"Je peux lui donner une vie meilleure": Dominique, une mère-courage qui a quitté son job et pratique l'enseignement à domicile pour Nathan, son fils autiste

"Je peux lui donner une vie meilleure": Dominique, une mère-courage qui a quitté son job et pratique l'enseignement à domicile pour Nathan, son fils autiste

Dominique est maman d'un petit garçon de 9 ans, Nathan. Celui-ci est atteint d'autisme non-verbal. Depuis 4 ans, il est inscrit dans l'enseignement à domicile. Un environnement que sa maman juge nécessaire pour son évolution positive.

Ça a été la surprise pour Dominique lorsqu’elle a appris qu’elle ne pouvait pas réinscrire son fils Nathan à l’enseignement à domicile qu’elle pratique depuis maintenant 4 ans. L’administration rejetait sa demande, invoquant un retard dans la remise des documents nécessaires. Dominique nous affirme pour sa part avoir envoyé ces documents par courrier ordinaire le 25 juillet. L'habitante d’Anderlues n’a eu alors d’autres choix que de se tourner vers les écoles. Mais sa demande serait arrivée trop tard là encore. "On peut les inscrire jusqu’au 15 septembre sauf pour les enfants qui viendraient d’une autre école, ce qui n’est pas mon cas", déplorait la maman via le bouton orange Alertez-nous. Celle-ci craignait de perdre ses allocations familiales si son enfant n'était pas inscrit dans un établissement avant le 1er octobre. Finalement, sous l'insistance de Dominique, l'administration a accordé la réinscription pour l'enseignement à la maison. La maman est soulagée et heureuse car elle estime que cette forme d'enseignement est nécessaire pour l’évolution positive de son fils, petit garçon de 9 ans, atteint d’autisme non-verbal. On parle désormais généralement de Trouble du Spectre Autistique (TSA) pour désigner l'autisme dont les formes sont presque aussi variées qu'il n'y a de cas.

Nathan ne sait pas parler, ce qui entrave ses relations avec d’autres enfants. "Pour communiquer, il utilise des pictogrammes et a une tablette de communication", décrit Dominique. Il a également une hyper sensibilité auditive, c’est-à-dire qu’il entend des bruits que les autres ne peuvent entendre. "Tous les bruits extérieurs le gênent. Ça lui met de l’anxiété. Et de l’agressivité, car la seule façon pour lui de montrer que ça ne va pas, c’est de se faire remarquer par de l’agressivité", nous apprend la maman. Par contre, Nathan dispose de toutes ses capacités cognitives. "Nathan a un haut potentiel et a toutes ses fonctions intellectuelles", nous renseigne Dominique.

Le simple fait d’avoir changé l’enseignante parce qu’elle était malade, il a fait une crise. Il a crié, a commencé à se frapper et en est venu à déchirer son jeans

L’enseignement à domicile comme seule option envisageable

L’autisme a été diagnostiqué chez Nathan lorsqu’il avait 3 ans et demi. Dans un premier temps, il a fréquenté des écoles de l’enseignement ordinaire mais n’a pu y rester plus de trois ans. "Nathan a été très réfractaire à cette situation parce qu’il n’arrivait pas à se faire comprendre par l’enseignant (…) Il y avait toujours ce problème de compréhension", raconte la maman. Alors qu'il avait 7 ans, le petit garçon rencontrait beaucoup de difficultés à rester calme en classe. "Les enfants TSA sont fort nerveux et ne tiennent pas en place". Les relations sociales avec les autres élèves sont aussi compliquées. "Pour le peu où il va être contrarié, il va frapper un enfant", nous donne la maman à titre d’exemple.

Par ailleurs, Nathan a besoin d’une aide constante à côté de lui, notamment pour anticiper les changements dans sa routine. Il a de fait besoin de se situer dans le temps et dans l’espace. "Le simple fait d’avoir changé l’enseignante parce qu’elle était malade, il a fait une crise. Il a crié, a commencé à se frapper et en est venu à déchirer son jeans".

Elle poursuit : "Il a des problèmes de motricité fine donc il ne sait pas tenir son crayon correctement. Il faut toujours quelqu’un pour lui remettre en place". Une aide que les enseignants de l’enseignement ordinaire n’ont pas toujours pu lui donner par manque de personnel, comme l’a constaté la jeune femme. Celle-ci a également fait appel au service d’aide précoce pour qu’une éducatrice vienne accompagner Nathan et prodiguer des conseils aux enseignants. Toutefois, l’éducatrice ne consacrait que 4h par semaine à l’enfant, ce qui était, selon Dominique, insuffisant.

L’enseignement à domicile a fini par se présenter comme la seule option envisageable. "Voyant que ça ne fonctionnait pas bien avec les écoles mais qu’il avait tout le potentiel pour suivre une scolarité normale, j’ai choisi l’enseignement à domicile", nous explique-t-elle. L’enseignement spécialisé est, quant à lui, option que refuse la maman jugeant que son fils risque de régresser vu son haut potentiel. "Nathan n’est pas très manuel. Ce qui l’intéresse c’est l’informatique, les maths et les sciences donc il ne s’y retrouve pas dans cet enseignement-là", nous dit-elle avec engouement.


Les méthodes d’enseignement adaptées à Nathan : le pictogramme et la tablette

Pour se consacrer uniquement à son fils, Dominique a abandonné son boulot en tant que gestionnaire titre-service. Elle considère cet environnement comme plus adapté aux besoins de son  fils. "Pour l'évolution positive de Nathan il est important qu’il poursuive son enseignement à domicile dans un espace où il se sent sécurisé et entouré de toutes les méthodes qui lui permettent de progresser", nous informe-t-elle. A la suite d’une évaluation positive du contrôle de l’enseignement à domicile, elle a poursuivi ce type de scolarisation. "Selon eux, on avait un  beau projet d’avenir et Nathan évoluait", se remémore-t-elle.

Pour procéder à cet enseignement, Dominique a recours aux cours de l’enseignement à distance et tente de l’adapter aux besoins de son fils. Elle fait notamment usage au jeu pour apprendre à Nathan certaines matières. Elle utilise également les pictogrammes et dessins pour faire comprendre certaines consignes à l’enfant. "S’il fallait souligner, je lui dessinais une barre plutôt que simplement lui laissé lire le mot souligné". Puis Nathan travaille beaucoup avec une tablette, un support qui lui convient mieux. Il passe ensuite à la feuille papier pour s’habituer à écrire. Un programme, du nom de Tiwood, permet également à Nathan de lire sur sa tablette. Il doit, de fait, associer des pictogrammes avec les phrases qu’il lit.


Des coûts financiers importants

Par ailleurs, l’enfant suit une thérapie au quotidien (logopédie, ergothérapie, musicothérapie ou encore kiné-psychomotricienne). Ce suivi exige des coûts importants (environ 1100 euros par mois). Une charge financière d’autant plus difficile pour Dominique qu'elle est seule, le papa de Nathan étant décédé à la suite d’un cancer. Egalement mère d'une fille de 14 ans, Dominique dispose seulement d’une pension de survie de 1300 euros par mois combiné aux allocations d’orphelins et d’une allocation spécifique au handicap de Nathan (environ 650 euros). Malgré les restrictions que son budget impose, Dominique souhaite avant tout que son fils puisse évoluer. "On ne sort pas de l’autisme mais je peux lui donner une vie meilleure en essayant de lui apporter une autonomie. S’il sait écrire, lire et parler, il aura des portes ouvertes", conclut-elle.


Près de 1.122 élèves sont inscrits dans l’enseignement à domicile en FWB

Pour l’année scolaire de 2018 à 2019, l’enseignement à domicile était suivi par 1.122 élèves en Fédération Wallonie-Bruxelles. A l’heure actuelle, l’enseignement à domicile reste exceptionnel pour les personnes atteintes d’autisme. Mais il est impossible de quantifier la proportion d’enfants autistes, les parents n’étant pas obligés d’en faire la déclaration.

Peut-on dire que cet enseignement permet aux élèves d’arriver au même niveau que ceux suivant l’enseignement ordinaire? Selon la Fédération Wallonie-Bruxelles, il n’y a pas encore eu de base de données qui  permettrait d’en mesurer l’efficacité mais cela pourrait voir le jour prochainement.

Par ailleurs, les enfants inscrits à l’enseignement à domicile sont soumis à un contrôle du niveau des études au moins l’année durant laquelle ils atteignent l’âge de 8 et de 10 ans. Ils peuvent être aussi convoqués d’initiative, à la demande du Gouvernement ou de la Commission de l’enseignement à domicile. Ensuite, ils doivent également passer des épreuves certificatives (le CEB à l’âge de 12 ans, CE1D à l’âge 14 ans et le CE2D à l’âge de 16 ans).

L’obtention de ces certificats est notamment l’une des conditions pour accéder à l’enseignement à domicile. Toutefois, si l’enfant ne répond pas à ce critère, les parents peuvent demander une dérogation et se verront peut-être accorder le droit de l’inscrire.

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