Loi "sécurité globale": des milliers de manifestants dans plusieurs villes de France

Loi "sécurité globale": des milliers de manifestants dans plusieurs villes de France

(Belga) "Même pas drone", "Orwell was right", "floutage de gueule": les manifestations contre la proposition de loi "sécurité globale" ont rassemblé plusieurs milliers de personnes samedi dans plusieurs villes de France.

Les manifestants ont pris pour cible l'article 24 de la proposition de loi, pénalisant la diffusion de l'image des forces de l'ordre si elle porte "atteinte" à leur "intégrité physique ou psychique", adoptée dans un climat tendu à l'Assemblée nationale vendredi soir. A Marseille, environ 2.500 personnes ont défilé contre cette loi mais aussi contre les violences policières et les violences faites aux femmes. "Macron, tu n'auras pas ma liberté", "la dictature en marche", "Covid 1984 a bon dos": les slogans rivalisaient pour dénoncer "une loi liberticide", selon Alexandre Georges, l'un des militants de "Marseille révoltée", fédération de mouvements féministes, écologistes ou citoyens. "Le droit de résister à la loi existe en cas de menace grave", a insisté Emmanuelle Pagès, d'Extinction Rébellion Marseille, en appelant à "la désobéissance civile généralisée". Agrégat de revendications très diverses, ce rassemblement a également mobilisé quelques dizaines de "gilets jaunes", au deuxième anniversaire du mouvement. A Nice, ils étaient environ 300 personnes, selon la police, à défiler dans un cortège hétéroclite rassemblant des étudiants en journalisme, des anti-masques et des "gilets jaunes". Quelque 900 personnes ont manifesté à Lorient, selon la préfecture du Morbihan, environ 800 à Saint-Etienne et 250 au Puy-en-Velay, selon un correspondant de l'AFP. A Lille, 800 personnes selon la préfecture se sont rassemblées, s'insurgeant contre l'article 24. "C'est une loi faite par la police" qui "menace la liberté d'informer, de s'exprimer, de manifester", a estimé Maud, étudiante de 27 ans. "Les policiers sont des agents de l'État, ils doivent pouvoir répondre de ce qu'ils font", estimait pour sa part Julie, 46 ans, au chômage. "Dictature en marche", "big brother is watching you", "plus de sécurité sociale, moins de sécurité globale", "des vidéos pas des lacrymo", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants. A Rennes, plus d'un millier de personnes se sont rassemblées place de la République, selon les organisateurs. De nombreux jeunes étaient présents avec des pancartes "Baissez vos armes, nous baisserons nos téléphones", "L'appareil photo, lui, n'a jamais tué personne", "Loi totalitaire globale" ou "1984 n'était pas censé être un mode d'emploi". Avec ce "texte aux relents autoritaires", "la porte est ouverte au musellement de l'information par le pouvoir en place quel qu'il soit", a estimé Stéphane de Vendeuvre, co-président du club de la presse de Bretagne, assurant que cette manifestation n'était que "le début d'une longue contestation". "Cette loi est une loi scélérate (...) qui intervient dans un contexte déjà dramatique pour la liberté de la presse dans ce pays", a abondé Tristan Malle, secrétaire général du syndicat de journalistes SGJ-FO. Une partie des manifestants a tenté de partir en cortège, mais a vite été arrêtée par la police qui a fait usage de gaz lacrymogènes. A Montpellier, environ 1.300 manifestants (selon la préfecture) ont défilé en fin de matinée, avec également de nombreux slogans comme "Police sans contrôle, population sous contrôle". "Observer ce qui se passe, vérifier que les forces de police ne commettent pas d'actions dangereuses, c'est la moindre des choses quand on est journaliste", a estimé Gil Martin, 49 ans, journaliste à Actu.fr, auprès de l'AFP. Pour Sophie Mazas, présidente de la Ligue des Droits de l'Homme de Montpellier, "la loi sécurité globale nous fait basculer dans une société autoritaire, qui cible la population". Julien Brès, cadre commercial de 44 ans, a estimé que "sortir cette loi maintenant, c'est un calcul opportuniste du gouvernement, dans le seul but de préparer dans un an et demi le duel Macron-Le Pen à la présidentielle 2022". "Le but de Macron est de droitiser le débat au maximum", a-t-il ajouté. A Bordeaux, environ 500 manifestants ont défilé derrière une banderole " Vous ne confinerez pas notre colère / Stop à la loi sécurité globale " le long des quais de Garonne et vers le centre-ville. (Belga)

Agence Belga

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