A partir de quand est-on devenu con? "Avant cette période, on n’était pas violent" (vidéo)

Jean-François Marmion était l’invité d’Alix Battard dans le RTL INFO avec VOUS ce jeudi. Le psychologue et auteur du livre "Histoire universelle de la connerie" est venu s’exprimer sur le sujet. Avant de sortir cet ouvrage, le journaliste scientifique français a fait notamment appel à 35 historiens, et des professeurs des universités d'Harvard à la Sorbonne, pour pouvoir notamment répondre à la question "C’est quoi la connerie?".

Cela fait sourire mais c’est très sérieux, comment définit-on la connerie ?

"Plus on l’étudie moins on le sait. Car justement la connerie, c’est avoir des certitudes. C’est croire qu’on a tout compris mieux que tous les autres. Plus on étudie la connerie, plus on doute. On croit qu’on la tient par un bout mais elle nous échappe. Cela peut être la persistance dans l’erreur. Le con peut être quelqu’un que je ne veux pas être. C’est un épouvantail personnel. Il y a beaucoup de théories possibles."

Mais il y a différents types de cons, non ? "Petit con", "sale con", "gros con"... Ce ne sont pas tous les mêmes…

"Non, il y en a qui sont plus affectueux que d’autres. Sale con, c’est le pire, c’est le connard, le con qui veut nuire. C’est le con qui vous a dans le collimateur et qui va vous pousser au désespoir, qui va essayer de vous chasser de sa vie, qui va s’acharner après vous. Ce n’est pas drôle du tout. Puis en revanche, petit con, c’est plutôt affectueux."

Le con n’est pas un connard ?

"Le connard, c’est le côté obscur du con. Le connard, c’est le vilain. C’est le con agressif. On peut être un gentil con inoffensif qui fait partie du paysage. Le connard est un peu un sale con. C’est très technique."

C’est universel la connerie ?

"Oui, il y en a partout, dans toutes les cultures, les civilisations, toutes les mythologies. Il y a des personnages qui incarnent la connerie plus ou moins sympathiques."

A partir de quand, dans l’histoire, on est devenu cons ?

"Il y a plusieurs spécialistes qui disent qu’au Néolithique, ça s’est vraiment gâté parce qu’avant, on était plutôt tranquilles, des chasseurs-cueilleurs. On travaillait 3h par jour, on avait à manger. Ensuite, à partir du moment où on a conçu l’agriculture, l’élevage, on a eu davantage de nourriture que nécessaire. On a dû stocker tout ça. Cela a créé des inégalités. On a travaillé plus que d’habitude. C’est à ce moment-là qu’on trouve beaucoup de traces de violence. Parce qu’avant le Néolithique, il n’y en avait pas, contrairement à ce qu’on peut imaginer. On n’était pas naturellement violent. Par contre, à partir du moment où il y a eu des inégalités, des chefs, des milices, là on trouve des traces de guerres et d’exécutions."

Le pouvoir rend con ?

"La question est de savoir s'il rend con ou s'il attire les cons. C’est une question que j’ai posée à une personne de Stanford et, il m’a dit que quand on prenait le pouvoir, on est de plus en plus coupé des autres, on est de moins en moins empathique, pressé par le temps, on dort peut. La connerie qu’on peut avoir et qu’on dissimule en temps normal jailli à la surface."

Selon vous, quelles sont les plus grandes conneries de l’histoire ?

"Il y en a tellement. Il y a le sexisme, le racisme, l’homophobie, le harcèlement, la pollution…."

Quand on est con, on est con, où on peut se bonifier avec l’âge ?

"On peut se bonifier, mais on ne le fait pas nécessairement exprès. On peut se bonifier car on a une épreuve, un coup dur, de la maturité…on vieillit et peut-être qu’on se rend compte qu’il faut qu’on change un peu pour être moins pénible pour l’entourage."

Y-a-t-il de plus en plus de cons au fil du temps ?

"C’est paradoxal. Par certains aspects, on est beaucoup moins con qu’avant. Le racisme, l’homophobie, le sexisme sont condamnés. De façon majoritaire. Si des lois passent, c’est que les gens sont prêts à l’accepter."

Sur les réseaux sociaux, nous sommes tous condamnés à se comporter comme des connards ?

"On est condamné à l’être si on se laisse faire, mais on peut se discipliner pour être un peu plus correct. On peut aussi de discipliner pour ne pas aller vers le plus con. Car ça nous attire, ça nous met en colère. Il y a des choses très bien sur les réseaux sociaux. Il y a une capacité de mobilisation comme il n’y en a jamais eu. Il ne faudrait pas que la connerie occulte le reste."

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