Coronavirus: Guillaume, Bruxellois de 39 ans, a un message plein de positivité en réponse à la lettre de Victoria, l'étudiante de 18 ans

Coronavirus: Guillaume, Bruxellois de 39 ans, a un message plein de positivité en réponse à la lettre de Victoria, l'étudiante de 18 ans

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Guillaume, un bruxellois de 39 ans, souhaite adresser un message positif et réconfortant en réponse à la lettre poignante de Victoria, l'étudiante de 18 ans. Son texte s'adresse à toutes les personnes qui souffrent de la situation actuelle, notamment du manque de contact social et du confinement.

"J’ai vécu les premiers mois du confinement comme une grosse chute. Puis j’ai essayé de positiver, de me dire que chaque jour, il y avait du mieux", témoigne Guillaume, qui depuis, tente de se "reconstruire petit à petit". Ce Bruxellois de 39 ans a souhaité répondre à la lettre de la jeune Victoria dans laquelle elle racontait son mal-être de la vie en confinement, en manque de contact social alors qu'elle démarrait sa première année d'université. Via le bouton orange Alertez-nous, il nous a partagé son texte, rempli d'espoir et de positivité, afin d'aider l'étudiante et tous ceux qui souffrent de la situation actuelle, à relativiser. 

J’ai trouvé le job le plus mal payé de ma vie, dans la grande distribution. Mais ça m’a permis de me reconstruire

"J'ai perdu mon travail début mars, bien que ça n'ait rien à voir avec le confinement, ça m'a rajouté une source de stress. Tout s’effondrait autour de moi", confie Guillaume qui travaillait depuis une quinzaine d'années. Après un gros coup de mou entre mars et juin, il a repris sa vie en main et ne s'est pas laissé abattre par la situation: "J’ai envoyé une centaine de CV. Et en septembre, j’ai trouvé le job le plus mal payé de ma vie, dans la grande distribution. Mais ça m’a permis de me reconstruire", continue-t-il. Quatre mois plus tard, Guillaume décide de tenter le tout pour le tout, et veut se lancer en tant qu'indépendant, malgré la pandémie et les incertitudes qu'elle occasionne. 

 Avant, j'achetais des choses futiles, mais aujourd’hui, je réfléchis

De cette situation particulière, Guillaume essaie de n'en retenir que le positif. "Ça permet de nous recentrer sur l’essentiel." La pandémie l'a fait réfléchir mais lui a aussi permis de revoir ses modes de consommation. "Aujourd’hui, je ne dépense plus de la même manière. Avant, j'achetais des choses futiles, mais aujourd’hui, je réfléchis. Je me demande si l'objet est vraiment nécessaire ou si c'est en quelque sorte un caprice."

Ce Bruxellois a appris à rester positif, même dans les moments difficiles, pour tenter de surmonter cette période particulière. "J'ai enclenché mon processus de résilience pour mieux me relever. Je suis confiant pour la suite", explique-t-il, après avoir lourdement souffert du confinement et du manque de contact social, mais aussi de travail, durant la première vague, de mars à juin. "Et aujourd'hui, je le (ndlr, le confinement) vis très bien! Je suis en pleine forme mentale."

Ça m’a appris qu’après chaque épreuve, on peut se relever

"Pourtant, au niveau financier, c'était pas glorieux en 2020", avoue Guillaume. Pas de boulot, des difficultés financières pour payer son loyer à temps mais aussi pour nouer les deux bouts à certains moments. Mais malgré tout, ce Bruxellois essaie de relativiser et de rester positif. Cette résilience, il l'a acquise tout au long de sa vie. Mais il a appris très jeune que la vie était faite d'aléas à surmonter: "J’ai perdu mon père très tôt, à 17 ans. Ça m’a appris qu’après chaque épreuve, on peut se relever."

"La lettre de Victoria était touchante mais fort centré sur ‘j'ai pas pu faire ceci ou cela’. C’est tout le monde qui vit ça aujourd'hui et qui est obligé de faire des sacrifices. Il y aura d’autres occasions, ce qu’on ne fait pas maintenant, on pourra le faire plus tard!", relativise Guillaume. "Ce qu’on peut éviter, il faut l’embrasser. Et plutôt avec un esprit positif que de remuer en permanence cette morosité, ce confinement et nos problèmes personnels."

On a toujours un niveau de vie correct, on a quand même eu de la chance

Son message? "Il faudrait faire un effort. Beaucoup de gens n’y arrivent plus. Pourtant, on a toujours un niveau de vie correct, on a quand même eu de la chance. Notre Etat est derrière nous pour assumer en grande partie les aides nécessaires et même si c’est imparfait, on a de la chance d’avoir un système efficace. Les gens ne s’en rendent pas compte mais on nous a laissé quand même beaucoup de libertés. Et puis, la liberté c’est dans la tête!"

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LA RÉPONSE DE GUILLAUME

Bien à vous, Chère Victoria. C’est à la fois bouleversé et dubitatif que je lis ta lettre. Bouleversé par la souffrance que tu exprimes. Bouleversé par l’expression de tes doléances. Tu n’as pas tort, cette époque t’a volé de nombreux moments de plaisir et de partage. Tu n’as pas tort, cette pandémie et ses conséquences nous ont imposé de vivre différemment, de limiter nos contacts, nos déplacements, et parfois même, de modifier notre activité journalière.

Effectivement, tu as dû consentir à de nombreux sacrifices. Tu ne re-fêteras plus jamais tes dix-huit ans. Tu n’auras plus l’occasion de vivre tel ou tel événement. Malheureusement, cette fatalité sont les aléas de la vie.

Je mesure la difficulté de suivre tes cours par écrans interposés avec des outils périphériques parfois obsolètes ou de mauvaises qualités. Je mesure ta difficulté de vivre dans cet étrange monde actuellement. Cependant, je suis dubitatif. Car, au-delà de nos difficultés individuelles, soulignons la résilience de notre société. Cette capacité que nous avons eu à nous adapter. Et rapidement en plus. Peut-être pas assez vite pour nos perceptions individuelles.

Depuis toujours, nos sociétés ont affronté des fléaux, des catastrophes injustes où les individus ont subi et se sont adaptés à des événements dont ils n’avaient rien demandé. Dubitatif, parce que tu ne veux pas comparer cette situation à celle vécue par tes arrières grands-parents. Tu as en partie raison. Nous vivons une autre situation mais également dans un confort nettement supérieur. Nous n’avons pas connu de pénurie alimentaire. La technologie, même imparfaite, nous a permis de continuer de vivre. Différemment, avec des relations sociales limitées, mais tout ne s’est pas arrêté.

A l’époque déjà, les perspectives demeuraient floues. Et puis un jour, il y a eu le Débarquement. Tu imagines bien que le secret était bien gardé. Aujourd’hui, nous avons la chance d’être informé de l’arrivée d’une solution : le vaccin. Bien que toute une partie de la population lui manifeste de nombreuses réticences, mesurons notre chance que notre société soit arrivée à trouver une solution dans un temps aussi court !

Comme à notre époque, tes arrières grands-parents ont été confrontés à ce que l’humanité fait de pire. Que ce soit la collaboration ou les dénonciations de leurs temps, force est de constater qu'aujourd’hui notre société n’a pas beaucoup évolué de ce côté-là. A l’époque, il y avait aussi la résistance. Choisi ce camp. Ce qui ne signifie pas d’exprimer ces réticences face aux décisions politiques parfois hasardeuses et approximatives mais de donner le meilleur de soi pour affronter cette épreuve.

Indigne-toi des comportements inadaptés qui ralentissent le retour à la normal. Ne demande pas ce que l’on va faire pour toi, mais demande-toi comment tu peux contribuer à accélérer la fin de cette période de restrictions. Sheakespeare a écrit un jour, "ce qui ne peut être évité, il faut l’embrasser".

Il faut apprendre, s’adapter, positiver, même si c’est difficile. (...) Ne te focalise pas sur ce qui est impossible aujourd’hui, mais sur ce qui est positif.

Nous n’avons pas le choix d’affronter la situation que nous vivons et de faire les efforts nécessaires pour garder la tête hors de l’eau. Qu’il s’agisse de la personne isolée, du restaurateur, du coiffeur, de l’étudiant qui commence une nouvelle vie comme toi, tout le monde est face à des défis plus ou moins difficiles. Tout le monde n’a pas la même expérience et résistance dans l’adversité. Il faut apprendre, s’adapter, positiver, même si c’est difficile.

Je suis certain que tu trouveras au fond de toi les ressources nécessaires pour passer outre. Ne te focalise pas sur ce qui est impossible aujourd’hui, mais sur ce qui est positif. Certes, c’est difficile pour le moment, et surtout pour toi qui est confrontée à de nombreux changements dans ta vie que tu imaginais encore bien différente il y a un an.

Il se passe de belles choses malgré tout dans la société 

Concentre-toi sur tes petites victoires personnelles. Il faut en avoir chaque jour. Sois positive, il se passe de belles choses malgré tout dans la société. On ne compte plus les exemples de solidarités, les gens qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour que nous sortions de cette crise au plus vite.

Et puis un jour, tu prendras le temps de réfléchir à cette expérience. Tu te surprendras à tirer un bon nombre d’enseignements positifs de ce que tu vis actuellement.

Le vaccin est là. N’attends rien de nos décideurs. Ils n’ont pas la réponse. Et pas seulement parce qu’ils sont parfois incompétents. Simplement que les vérités d’aujourd’hui ne seront pas les vérités de demain. Seule toi trouveras ta solution. Et puis un jour, tu prendras le temps de réfléchir à cette expérience. Tu te surprendras à tirer un bon nombre d’enseignements positifs de ce que tu vis actuellement. Ça te rendra certainement plus forte. Tu auras sans doute développé des processus internes qui se révéleront plus tard.

Rien ne va aussi mal qu’on ne le croit, mais rien ne va aussi bien qu’on ne l’espère

Tu verras que même de l’expérience la plus compliquée, il y a toujours un apprentissage positif à en tirer. Je terminerai par une citation que j’accorde à mon grand-père qui était contemporain de tes arrières grands-parents : "Rien ne va aussi mal qu’on ne le croit, mais rien ne va aussi bien qu’on ne l’espère".

Courage, je suis certain que tu trouveras la résilience pour y arriver !

Heloise Vinale

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