Les gènes des chiots les aident dans leurs interactions avec l'homme

Les gènes des chiots les aident dans leurs interactions avec l'homme
Les gènes des chiots les aident dans leurs interactions avec l'homme
Les gènes des chiots les aident dans leurs interactions avec l'homme

Les chiens sont bien connus pour leur capacité à saisir des indications humaines subtiles, mais les scientifiques tentent de comprendre si ce don est inné ou acquis par l'observation et l'entraînement.

Une nouvelle étude, publiée jeudi dans Current Biology, révèle que la génétique joue un rôle primordial dans les compétences de "communication-coopération" des chiens, et que certains démarrent leur existence avec un avantage sur d'autres dans ce domaine.

Le test clé consiste à mesurer à quel point les animaux comprennent les gestes, lorsqu'un humain pointe du doigt vers une direction ou un objet, a expliqué à l'AFP Emily Bray, chercheuse à l'Université d'Arizona et principale auteure de l'étude.

Des études passées ont montré que les chiens comprennent ces gestes bien mieux que les chimpanzés, les animaux les plus proches de l'homme.

Mais est-ce par la domestication, ou bien parce que, comme le dit Emily Bray, les chiens sont "les premiers témoins de toutes nos interactions"?

Pour répondre à la question, son équipe a testé l'hypothèse suivante: si ce trait de caractère est inné, il doit se trouver chez de jeunes chiots, peu exposés à des humains.

- "Petit chien, regarde" -

Une organisation fournissant notamment des chiens pour les personnes handicapées leur a procuré 375 labradors et golden retrievers. "Nous connaissions ainsi leurs liens, ce qui nous a permis d'examiner la partie génétique", explique l'éthologue.

Sur quelques années, l'équipe a procédé à des tests avec les chiots, âgés de huit semaines et vivant encore avec leurs congénères.

Dans un des scénarios, un chiot était placé face à deux gobelets opaques retournés, dont un seul cachait une récompense alimentaire. La chercheuse commençait le test en lui disant "Petit chien, regarde" tout en établissant un contact visuel avec lui, avant de pointer du doigt vers le bon gobelet.

Les animaux ont fait le bon choix deux fois sur trois (67%), au-delà des 50% qui seraient dus à la chance. Ils ont fait encore mieux (72%) quand l'expérimentatrice plaçait un cube de couleur près du bon gobelet plutôt que de pointer le doigt dans sa direction.

Les chercheurs ont exclu la possibilité que l'animal se repose sur son seul odorat pour réussir, en constatant que quand ils restaient silencieux et immobiles, le chiot trouvait la récompense une fois sur deux, c'est-à-dire au hasard.

- Comme avec un jeune enfant -

L'équipe a aussi mené des expériences d'"intérêt pour l'humain" lors d'un premier contact prolongé.

Les chiots se sont animés et ont approché l'expérimentatrice quand elle utilisait une voix haut-perchée, identique à celle des parents avec un jeune enfant, avec des paroles d'encouragement telles que "Est-ce que tu es un bon chiot? Mais bien sûr!".

Une analyse statistique a ensuite établi que les facteurs génétiques comptaient pour 43% dans les différences d'aptitude des chiots à réussir le test. Un chiffre comparable à celui constaté chez les humains pour l'intelligence.

L'étude contribue à la compréhension de l'évolution d'un animal domestiqué il y a quelques dizaines de milliers d'années, selon son auteure.

Mais on ne sait toujours pas si nos ancêtres ont élevé des chiens pour leurs qualités spécifiques, où si ces animaux ont naturellement accompagné les humains dans leur histoire, à la différence des loups.

La recherche devra aussi expliquer quels mécanismes sont à l’œuvre chez le chien pour expliquer comment l'animal paraît "comprendre" un geste, une parole ou même un regard.

AFP

Reactions

Vous devez accepter les cookies de réseaux sociaux pour afficher les commentaires.

En ce moment sur RTL info

Partager
Alertez nous

Ce site optimisé pour un affichage sur mobile

Pour un affichage optimal, nous vous recommandons d'accéder à la version PC. Quelle version désirez vous?