Assouplir les mesures pour Noël? Pour Paul Magnette, président du PS, "certainement pas"

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Certains membres du gouvernement, Libéraux et Socialistes francophones en tête, demandaient il y a quelques jours, une réévaluation de la situation lors du prochain comité de concertation. Dans c'est pas tous les jours dimanche, le président de parti socialiste Paul Magnette n'était pas très optimiste.

Lors du dernier Comité de concertation, le fédéral et les entités fédérées ont décidé de permettre une réouverture des commerces non-essentiels, piscines et musées, mais ont prolongé les mesures visant à restreindre les contacts sociaux. Un seul petit assouplissement est introduit pour les personnes seules, qui pourront, le 24 ou le 25 décembre, recevoir en même temps leur "contact proche" et la personne qu'ils pouvaient accueillir avec respect de la distanciation. 

Fin novembre, le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS), avait fait savoir qu'il envisageait un assouplissement du couvre-feu la nuit du réveillon de Noël et un élargissement de la bulle sociale à 2, 3 voire 4 personnes pour l'occasion. Interrogé sur le plateau de C'est pas tous les jours dimanche, Paul Magnette ne s'est pas montré très optimiste, compte tenu des chiffres de l'épidémie. 

Je voudrais presque implorer

"Qu’on évalue la situation en permanence, c’est normal. C’est normal qu’on regarde les chiffres tous les jours et ces chiffres sont malheureusement très imprévisibles. Il y a encore 10-15 jours, on pensait que la situation allait s’améliorer et qu’on allait pouvoir peut-être assouplir les choses. Et puis, on voit que ce n’est pas le cas, qu’on atteint un plateau et donc dans ce cas-là, on ne peut pas assouplir. Et je comprends les gens. Tout le monde a envie de revoir ses amis, de revoir sa famille, tout le monde a envie de reprendre une vie normale", a expliqué le président du PS. 

Faut-il envisager un assouplissement ? "Certainement pas. Les chiffres sont très clairs, il y aura une évaluation le 18. J’espère qu’on ne devra pas durcir les mesures. Mais vous voyez bien que l’Allemagne en est train de redurcir, c’est un pays voisin comme la France aussi. J’espère que ce ne sera pas le cas chez nous. Et évidemment, je voudrais presque implorer. Je comprends que vous ayez envie de fêter Noël comme chaque année, mais je vous implore : ne le faites pas. N’invitez pas chez vous des gens qui ne sont pas dans votre bulle car ça risque de relance les infections", a insisté Paul Magnette. 

Pour justifier ses propos, le président du PS s'appuie notamment sur le cas de Thanksgiving aux Etats-Unis. Selon les experts, ces festivités de fin novembre ont entrainé une accélération de l'épidémie. "Tout le monde doit faire un effort. Essayons de trouver d’autres manières comme aller se promener dans les bois avec sa famille, près des rivières, etc. mais ne prenons pas le risque de relancer des contaminations parce que nous aurions une 3e vague et pour tout le monde, ce serait insupportable. Donc, encore un petit effort. La vaccination arrive et j’espère qu’on pourra reprendre une vie normale au printemps comme la plupart des médecins l’indiquent", a insisté Paul Magnette. 

Loin du seuil des 800 nouvelles contaminations par jour

Geert Molenberghs est professeur de biostatique à l'Université de Hasselt et KULeuven est revenu sur l'importance de "limiter nos contacts et nos déplacements". Celui qui conseille le Ceveval, cette cellule d'évaluation qui remet des recommandations aux gouvernements, s'est expliqué: "On a fait une grande partie du chemin mais pas tout à fait. On compte toujours entre 200 et 300 contaminations par jour. On voit que la mobilité des gens a augmenté, notamment avec la réouverture des magasins et des écoles. Et il n'y a pas autant de télétravail qu'il faudrait. Donc il me semble normal de dire aux gens qu'il faut limiter leurs déplacements. Des pays ont installé des périmètres de circulation comme l'Irlande", a-t-il expliqué.

Le risque, c'est ça réaugmente

Il y a eu en moyenne 2.197 cas de Covid-19 diagnostiqués par jour en Belgique du 3 au 9 décembre. On est loin du seuil fixé par les autorités de 75 hospitalisations quotidiennes et de 800 nouvelles contaminations par jour pour relâcher les restrictions. "On a un soucis. Il y a encore 500 et 600 personnes qui luttent pour leur vie dans les services de soins intensifs, qui sont malades du Covid. Ces chiffres ne diminuent plus. Les projections que l'on a chez Sciensano sont plates. Ne pas diminuer, ce n'est pas encore trop grave. Mais le risque c'est ça réaugmente. C'est la crainte de tout le monde", a indiqué Alain Maron, Ministre bruxellois de l’Environnement, du climat, de la Propreté, de l'Énergie - Ecolo.

De son côté, Pierre-Yves Dermagne, vice-Premier ministre, a précisé qu'il était essentiel de faire respecter les mesures actuelles avant de penser à les renforcer. "On doit tout faire pour ne pas rendre ces règles plus strictes et aller un cran plus loin. Ça passe par le respect des mesures. Chaque comportement individuel a un impact sur les autres", a-t-il insisté. 

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