Le clown Payoyo ne peut plus rendre visite aux enfants hospitalisés: "Je n'attends qu'une chose, c'est de reprendre"

Le clown Payoyo ne peut plus rendre visite aux enfants hospitalisés: "Je n'attends qu'une chose, c'est de reprendre"

Depuis 25 ans, le clown Payoyo divertit les enfants malades à l'hôpital. Le coronavirus a mis un coup d'arrêt à cette activité.

En temps normal, le clown Payoyo rend visite chaque jeudi aux enfants malades du service pédiatrie des cliniques universitaires Saint-Luc à Woluwé-Saint-Lambert. Crise sanitaire oblige, l'hopital a réduit ses accès et le clown n'a plus pu venir depuis octobre 2020. En attendant la reprise, le Rotary club Wezembeek-Kraainem a mis en place une cagnotte pour "pérenniser" l'activité du clown Payoyo dans cet hôpital, nous a indiqué Marc, membre de ce club, via le bouton orange Alertez-nous. "C'est un sujet très touchant", nous a-t-il indiqué. Nous avons donc contacté l'homme derrière le costume de clown, Paolo Doss.

Un chemin cahoteux vers le métier de clown

Né en Egypte, de mère italienne, Paolo Doss est arrivé à Bruxelles à l'âge de 11 ans. Après une scolarité tumultueuse, le jeune homme a obtenu son diplôme d'humanités. Quelques années plus tard, il a créé une agence de publicité. Une activité qu'il a rapidement délaissée : "Je n'avais pas envie de mettre toute ma créativité au profit de produits dans lesquels je ne croyais pas spécialement. Je ne voulais plus être dans ce monde artificiel", explique-t-il. Extrêmement timide, le jeune homme n'a pas immédiatement pensé à se lancer dans le monde du spectacle.

Néanmoins, Paolo évoque un "appel intérieur". Il a écrit un texte et loué la salle Riches-Claires dans le centre-ville de Bruxelles pour donner sa première représentation. "J'ai commencé avec les amis, les amis de mes amis, etc. Après, ça a été 8 ans de galères terribles parce que personne ne me connaissait, donc personne ne venait", raconte-t-il. "Quand j'ai commencé cette carrière, je ne pensais pas du tout jouer pour les enfants, encore moins les enfants à l'hôpital", précise-t-il.

Aujourd'hui, Paolo a 60 ans et une expérience de "34 ans de métier de clown sur les scènes du monde entier", dit-il. À son répertoire, il a cinq one man show de "comique poétique", des spectacles qui s'adressent aux adultes comme au jeune public. Par ailleurs, il donne des formations au personnel soignant des hôpitaux ou des maisons de repos sur des thèmes comme la communication, la bienveillance, le deuil. Il donne également des formations de clown. Et depuis 30 ans, il rend visite régulièrement aux enfants malades dans les hôpitaux.

Paolo propose, l'enfant dispose

Comment se déroulent ces visites ? D'abord, le personnel soignant lui fait un rapport sur chaque enfant. Ce qui lui permet "d'éviter de faire des grosses bourdes". Ensuite, le clown toque à la porte : "Je dis 'est-ce qu'on peut venir te dire bonjour ?', parce que je suis avec ma coccinelle en bois qui s'appelle Gwendoline. Et lui va dire oui ou non". Paolo souligne qu'il s'agit avant tout de proposer un moment : soit ludique, soit d'écoute, de tendresse, de poésie... "C'est l'enfant qui sait mieux que quiconque ce dont il a besoin. Il y a des enfants qui ont besoin de rire, alors je les fais rire, d'autres qui ont besoin d'écouter, alors je parle, il y a des enfants qui ont besoin de parler alors j'écoute. C'est un mix de tout ça".

Paolo vient avec un "canevas", explique-t-il, de façon à ce que si l'enfant ne veut pas interagir, il puisse quand même suivre une histoire. "Je peux me passer de sa collaboration. Néanmoins, tout est fait pour qu'il collabore", souligne-t-il. Les parents et le personnel soignant peuvent également être impliqués. Ce qui participe à créer une ambiance chaleureuse, en focalisant l'attention sur autre chose que la maladie.

Paolo dans "les startings blocks" pour reprendre son activité

"Depuis le Covid, il n'y a plus rien", résume Paolo au sujet de ses activités. Seules les visites à l'hôpital ont pu être maintenues jusqu'au mois d'octobre 2020. Le département Learning Lab de l’UCL lui a permis d'utiliser quelques fois un robot d'apprentissage. Payoyo apparaissait alors sur une tablette juchée en haut d'une machine capable de se déplacer dans la pièce. Mais désormais, il est tout à fait l'arrêt. "Financièrement, c'est extrêmement difficile", confie Paolo. Indépendant, il touche le droit passerelle. "Sinon je vous répondrais de la rue. Les banques ne prêtent pas aux clowns !", lance-t-il en riant.

Paolo est impatient de pouvoir reprendre son travail de clowns auprès des enfants du service pédiatrie des cliniques universitaires St Luc : "Je suis dans les startings blocks. Dès qu'ils disent OK, moi j'habite à deux kilomètres, je m'habille et j'y vais", lâche-t-il. De ses visites aux enfants, Paolo tire également beaucoup du bonheur : "L'humour, la bienveillance, la résilience, etc. Si je la donne, elle me traverse, me fait du bien et je reçois le centuple en retour. Ça donne un sens extraordinaire à ma vie, ça nourrit ma vie tout en nourrissant l'autre. Alors c'est carton-plein !"

Le clown Payoyo ne peut plus rendre visite aux enfants hospitalisés:

> Le site internet de Paolo Doss

Pierre Fagniez

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