Fanny dérangée par les "invitations à caractère sexuel" sur Facebook: que fait le réseau social ?

Fanny dérangée par les "invitations à caractère sexuel" sur Facebook: que fait le réseau social ?

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Une photo suggestive, des descriptions qui le sont encore plus: nous avons déjà tous aperçu ces fausses invitations sur Facebook, Instagram et Messenger. Une situation problématique pour Fanny, qui reproche à Facebook son manque de réaction. Le plus réseau social est submergé, et nous dit qu'il fait ce qu'il peut...

Vous l'avez forcément remarqué, dès qu'on met un pied sur internet, avec son téléphone ou un ordinateur, on se retrouve dans une jungle, bombardé de sollicitations en tout genre. Spam, phishing, publicité mensongère, contenus sponsorisés douteux… les mauvaises surprises ne manquent pas. Fanny nous écrit cette semaine car elle s'inquiète de certains messages reçus sur Facebook. "Je reçois sans arrêt des 'invitations par message' à caractère sexuel", nous a-t-elle écrit via le bouton orange Alertez-nous.

De la gène pour elle, et pour les plus jeunes

Ces messages et invitations la dérangent à deux niveaux. "Je suis en train de me rendre compte de la gêne que cela m’occasionne directement, mais aussi je me questionne sur la population plus jeune qui utilise les réseaux sociaux et qui doive aussi recevoir ce genre de message". Fanny a fait tout ce que les utilisateurs peuvent faire: signaler l'invitation comme "indésirable", expliqué les raisons du signalement, etc. "J’ai contacté Facebook, j'ai constaté la plainte d’autres utilisateurs mais rien n'y fait... cela continue".

Deux manières de se faire avoir

Il y a deux manières d'entrer en contact de manière spontanée avec quelqu'un sur Facebook: une invitation à être ami (dans ce cas, on ne verrait que le nom du compte), ou une invitation à recevoir un message, via Messenger, l'outil de messagerie instantanée. Cette dernière invitation est plus explicative, car on est tenté de lire le message, dans lequel peuvent se trouver des contenus (textes, liens, photo de profil) très suggestifs, effectivement. Il ne s'agit pas directement de contenu pornographique, car Facebook détecte généralement les nus et la pornographie, mais les mots sont souvent crus et les liens vous envoient sans doute vers des sites web peu recommandables, quand ce n'est pas simplement des pages visant à vous arnaquer.

Des chiffres dingues

Facebook, avec ses 2,8 milliards d'utilisateurs, et le terrain de jeu favori des arnaqueurs. Y créer un compte est toujours aussi simple, une adresse email suffit. Tout continue à se faire de manière anonyme, et donc y créer un faux compte avec un nom et une photo très sexy est un jeu d'enfant. Le plus grand réseau social du monde le sait, et comble ce laxisme par plusieurs outils de vérification et de contrôle. On vous en avait déjà parlé l'an dernier avec l'expérience de Giuseppe, Facebook avait à l'époque partagé quelques chiffres intéressants, faisant preuve de davantage de transparence: 5% de faux comptes, soit près de 150 millions ! 

Nous avons reposé la question à Facebook en mai 2021, et il reconnait que malgré toutes les mesures prises pour détecter les faux comptes (au moment de la création et après quelques jours, avec des algorithmes ou des vérifications humaines), ça ne suffisait pas, il y a encore beaucoup de mauvaises expériences, comme celles évoquées par Fanny. 

Pourtant, le réseau social nous dit qu'il bloque des millions de faux comptes chaque jour. Et qu'entre octobre et décembre 2020, il a désactivé… 1,3 milliard de faux comptes ! Un chiffre incroyablement élevé, car Facebook compte environ 2,8 milliards d'utilisateurs actifs.

Des mesures qui ne suffisent pas

Quant aux mesures prises spécifiquement par rapport aux invitations/comptes affichant clairement leur caractère sexuel, Facebook ne veut pas nous donner des détails pour ne pas permettre aux escrocs de contourner ses systèmes. Cependant, parmi les nombreuses pages de rapport et d'explications des règles du jeu, Facebook donne quelques détails.

Facebook combine les technologies et les signalements des utilisateurs pour détecter la pornographie sous toutes ses formes.

De plus, et c'est une information dont nous n'avons pas encore parlé, Facebook protège les profils des mineurs, qui ne peuvent pas être trouvés via les moteurs de recherche: ils ne sont pas indexés. Facebook ne montre pas les résultats de recherche basés sur certaines données spécifiques (école, âge, ville d'origine) des adolescents, à des adultes qui n'ont aucune connexion. Enfin, Facebook affiche le message 'N'acceptez que les demandes d'amitié de personnes que vous connaissez vraiment'.

Pour Messenger également, Facebook applique théoriquement des filtres pour éviter les contacts indésirables. Il y a également des limites pour les adultes non connectés qui souhaitent dialoguer avec des comptes appartenant à des mineurs d'âge.

Recours à de l'intelligence artificielle

En marge des explications que Facebook nous a fournies ciblant spécifiquement les invitations et les faux comptes, nous apprenons ce jeudi par une dépêche AFP que le réseau social utilise un logiciel d'intelligence artificielle pour déceler certains messages cachés. Jusqu'ici, le système de détection du réseau social ne permettait d'analyser qu'un contenu à la fois, sans pouvoir croiser les signaux provenant, par exemple, d'un message et d'une photo. Avec le nouvel algorithme, déployé courant 2020, Facebook peut désormais avoir "une vision d'ensemble", a expliqué mercredi Mike Schroepfer, responsable technique de la plateforme, lors d'une conférence téléphonique.

Le réseau social peut notamment mieux décrypter le sens des "mèmes", images ou animations le plus souvent à but humoristique, qui ont parfois un caractère haineux ou discriminant compréhensible uniquement en associant le texte à l'image. "Il faut comprendre tout le contexte" pour analyser et éventuellement écarter le message, a détaillé Mike Schroepfer, qui a expliqué que le logiciel était aussi en mesure de croiser des contenus dans plusieurs langues. L'outil informatique évite aussi le retrait de certains messages qui auraient déclenché une alerte auparavant sur la base d'un mot ou d'une image identifiés trop littéralement. 

Mathieu Tamigniau

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