Féminicide à Assesse: Luc Nem placé sous mandat d'arrêt, il dit ne se souvenir de rien

L'homme suspecté d'avoir assassiné sa compagne hier à Assesse a été entendu ce vendredi par la juge d'instruction. Il a été placé sous mandat d'arrêt pour meurtre. Récidiviste, il avait déjà été condamné trois fois pour violences conjugales. Face aux enquêteurs, il dit ne se souvenir de rien.

Le suspect a été entendu ce jeudi par la police. Lors de son audition qui a duré plus de 3 heures, Luc Nem dit se souvenir de la journée qui a précédé le drame mais pas du geste fatal qu'il aurait posé. Cette contradiction a été relevée par les enquêteurs. "Par rapport aux faits, il déclare ne pas avoir de souvenirs précis ou même n'avoir aucun souvenir de ce qu'il a pu faire même s'il dit par ailleurs 'Ça ne peut être que moi tenant compte des éléments du dossier'", rapporte Jean Sine, avocat de Luc Nem. 

Sombre, irascible et alcoolique

Le suspect ne se souvient pas non plus d'une lettre que lui a fait parvenir la victime et qui aurait pu servir d'élément déclencheur. "Les enquêteurs ont présenté à mon client une lettre dont il a reconnu qu' elle avait été écrite par la victime et dans laquelle celle-ci annonce qu'elle va s'en aller parce qu' elle a subi trop de coups. Ils parlent aussi d'un problème financier à régler entre eux", précise l'avocat. 

Décrit par son avocat comme sombre, irascible et alcoolique, l'ancien gérant de magasin a été condamné à trois reprises depuis l'an dernier pour faits de violences conjugales sur sa compagne. "Ils avaient une relation extrêmement toxique. Malheureusement pour elle, elle relançait mon client. Lors d'une de ses incarcérations, elle s'est même rendue à la prison alors qu'elle était déjà victime de coups", indique son avocat. 

Au micro de nos journalistes ce jeudi, le procureur du roi de Namur nous avait indiqué la difficulté pour les femmes victimes de violences conjugales de s'éloigner de leur bourreau. "Il y a 10.000 explications et jamais nous n’allons jeter la pierre à cette personne évidemment. Il y a toute la question de la contrainte, de la domination, qui fait qu’il y a ce lien parfois irrésistible, un lien de pression parfois insupportable entre un homme et une femme, qui fait que madame retourne quand même. On parle parfois de dépendance économique ou psychique. Quoiqu’il en soit, il n’y a pas suffisamment de services prêts à travailler autour de la victime. Ils existent mais quid de ces personnes qui restent chez elles et qui ne vont pas vers ces mains qu’on leur tend. Il faut dire aux victimes qu’elles ne sont pas seules et qu’on peut les aider"avait-il indiqué. 

Luc Nem devait comparaître prochainement pour violences dans le cadre d'un conflit de voisinage. Des faits aujourd'hui anecdotiques au regard des chefs d'inculpation qui pourrait lui être décernés après ce drame. 

Christophe Clément et Benjamin Vankelst

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