Libération sous conditions d’un terroriste de la filière de Jumet: "Il a suivi une thérapie psychologique"

Libération sous conditions d’un terroriste de la filière de Jumet: "Il a suivi une thérapie psychologique"

En juin 2017, le tribunal correctionnel de Charleroi condamne Bilal Mejdoubi à une peine de 7 ans de prison pour des faits de terrorisme. Une décision confirmée par la Cour d’appel du Hainaut. Depuis le 4 janvier, celui qui est considéré comme le dirigeant de la filière terroriste dite de Jumet bénéficie par le Tribunal d’Application des Peines d’une libération conditionnelle. Une sortie de prison qui s’accompagne de mesures et d’engagements à respecter par le condamné.

Rappel des faits

Janvier 2016, les forces spéciales sont positionnées autour d’une maison de Jumet, dans la région de Charleroi. C’est le résultat de plusieurs semaines d’enquêtes et de surveillances. L’opération est délicate, il s’agit d’un dossier lié a des faits de terrorisme. Après quelques minutes de positionnement, les agents interviennent. Ils interpellent deux personnes, un couple. Un troisième homme sera lui arrêté à un autre endroit. Ils sont tous les trois placés sous mandat d’arrêt car soupçonnés de faire partie de la filière terroriste dite de Jumet.

L’enquête a continué après les premières arrestations, au final sept personnes seront privées de liberté et une mineure de 17 ans sera placée en IPPJ (Institutions Publiques de Protection de la Jeunesse).

C’est essentiellement via des forums de discussion et la messagerie sécurisée sur la plateforme Telegram que les prévenus étaient en contact.

"Il y avait d’abord une partie des personnes qui devait se charger des mariages en vue de partir au djihad. Ensuite, il y avait un autre groupe qui devait s’occuper de prendre des contacts avec des combattants là-bas sur place, en Syrie. Puis, il y avait un groupe qui devait s’occuper d’envoyer des personnes là-bas et il y avait un 4e groupe qui était plus spécifiquement chargé de préparer des attentats terroristes" décrit Hamid El Abouti, l’un des avocats du dossier.

Les investigations ont également permis de découvrir que certains membres du groupe, dont Bilal Mejdoubi, se sont rendus en France pour rencontrer des personnes radicalisées comme le rappelle : "Ce n’était pas le cas de mon client mais deux suspects belges se sont rendus à Paris pour y rencontrer notamment Ines Madani. Plus tard, cette dernière tentera de faire exploser une voiture contenant des bonbonnes de gaz à proximité de la cathédrale Notre-Dame. L’affaire avait fait grand bruit et elle a été condamnée à 30 ans de prison pour cela" rappelle l’avocate Nadège Pouossi.

Déradicalisation et formations professionnelles

Suite à la libération de Bilal Mejdoubi, nous avons contacté son avocat, Yannick Balsarini, afin de connaître la nature des conditions mises en place par le Tribunal d’Application des Peines (TAP). Son conseil précise qu’il a subi un parcours de détention sans problème ni rapport disciplinaire et qu’il a mis à profit son temps pour réfléchir et faire un travail d'introspection : "Il a suivi un programme de thérapie psychologique et bénéficié d’un suivi professionnel propre à la problématique du condamné et aux faits pour lesquels il a été condamné. Il a fait un long parcours de réinsertion pendant qu’il était en prison: déradicalisation et formations qualifiantes en vue d’assurer une suite professionnelle. Il a également fait une introspection avec les représentants religieux au sein de la prison. Le TAP a également mis en place une surveillance électronique", détaille l'avocat.

Cette libération conditionnelle arrive alors que le détenu allait presque terminer sa peine mais la mise en place de ces mesures permettra de suivre le condamné après le terme de sa peine comme l’explique l’avocat pénaliste Fabrice Guttadauria : "Il est tout à fait possible que le Tribunal d’Application des peines impose le respect de ces conditions pour un terme qui va au-delà de la date qui est prévue pour le fond de peine. Cela permet donc d’avoir un contrôle plus long sur le détenu et de ne pas le laisser -dans la nature- sans aucun suivi ou accompagnement."

Lors du procès de la filière de Jumet, sur les sept prévenus, une personne avait finalement été acquittée, il s’agissait de la fille d’un député-échevin de Molenbeek.

Benjamin Samyn

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