Dix jours après la rentrée, la réforme du lycée toujours au coeur des préoccupations

Dix jours après la rentrée, la réforme du lycée toujours au coeur des préoccupations
Dix jours après la rentrée, la réforme du lycée toujours au coeur des préoccupations

Dix jours après la rentrée scolaire, la réforme du bac est toujours au centre des inquiétudes des enseignants, organisations syndicales et des élèves qui dénoncent des emplois du temps surchargés et s'inquiètent pour l'organisation de l'année.

Le ministre Jean-Michel Blanquer "explique que c'est une des meilleures rentrées qu'il ait connues... Nous sur le terrain, ce n'est pas exactement ce qu'on voit car plusieurs dizaines d'établissements sont entrés en grève depuis la rentrée", a commenté Jimmy, professeur d'histoire-géographie en Seine-Saint-Denis mercredi lors d'une assemblée générale à Paris.

Les tensions se cristallisent surtout autour de la réforme du lycée, pour laquelle le ministre de l'Education nationale a promis des "aménagements" lors de son discours de rentrée fin août.

Cette année, les séries (L, ES et S) sont supprimées en classe de Première et remplacées par des enseignements de spécialité.

"On s'attendait à ce que la réforme Blanquer complexifie l'organisation de la rentrée et on peut dire qu'on a été assez gâté", juge, ironique, Delphine Grenez, professeur d'histoire-géographie au lycée Balzac à Paris.

Selon elle, "le gros problème c'est l'emploi du temps des élèves, avec certains qui ont 10 heures de cours d'affilée, avec une pause déjeuner d'à peine un quart d'heure", décrit-elle, se disant "dépitée". "Il faut donc une remise à plat de ces emplois du temps car cela ne va pas être possible de fonctionner comme ça sur l'année", prédit-elle.

- "Désorientés" -

Thomas, lycéen dans cet établissement, assure que face à ces "aberrations", les élèves sont "réellement désorientés".

Catherine Nave-Bekhti, à la tête du Sgen-CFDT, a estimé mardi lors d'une conférence de presse que la rentrée scolaire s'est "globalement bien passée, puisque peu d'établissements scolaires sont en grève".

Mais elle tempère : "c'est grâce à l'implication de tous les agents, enseignants, personnels administratifs depuis plusieurs mois et particulièrement ces dernières semaines".

Et "attention, c'est sur fond d'un certain nombre d'alertes, notamment dans le second degré où il manque souvent des moyens dans la dotation horaire globale, ce qui aboutit à ce que des groupes de spécialités soient surchargés, à plus de 35 élèves parfois", dénonce-t-elle.

Comme beaucoup, elle souligne qu'il y a dans les lycées de "très nombreux professeurs à refuser la mission de professeur principal car elle se complexifie et est remise en question avec l'éclatement de la classe".

Le SNPDEN, syndicat des principaux et proviseurs fait également état d'une rentrée "techniquement réussie". "Les personnels de direction ont refusé l'échec mais ça a été au prix d'un été réduit et d'un travail continu durant la pause estivale", a expliqué lors d'un point presse jeudi Philippe Vincent, son secrétaire général.

"On a quelques signaux pas très satisfaisants de la profession : on a plus de collègues en arrêt maladie, le vivier de remplacement de personnels de direction est déjà épuisé dans un certain nombre d'académies... Tout ça nous inquiète un peu", avoue-t-il.

De son côté, Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU a fait le constat de Premières qui ont "40 à 45 professeurs pour la même classe : on imagine bien que cela pose des problèmes sur l'organisation de conseils de classe, de réunions parents-professeurs, c'est beaucoup trop éclaté", dénonce-t-elle.

"Moi j'ai par exemple une spécialité +économiques et sociales+ avec des élèves qui proviennent de 4 classes différentes. Le suivi individuel des élèves est complètement remis en question", se lamente Clémence, professeure en Seine-Saint-Denis.

Le contrôle continu et les épreuves à passer dès le mois de janvier pour les Première interrogent. "On demande l'organisation la plus simple, la plus souple et la moins douloureuse pour les lycées; On ne veut pas par exemple que nos établissements se transforment en centres d'examens permanents", explique Philippe Vincent.

"On est complètement dans le flou, sans calendrier pour ces épreuves. Comment bien préparer nos élèves ?", s'interroge Jimmy.

AFP

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