Faillite des magasins Pimkie, 136 emplois menacés: les syndicats dénoncent le "mépris" de la direction

Faillite des magasins Pimkie, 136 emplois menacés: les syndicats dénoncent le "mépris" de la direction

La chaîne de magasins de prêt-à-porter Pimkie a été déclarée en faillite mardi par le tribunal de Tournai, indiquent mercredi les syndicats chrétien et libéral. 24 magasins et 136 employés sont concernés. Selon les syndicats, l'entreprise avait convoqué un conseil d'entreprise extraordinaire lundi pour l'annoncer. La direction justifie la situation par une baisse du chiffre d'affaires depuis plusieurs années et par l'impact de la pandémie.

L'annonce a fait l'effet d'une bombe, les salariés n'ayant jamais eu d'écho sur l'imminence d'une faillite. "Quelques minutes par visioconférence... nous sommes écœurés par la manière expéditive d'annoncer une nouvelle aussi terrible", s'indigne Olivier Lecomte de la CGSLB. Le syndicat libéral ajoute que "lors des réunions précédentes, l'employeur n'a en aucun cas abordé sérieusement les difficultés financières et les conséquences sur l'emploi, ni mis en place des solutions pour amortir le choc" de la crise liée à la pandémie. Ayant eu vent de rumeur, notre rédaction avait appelé hier la Setca qui avait déclaré n'être au courant de rien.

"C'est le choc" pour les travailleurs et travailleuses, confirme Frédéric Viseur, secrétaire permanent CNE que nous avons joint ce matin. "Les travailleuses ont appris la faillite du jour au lendemain alors que rien ne laissait supposer une situation si dramatique. Nous n'avons même pas été concertés au préalable pour limiter la casse", affirme-t-il.

Selon lui, une concertation sociale préalable aurait sans doute permis une procédure de réorganisation judiciaire, permettant de se mettre à l'abri des créanciers, nous explique-t-il. "C'est une manière, selon nous, d'effacer l'ardoise et de tout faire peser sur la collectivité", ajoute le secrétaire permanent CNE. 

2 mois sans salaires ni indemnités

L'annonce de la faillite prive les travailleurs d'indemnités et probablement de leur salaire du mois de mars.

"Le mois de mars ne sera pas payé et le temps de mettre les choses en place au niveau du chômage, elles (NDLR, plus de 90% des travailleuses concernées sont de femmes) ne recevront pas d'allocations avant fin avril. Ça fait donc 2 mois sans salaire pour ces travailleuses, plongées dans une situation de précarité", ajoute Frédéric Viseur.

Ce sera la mission première du curateur qui doit être rapidement désigné, espèrent les représentants syndicaux.

La CNE dénonce le "mépris" à l'égard des travailleuses

Le secrétaire permanent pour la CNE parle de "mépris" de la direction qui n'aurait pas effectué les démarches pour que les travailleurs en chômage temporaire touchent leurs allocations du mois de mars, "alors que cela ne coûte rien à Belsay", précise-t-il.

Belsay est la société belge qui gère les magasins Pimkie dans notre pays. Elle appartient au groupe Mulliez, qui détient entre autres Auchan et Decathlon.

Une action symbolique sera menée samedi à 14h devant le magasin Pimkie situé rue Neuve à Bruxelles. Une liste des questions qui se posent suite à l'annonce soudaine de la faillite sera remise à la direction.

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