Nicola Sturgeon, détermination et patience au service de l'indépendance de l'Ecosse

Nicola Sturgeon, détermination et patience au service de l'indépendance de l'Ecosse

Confortée par les élections locales, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon espère voir se réaliser le rêve d'une vie : que l'Ecosse devienne un pays indépendant.

Si la victoire de la cheffe du SNP (parti national écossais) aux élections du 6 mai ne semblait guère faire de doute, l'ampleur de celle-ci était décisive pour l'avenir du Royaume-Uni.

Même si les résultats définitifs n'étaient pas encore connus et que les projections de la BBC donnait son parti juste sous la majorité absolue, Nicola a jugé samedi "probable une majorité pro-indépendance plus forte dans le nouveau Parlement que dans l'ancien", les Verts soutenant également une séparation avec le Royaume-Uni.

Confortablement réélue dans sa circonscription de Glasgow Southside, avec 60,2% des voix, l'énergique dirigeante de 50 ans aux cheveux courts, qui a ancré dans le paysage politique britannique son style et son accent immanquablement écossais, a mis en garde Boris Johnson contre toute tentative de s'opposer à "la volonté de ce pays".

Elle semble cependant prête à la patience, s'engageant à offrir à l'Ecosse "un avenir meilleur"... "quand le temps sera venu".

Sur un plan plus personnel, elle peut se targuer d'avoir réussi à écarter son prédécesseur et mentor Alex Salmond, qui s'était posé en adversaire politique.

Ce dernier avait démissionné en 2014 après le choix des Ecossais de rester au sein du Royaume-Uni lors du référendum d'indépendance. Visé par des accusations sexuelles puis acquitté l'année dernière, il était revenu en politique avec un nouveau parti, Alba, au risque de semer la division dans le camp indépendantiste. Il a été battu dans les urnes.

Le retour d'Alex Salmond, qui se disait victime d'un complot politique, a néanmoins compliqué la tâche de Nicola Sturgeon, qu'il visait directement et dont la gestion des accusations d'agressions sexuelles a été critiquée.

Si elle a finalement sauvé son poste, ses opposants se sont délectés de ces semaines de psychodrame et de déchirements, véritable aubaine pour tenter d'affaiblir une dirigeante dont la gestion de la crise sanitaire a rassuré les Ecossais, à grand renfort de conférences de presse quotidiennes et de discours pédagogiques.

Au point de se faire accuser d'instrumentalisation. Selon le chef des conservateurs écossais Douglas Ross, Nicola Sturgeon fait de la pandémie un "outil de recrutement", "le SNP a construit une fausse réputation basée sur la manipulation".

- "Prodige" -

Mais pour Nicola Sturgeon, la donne a surtout changé à cause du Brexit, contre lequel 62% des Ecossais ont voté en 2016, donnant un nouvel élan aux velléités d'indépendance.

Née dans la ville industrielle d'Irvine, au sud-ouest de Glasgow, d'un père électricien et d'une mère infirmière, toujours active en politique, Nicola Sturgeon a rejoint le SNP à l'âge de 16 ans, en tant que coordinatrice adjointe pour la jeunesse.

Peter Murrell, son mari, est directeur général du parti. Le couple, sans enfants, s'est rencontré il y a plus de vingt ans lors d'une réunion des jeunes du SNP, dont Nicola Sturgeon est devenue l'une des premières représentantes au Parlement écossais dès sa création en 1999.

Elevée "dans une famille ouvrière on ne peut plus normale" à Dreghorn, sur la côte ouest de l'Ecosse, Nicola Sturgeon, "fille des années 80" a grandi au son de Wham et Duran Duran, et forgé sa conscience politique dans le rejet du thatchérisme.

Ambitieuse, déterminée, douée - Alex Salmond a qualifié la jeune Nicola Sturgeon de "prodige" - elle a pourtant longtemps cultivé elle-même une réputation de "Dame de fer".

Mais depuis qu'elle est devenue leader du SNP, elle "a transformé son image de manière radicale" en se montrant beaucoup plus "chaleureuse", selon David Torrance, auteur d'une biographie non-autorisée.

Nicola Sturgeon affirme qu'une plus grande confiance en elle l'a aidée à s'ouvrir aux autres. Jusqu'à révéler des détails intimes comme lorsqu'elle a annoncé l'année dernière avoir subi une fausse-couche en 2011.

Longtemps secrète sur cette épreuve, elle a choisi d'en parler pour "combattre les préjugés sur les femmes qui n'ont pas d'enfants, surtout en politique".

AFP

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