Griller des feux rouges, rouler à contresens, prendre le guidon après avoir bu: les cyclistes reconnaissent toute une série d'infractions

De plus en plus de cyclistes roulent sous l’influence de l'alcool. Certains, lorsqu'ils ont bu, préfèrent prendre leur vélo au lieu de leur voiture, alors que c’est tout aussi dangereux. Globalement, le nombre d'infractions cyclistes augmentent ces derniers mois, mais c'est aussi parce qu'il y a plus de vélos sur la route.

Notre équipe, postée au carrefour Arts-Loi dans le centre de Bruxelles ce vendredi matin, a constaté que certains cyclistes s’autorisaient quelques libertés avec les feux rouges. "J'aime bien griller les feux rouges avec le vélo, c’est sûr, ça donne une forme de liberté, et puis pour mon boulot, je dois aller vite", reconnaît un cycliste interrogé. "Ça m’est déjà arrivé, parce que c’était au milieu de la nuit, et il n’y avait personne sur les routes", confie une femme sur son vélo. "Les cyclistes sont ‘nouveaux’, donc on accepte moins leurs infractions que celles des automobilistes", estime un homme à vélo.

Un panneau qui incite à griller ?

Selon l’enquête nationale d’insécurité routière de l’institut VIAS, c’est à Bruxelles que les cyclistes brûlent le plus de feux rouges: 43% des sondés le reconnaissent.

Griller des feux rouges, rouler à contresens, prendre le guidon après avoir bu: les cyclistes reconnaissent toute une série d'infractions
Une tendance qui s’explique par l’existence du panneau ci-dessus, très répandu dans la capitale, selon Benoît Godart, porte-parole de VIAS: "C’est clair qu’à Bruxelles en particulier, on a donné le droit aux cyclistes de brûler le feu rouge sous certaines conditions. Donc, il faut des petits panneaux qui les y autorisent. Mais c’est évident que la tentation est grande pour un cycliste qui est par exemple passé dans deux carrefours où il pouvait passer au feu rouge, et lorsqu'au troisième ce n’est pas autorisé, de le faire quand même".

A vélo plutôt qu'en voiture après avoir bu: c'est dangereux

L’enquête de VIAS pointe d’autres infractions récurrentes chez les cyclistes : 43% roulent à contresens sur une piste cyclable. Plus grave, en Flandre, la moitié des sondés (57%) a roulé sous l’influence de l’alcool durant le mois écoulé. En Wallonie, 23% des sondés l’ont reconnu. Le vélo est souvent vu comme une alternative à la voiture pour rentrer d’une soirée arrosée. "En Flandre, plus de la moitié des cyclistes qui sont impliqués dans un accident les nuits de week-end sont sous l’influence de l’alcool, donc là il y a vraiment un gros problème de sensibilisation", estime Benoît Godart.

De plus en plus de cyclistes

Si les infractions commises par des cyclistes paraissent plus fréquentes, c’est tout simplement parce qu’ils sont plus nombreux. L’an dernier, plus d’un Belge sur deux a enfourché une bicyclette. En Belgique, les deux roues sont toujours ceux qui souffrent du plus grand sentiment d’insécurité, en particulier sur les routes wallonnes. 

Simon François, Thomas Kinet et Clarisse Debatty

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