La population des lémuriens a été divisée par deux en 40 ans à Mayotte

Mayotte compte entre 10.000 et 30.000 lémuriens, soit une population quasiment divisée par deux en quarante ans, selon le résultat du recensement des lémuriens en zone agricole dévoilé mercredi après-midi.

Ce recensement a duré trois ans et a été piloté par le chercheur en écologie comportementale Laurent Tarnaud du Muséum national d’histoire naturelle de Paris et la direction de l’environnement et du développement durable du département de Mayotte.

En 1975, la population estimée du lémurien brun, la seule espèce vivant à Mayotte, était d’environ 50.000 individus dans cette île de l’océan Indien située entre le Mozambique et Madagascar, a précisé Laurent Tarnaud lors de sa présentation à la presse.

Les raisons de la disparition inquiétante du maki (nom donné à Mayotte et à Madagascar au lémurien) sont multiples.

"L'habitat naturel du lémurien est la forêt. Mais la surface forestière de l’île a diminué de 40% en 20 ans. Les individus sont donc obligés de se rendre dans les zones agricoles pour se nourrir", explique le Dr Tarnaud.

Mais l'animal n'est pas le bienvenu chez les agriculteurs qui n’hésitent pas à les empoisonner. "Le lémurien, qui est une espèce protégée, est en train de devenir indésirable à Mayotte", a indiqué Raïssa Andhume, 3e vice-présidente du conseil départemental de Mayotte en charge de l’environnement et du développement durable.

Les agriculteurs ont exprimé leur inquiétude. "J’estime les pertes de ma production de fruits à 40% et cela juste pour les makis. Je ne compte pas les vols, les fruits mangés par les rats ou les chauves-souris. Avant, ils ne s’attaquaient qu’aux papayes, aux mangues et aux litchis. Maintenant, ils viennent même manger les agrumes et les prunes de Cythère", indique Dzoro Moro, agriculteur dans le sud de l’île.

"Le département va garantir la préservation des espèces", assure Raïssa Andhume.

L’objectif du recensement des lémuriens est de permettre à long terme l'adoption d'un plan pour les sauver sans qu’ils ne causent trop de dégâts aux productions agricoles.

AFP

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