallonne existerait en deux formules de base. "Les résidents wallons, ils paieront une vignette à l'année avec une déduction sur leur taxe de circulation. Donc opération neutre, ça ne coûtera rien aux Wallons. Pour ce qui concerne les étrangers, en fonction de la durée d'occupation, une journée, deux jours, trois jours, une semaine… Ils paieront au prorata du temps qu'ils passent sur notre territoire", indique Dimitri Fourny, chef de groupe cdH au parlement wallon (le cdH fait partie de la majorité au gouvernement wallon).

Ces rentrées pourront être investies dans des moyens 

La voie semble libre. En tous cas juridiquement : la Cour de Justice de l'Union européenne a donné son aval au même système en Allemagne. Le voisin autrichien n’en voulait pourtant pas, mais il a été débouté. "Lorsque les Belges vont à l'étranger, ils doivent payer pour utiliser le réseau autoroutier. Et à l'inverse, ce sont finalement les seuls Belges qui financent le réseau ici en Belgique. Donc c'est une question de bon sens", commente Stéphane Hazée, chef de groupe Ecolo au Parlement wallon.

Des recettes supplémentaires seront créées grâce à la quote-part des étrangers. "Ces rentrées pourront être investies dans des moyens qui permettront de fluidifier nos routes, d'assurer des moyens de transport plus fluides et plus nombreux, et d'éviter les problèmes de congestion que nous avons, et que nous ne savons pas financer actuellement", explique Dimitri Fourny, du cdH.

"Déjà aujourd'hui, on a une politique qui est beaucoup trop axée sur la construction d'autoroutes. Il va y avoir un choix politique à faire pour investir beaucoup plus dans les transports en commun. Il faut aujourd'hui faire le contraire de ce qui a été fait par le gouvernement PS-cdH d'abord, et MR-cdH ensuite. Il faut refinancer la SNCB, il faut refinancer le TEC", estime Stéphane Hazée.


Vers des systèmes différents entre la Flandre et la Wallonie?

Problème : côté flamand, le gouvernement régional privilégie la taxe au kilomètre à la vignette. Appliquer deux systèmes différents serait une aberration dans un si petit pays. Une situation qui serait bien difficile à comprendre par les automobilistes de passage…


La position des partis

Du côté des partis favorables à la vignette, on retrouve le MR, le CDH et Ecolo. Le principe, c'est que ça ne coûte rien pour les résidents belges. Cela vient en quelque sorte remplacer ce que vous payez pour la taxe de circulation, la taxe de roulage.

La vignette est donc plébiscitée par trois partis en Wallonie. Mais il faut un accord dans les trois régions du pays pour l'introduire. Et la N-VA, au pouvoir en Flandre, s'y oppose désormais. Ce qui plombe le projet, a priori.


Autre proposition: la réforme de la taxe de circulation

Le PTB, par exemple, veut qu'on tienne plus compte du poids et de la cylindrée des véhicules pour le montant de la taxe. Les détenteurs de petites voitures seraient gagnants. Le PS, préfère concentrer cette réforme sur le taux de CO2 émis, pour les véhicules neufs.

MR et Ecolo défendent une réforme de la taxe de mise en circulation, que vous payez lors de l'achat de votre voiture neuve ou d'occasion.
Et presque tous les partis annoncent des changements pour la fiscalité sur les voitures de société.


Dernière option: la fameuse taxe au kilomètre

Elle est défendue essentiellement par Défi. Qui parle d'une taxe kilométrique intelligente, c'est à dire qu'elle coûterait plus cher aux plus gros véhicules, et elle serait plus salée, aux pires endroits du pays et aux pires heures. Traduisez: quand le trafic est saturé, aux heures de pointes, pour ceux qui veulent entrer dans Bruxelles.

Aurélie Henneton, Mathieu Langer, Pascale Hourman et Gaëtan Zanchetta

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