La SNCF se lance sur le marché espagnol, avec un Ouigo Madrid-Barcelone

La SNCF se lance sur le marché espagnol, avec un Ouigo Madrid-Barcelone
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La SNCF se lance sur le marché espagnol, avec un Ouigo Madrid-Barcelone
La SNCF se lance sur le marché espagnol, avec un Ouigo Madrid-Barcelone

"Aujourd'hui démarre la libéralisation de la grande vitesse. Destination Barcelone. Bon voyage!" La SNCF a inauguré vendredi son premier train sur le marché espagnol, en lançant le TGV à bas coût Ouigo entre Madrid et Barcelone, face à l'opérateur historique Renfe.

Avec le même jingle qu'en France, le premier train a quitté Madrid-Atocha à 10H15 vendredi, réservé à quelques invités. Il est arrivé à 12H47 --avec deux minutes de retard-- dans la capitale catalane, après 620 km à travers des paysages souvent pelés.

Le bleu et le rose de Ouigo se déclinent en gros ronds sur une livrée blanche, et bien sûr à l'intérieur, où les deux niveaux s'appellent "tierra" (terre) et "cielo" (ciel).

Le service commercial doit débuter lundi, au lendemain de la levée de l'état d'urgence sanitaire en Espagne. Ouigo proposera alors cinq allers-retours quotidiens Madrid-Barcelone, via Saragosse et Tarragone. En face, la Renfe en aligne 14, aux billets nettement plus chers.

Les billets Ouigo sont vendus à partir de 9 euros --uniquement disponibles sur le web comme en France, mais bagage compris.

La SNCF a investi quelque 600 millions d'euros dans son aventure espagnole, qu'elle a décidé de poursuivre malgré les énormes pertes que lui a fait subir la pandémie de Covid-19.

Elle va utiliser pour commencer 4 rames TGV duplex relativement neuves, prélevées dans son parc et réaménagées dans ses ateliers de Bischheim, près de Strasbourg. Elle doit en avoir 14 d'ici 2023.

L'idée est de faire rouler des rames doubles, offrant deux fois 509 places sur chaque trajet.

"Les Espagnols vont découvrir à la fois le low-cost et les rames à deux niveaux", a indiqué à l'AFP le directeur général de Voyages SNCF, Alain Krakovitch.

"Ouigo en Espagne n'est pas un copié-collé du Ouigo France", a-t-il remarqué. "On a conservé le bar, et on a conservé les sièges de première classe". Ceux-ci sont vendus avec un supplément de 9 euros sous l'appelation "Ouigo Plus".

- Trois opérateurs en Espagne -

Il voit dans ce nouveau service un "outil d'innovation" qui pourrait inspirer les équipes françaises.

Autre innovation: la SNCF sous-traite la maintenance des rames au constructeur Alstom, qui les a construites.

"On a agi en Europe sur trois modes", remarque le PDG de SNCF Voyageurs Christophe Fanichet: "En coopération comme avec la Deutsche Bahn, en joint-venture comme avec Eurostar et Thalys, et aujourd'hui seuls en Espagne."

Mais, souligne-t-il, "nous n'allons nulle part ailleurs qu'en France s'il n'y a pas une rentabilité supérieure".

Le marché espagnol s'annonce en effet plus rémunérateur que le marché français, selon la SNCF.

"Nous sommes sur une politique de volume", détaille la directrice générale de Ouigo España, Hélène Valenzuela: "En offrant le plus de places possibles sur un même sillon avec des trains plus capacitaires, et donc faire baisser les coûts et répercuter ces économies au client. C'est comme ça que, structurellement, nous sommes moins chers."

Face à cette concurrence venue de France, la Renfe va lancer ses propres trains à grande vitesse low-cost Avlo le 23 juin entre Madrid et Barcelone.

"La libéralisation est une opportunité pour Renfe. Cela va nous stimuler", a réagi la compagnie espagnole à l'AFP.

"Nous aimerions que ce modèle s'applique de la même manière dans d'autres pays comme la France, où la Renfe et d'autres fabricants espagnols rencontrent beaucoup d'obstacles pour avancer au même rythme avec l'AVE", son propre train à grande vitesse qu'elle veut lancer sur Lyon-Marseille, a-t-elle aussi déclaré à l'AFP.

Isabel Pardo de Vera, la présidente du gestionnaire du réseau espagnol Adif, a salué avant le départ du train "le vrai début de la libéralisation, à un moment très spécial où on commence à voir la lumière au bout du tunnel de la pandémie".

La SNCF avait répondu à un appel d'offres d'Adif, qui a concédé pour dix ans des créneaux de circulation sur une partie des 3.200 km du réseau à grande vitesse espagnol, le deuxième du monde derrière la Chine.

La compagnie française doit encore lancer des liaisons de Madrid vers Valence et Alicante (sud-est) à la fin de l'année, et vers l'Andalousie (sud) d'ici 2023.

Un troisième exploitant baptisé Ilsa --filiale commune de la compagnie publique italienne Trenitalia et de la compagnie aérienne espagnole Air Nostrum-- doit de son côté aborder le marché espagnol au second semestre 2022, avec des trains neufs.

AFP

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