La stratégie de Bart De Wever décryptée: "L'appel à un front flamand n'a pas marché"

Bart De Wever a appelé les partis politiques flamands à créer un "front flamand" pour que la Flandre parle d'une même voix dans les négociations pour former un gouvernement fédéral. L'Open VLD a rejeté le terme de "front" et s'est distancié de la N-VA, sur la forme et le fond. Les socialistes flamands également. Pour le CD&V, les sociaux-démocrates chrétiens flamands, le terme de "front" est aussi rejeté, mais sur le parti ne semble pas si éloigné de la N-VA sur le fond.

Est-ce que l'attaque de Bart De Wever a fonctionné? Bart De Wever craint-il de nouvelles élections ou souhaite-t-il repasser par les urnes? Nous avons posé ces questions à Pierre Verjans, politologue à l'Université de Liège dans le RTL INFO 19H.

Caroline Fontenoy: Est-ce qu'on repart dans un bras de fer communautaire?

Pierre Verjans: Oui et non. La situation est communautaire est très différente au Nord et au Sud. C'est une Flandre qui a voté majoritairement plus à droite, et une Wallonie qui a voté plus à gauche. Mais cela signifie que c'est à la fois le champ socio-économique et le champ communautaire qui sont différents. L'appel de Bart De Wever à un front flamand n'a pas marché et probablement que ça signifie aussi que les fronts ne marchent pas. En Belgique, à chaque fois qu'on a fait un front, les négociations ont été repoussées à quelques années plus tard et les fronts se sont disloqués et on a dû négocier autrement.

Caroline Fontenoy: Vous l'avez dit, cette stratégie n'a pas fonctionné. Est-ce que ce n'est pas une occasion pour les adversaires de Bart De Wever de le mettre de côté?

Pierre Verjans: Pas vraiment, parce que le parti est quand même nettement incontournable. C'est le plus gros parti du pays et de Flandre. Donc ce parti fait une masse de parlementaires dont on aura besoin. Très probablement il essaie de favoriser un regroupement autour de lui, tout en sachant qu'il est quasiment incontournable.

Caroline Fontenoy: Le socialiste flamand Louis Tobback estime que Bart De Wever a plus à craindre de nouvelles élections que Paul Magnette. Vous partagez cet avis?

Pierre Verjans: C'est en quelque sorte le résultat des sondages d'après les élections du mois de mai. On voit que le Vlaams Belang (ndlr: extrême droite flamande) gagnerait encore des voix. Effectivement, c'est clair que la N-VA a peur des élections et les effets de musculation faits par Bart De Wever dernièrement en disant 'Il faudra des élections au mois de mai', c'est visiblement des effets de démonstrations de force qui n'en sont pas réellement en fait.

RTL INFO

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