"J'ai tout quitté au profit d'une passion": Christophe est souffleur de verre depuis plus de 15 ans

L’histoire de Christophe est celle d’un passionné. D’un homme qui a tout quitté pour devenir "souffleur de verre", un métier au savoir-faire ancestral. Dans un four à plus de 1.000 degrés et muni de sa canne de verrier, ce quadragénaire tortille le verre fondu pour les transformer en objets, plus raffinés les uns que les autres. Portrait enflammé d'un souffleur de verre captivant.

Tout commence en 2003. À cette époque, Christophe Genard est commercial à la Route du Feu, maison de la métallurgie et de l'industrie de Liège. Son bureau se trouve juste au-dessus de l’atelier du verre. Il scrute le travail des maîtres verriers avec une certaine convoitise. Ce matériau l’intrigue, le fascine. "Un jour, un maître-verrier m’a proposé de chipoter. J’ai découvert le verre et ce fut un gros coup de foudre", nous décrit-il.

Après ça, impossible de concevoir le retour au bureau. Prospecter et partir à la recherche de nouveaux clients appartient désormais au passé. Ce qu’il veut, c’est créer. Christophe décide alors de "tout quitter au profit d’une passion". Il se forme aux cristalleries du Val-Saint-Lambert aux côtés de maîtres-verriers qui lui transmettent leurs techniques ancestrales.

Cet apprentissage dure plusieurs années. En 2006, un incendie survient au Val-Saint-Lambert. Cela entraîne une interruption de l’activité. "Plutôt que de nous mettre dehors, la direction a décidé de nous conserver et nous a envoyés aux 4 coins de l’Europe pour nous former", nous indique le Liégeois.


 
Une campagne de crowdfunding pour lancer son activité

Ce malheureux événement lui permet de découvrir différentes méthodes en Allemagne, en France ou encore en Turquie. Une véritable richesse artistique, en somme. "Chaque pays a ses traditions et ses techniques. Je me souviens par exemple d’un stage en Turquie avec des étudiants japonais, australiens. Le partage devient très intéressant, on parle tous la même langue", s’émerveille le quadragénaire.

Chaque mois, je dois compter 1.500 euros de gaz

Il y a trois ans, il décide de créer son propre atelier. Il établit "L'atelier du Val" à Seraing grâce à une campagne de crowdfunding. Grâce à la générosité de 157 donateurs, il récolte près de 15.000 euros. Ces fonds permettent d’acquérir un four de fusion, élément indispensable pour souffler le verre. Reste ensuite à acheter les matières premières, des cannes à souffler, des moules et autres outils incontournables.

Seul à la tête de son atelier, le Liégeois se retrouve face aux contraintes du métier. "Les charges énergétiques représentent 70% de mes coûts. Chaque mois, je dois compter 1.500 euros de gaz", remarque-t-il. Le verre, sa matière première, vient quant à elle de Suède. À 1,53 euro le kilo non fondu, Christophe "s’en sort bien".


  
Des cocottes en verre devenues objets signature

Peu à peu, son activité se développe. "Le terme indépendant est très important. Le fait d’être créatif me remplit de joie et de satisfaction. Cela donne un vrai sens à mon travail", insiste-t-il. Chaque jour, il crée, façonne son art et élabore des objets uniques. "Je n’ai jamais regretté. C’est parfois un travail difficile qui nécessite rigueur et précision mais ça vaut tellement la peine", nous souffle-t-il.

Son objet signature ? Des cocottes en verre. "Ce sont des œuvres que je fais pour fidéliser et remercier les personnes qui me suivent sur les réseaux sociaux. J’ai pris l’habitude de les libérer dans la nature et d’organiser une sorte de chasse aux 'cocottes' ", nous explique Christophe. Une fois par mois minimum, il libère donc l’une de ses créations dans la nature et communique sur sa page Facebook. Il donne des indices pour permettre à ses abonnés de les retrouver. "Les gens prennent leur voiture et partent à leur recherche. Ces cocottes sont devenues des objets signatures et sont toujours demandés", indique-t-il.

Dans ses réalisations, sa femme l’accompagne. "On discute beaucoup de mes réalisations. Ma femme dessine sa gamme de bijoux et moi je les fabrique. Parfois, on passe un week-end à l’atelier à penser et imaginer. L’atelier sert de terrain de création pour nous mais aussi mes enfants", nous explique-t-il.

Pour mes enfants, cet endroit est magique et spécial

Ses trois enfants âgés de 8, 10 et 11 ans participent ainsi à la conception d’objets du quotidien. De la boule de Noël au pot pour mettre la brosse à dents, ils bâtissent. "Leurs yeux brillants des premiers jours ont laissé place à une certaine admiration et fascination. Pour eux, cet endroit est magique et spécial. C’est aussi pour ça que je veux continuer à faire vivre cet atelier, ce lieu d’exception qui s’inscrit dans le patrimoine mondial", sourit le père de famille.

C’est notamment pour cette raison que Christophe transmet, à son tour, son savoir-faire à des étudiants stagiaires. Il a déjà donné des conférences dans des établissements en France. Désormais, il travaille sur un projet d’atelier mobile pour aller à la rencontre du public. "Je crois que c’est un vieux métier qui plait énormément au grand public. L’homme est en demande de voir comment sont réalisés les objets", nous assure-t-il.

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Amélie James

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