Larmes aux funérailles de Raymond Poulidor quand sa fille lit les mots de son fils, Mathieu Van der Poel devenu lui aussi champion cycliste

Amis, gloires du cyclisme et anonymes ont bravé le froid mardi matin dans le village limousin de Saint-Léonard-de-Noblat, pour un dernier hommage à Raymond Poulidor, mort le 14 novembre à l'âge de 83 ans. Le moment le plus émouvant de la messe a été la lecture par sa fille de quelques mots laissé par son fils, donc le petite-fils de Raymond Poulidor, Mathieu Van der Poel, jeune cycliste talentueux en train de devenir lui aussi un grand champion. "Tu étais si fier d'être mon grand-père, je suis encore plus fier d'être ton petit-fils", a lu une maman et une fille en larmes.

Pour pénétrer dans la collégiale, dont le portail roman était orné d'une grande photo de "Poupou" encore sur son vélo dans ses vieux jours, le cercueil a notamment été porté par Bernard Hinault et Bernard Thévenet, deux des trois derniers vainqueurs français du Tour encore en vie présents avec Lucien Aimar.

"Injustement appelé 'l'éternel second' au vu de sa formidable carrière sportive au palmarès exceptionnel, il a su conquérir le coeur de nos grands-parents, nos parents et nos enfants", a résumé au début de la cérémonie Alain Darbon, maire de ce bourg de Haute-Vienne où résidait l'ancien champion.

"Il va nous manquer. C'est sûr, ça fait un grand vide", soupire Bernard Thévenet, vainqueur de deux Tours de France, saluant un champion "connu de façon intergénérationelle. Connu par des gens qui ne l'ont pas vu sur un vélo ! Ce qu'on peut regretter, c'est qu'il ne verra pas tous les succès de son petit-fils Mathieu van der Poel".

Celui-ci, double champion du monde de cyclo-cross promis à un grand avenir, accompagne la veuve du champion et ses deux autres petits-fils, tous salués par la ministre des sports Roxana Maracineanu.

Massés dès l'aube derrière les barrières bloquant l'accès de la collégiale, plusieurs centaines de mordus du vélo, certains venus en tenue de course, suivent la cérémonie sur écran géant.

Environ 500 personnes ont assisté dans l'édifice roman à la cérémonie religieuse mêlant accordéon, évangiles et hommage du directeur du Tour de France Christian Prudhomme, qui a remercié Poupou, incarnant "la France de toujours", pour lui "avoir donné l'amour du Tour de France".

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"Merci Poupou"

Daniel Mangeas, "speaker" officiel du Tour de France durant près de quatre décennies, a rappelé la très longue liste des victoires de "Poupou": 189 dans sa carrière, dont le duel mythique avec Jacques Anquetil dans le Puy de Dôme, qui fit classer le Tour 1964 parmi les plus grands.

Tous ont loué la "simplicité" du coureur, traitant puissants et simples supporters de la même manière. L'ancien champion du monde Luc Leblanc a salué "un homme tranquille, un vrai terrien qui n'a jamais oublié ses racines", rappelant la "souffrance dans le peloton" d'un champion qui a fini "troisième du Tour de France à plus de 40 ans".

Coureur au palmarès remarquable, à huit reprises sur le podium final du Tour de France entre 1962 et 1976 sans avoir porté une seule fois le maillot jaune, "Poupou" jouissait d'une immense popularité, par ses exploits et "son humilité et sa simplicité qui le rendaient encore plus grand", a rappelé M. Darbon.

Larmes aux funérailles de Raymond Poulidor quand sa fille lit les mots de son fils, Mathieu Van der Poel devenu lui aussi champion cycliste

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Malgré le froid, les habitants de Saint-Léonard ont tenu à lui rendre un dernier hommage, comme Jeanine, "très triste. Il a tant fait pour la notoriété de Saint-Léonard. Lorsqu'en vacances nous parlions de notre village, les gens nous répondaient 'le village de Poulidor'", dit-elle des sanglots dans la voix.

Dans la collégiale, Claude Mazeaud, 82 ans, est venu de Lalinde en Dordogne, à 2h30 de route. "J'étais coéquipier avec lui en 62 et 63. C'est très dur pour moi. C'est une image du cyclisme qui disparaît, notre génération. On était vraiment copains", raconte-t-il. "Je suis allé le voir à l'hôpital quand il était malade, il souffrait".

A l'entrée de Saint-Léonard, une grande banderole au-dessus de la route "Merci Poupou" avec photo de Poulidor, salue les visiteurs de ce bourg qui compte aussi une avenue et un stade au nom du champion. Le village de 5.000 habitants a rouvert son camping, pour accueillir les camping-cars des plus fidèles.

Après la bénédiction en fin de cérémonie, les admirateurs pouvaient se recueillir devant le cercueil avant la crémation prévue l'après-midi dans l'intimité.

Un hommage sera également rendu au champion à l'occasion du passage du Tour de France dans la commune, le 9 juillet prochain, lors de la 12e étape. La "Grande Boucle" était déjà passée deux fois dans le village limousin, en 2004 pour un départ d'étape puis en 2016 pour les 80 ans du champion.

AFP

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