Après le covid, des troubles psychologiques ou neurologiques chez les patients: "Un syndrome post-intensif"

Après le covid, des troubles psychologiques ou neurologiques chez les patients: "Un syndrome post-intensif"

Après leur guérison, plus d'un tiers des patients covid hospitalisés souffrent de troubles psychologiques ou neurologiques. C’est ce qui ressort d’une étude britannique. Chez nous, le phénomène est également observé dans les hôpitaux.

Selon une étude britannique publiée dans le journal The Lancet, 34% des patients ont eu un diagnostic de maladie neurologique ou psychiatrique dans les six mois qui ont suivi leur guérison. Cela se traduit notamment par de l’anxiété, des troubles de l'humeur, des signes de dépression. La proportion est difficile à établir chez nous, mais selon le Grand Hôpital de Charleroi, 20 % des malades covid ont développé des complications neuropsychiatriques. Un psychologue à Liège nous parle de 25-30%.

A Saint-Luc à Bruxelles, le docteur Gerald Deschietere table sur 20-30 % des patients atteints de troubles post covid. Il compare cette expérience à un vrai traumatisme. "Il y a des histoires singulières, les personnes qui ont été aux soins intensifs, qui ont eu peur de mourir ou qui sont parfois passées tout près. Ces personnes-là, elles évoquent ce que l’on peut appeler dans la littérature, un syndrome post-intensif, où il y a ce trauma qui a été vécu au moment de ce passage dans une phase très complexe de la maladie".

Le docteur a rencontré des patients covid qui souffrent de troubles de l’humeur et de l’anxiété, des troubles qui parfois n’existaient pas avant leur infection. "Ils ont eu peur de mourir, ils ont eu peur de rester à l’hôpital encore plus longtemps… Le vécu a été tellement intense au niveau de la peur, que ceux-là sont marqués".

Les conséquences au quotidien sont réelles: "Il y a des personnes qui souffrent de troubles du sommeil assez invalidants, et d’autres ont eu un vécu d’isolement durant le moment où ils étaient hospitalisés, de ne pas avoir eu suffisamment le soutien de leurs proches".

L’hospitalisation est un facteur de risques: "L’étude du Lancet le mentionne bien, l’idée que quelqu’un qui a été hospitalisé, qui est passé par les soins intensifs, a plus de malchance d’avoir des conséquences au niveau psychopathologique négatives. Ces chiffres-là, je peux les corroborer dans le décours des patients que je suis actuellement qui ont présenté le covid".

Une fois hors des hôpitaux, il faut faire face à la peur de retomber malade et au contexte ambiant morose. Ce contexte pourrait jouer un rôle déterminant dans l’évolution de ces troubles psychologiques.

RTL INFO avec Justine Pons

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