L'épouse de Pascal veut vendre du matériel acheté pour aider les sinistrés de Liège, elle perd 700€: "La face noire de PayPal"

L'épouse de Pascal veut vendre du matériel acheté pour aider les sinistrés de Liège, elle perd 700€: "La face noire de PayPal"

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Ce couple de la région liégeoise avait acheté un long tuyau pour prêter leur pompe vide-cave à des sinistrés ayant les pieds dans l'eau. Au moment de le revendre, ce sont des escrocs qu'il a malencontreusement enrichis. Explications.

On ne le répètera jamais assez: vendre quelque chose sur Facebook est à la fois très pratique et très risqué. Ceux qui ont l'habitude ne se font normalement pas avoir: ils exigent une remise en mains propres uniquement. Mais les novices, ravis d'avoir trouvé des acheteurs qui ne négocient pas le prix, acceptent plus facilement des méthodes de livraison douteuses. C'est le début des ennuis, et c'est ce qui est arrivé à la compagne de Pascal. "Les 700 euros sont perdus", nous a-t-il écrit via le bouton orange Alertez-nous de RTL info.

Un tuyau acheté pour aider les sinistrés des inondations de Liège

Pascal et sa compagne habitent en région liégeoise. Ce couple de quarantenaires est venu en aide aux sinistrés des inondations de la mi-juillet. "J'avais une pompe vide-cave avec un petit tuyau, et j'ai décidé à l'époque d'aller en acheter un plus grand, un flexible de 20 mètres, afin de pouvoir vider des maisons ou des caves à Liège, après les intempéries". Une fois l'aide apportée, Pascal n'avait plus l'usage d'une telle longueur de tuyau, et c'est assez encombrant. "Ma compagne a alors décidé de le vendre sur internet, à 50 euros, alors que je l'avais acheté environ 200".

L'une des options les plus populaires, c'est le Marketplace de Facebook. Des utilisateurs du plus grand réseau social au monde (ils sont près de 3 milliards) peuvent mettre en vente des objets publiquement. En théorie, l'avantage, c'est qu'on n'est pas face à des acheteurs ou vendeurs anonymes, et qu'on peut jeter un œil à leur profil pour tenter d'y trouver des indices de confiance. Mais Facebook l'avoue, 5% de ses comptes sont des faux, et il y a parfois des usurpations d'identité (un escroc trouve les accès Facebook d'un utilisateur et se fait passer pour lui). Ce n'est donc pas une garantie…

Elle a du utiliser son Digipass

Une inscription sur Mondial Relay: ça sent déjà l'arnaque

Assez rapidement, "un acheteur se montre intéressé, et ma compagne entame une conversation avec lui via Messenger", comme c'est toujours le cas. Pascal se dit "très averti" des dangers que peuvent représenter les réseaux sociaux et internet. "Ma compagne avait vérifié le profil, et tout semblait OK. Mais je n'étais pas là au moment où elle a discuté avec l'acheteur. Il lui a demandé une livraison via Mondial Relay". Jusque-là, rien de très alarmant, car certains vendeurs/acheteurs acceptent d'envoyer les objets par la poste (même si pour un tuyau de 20 mètres, ça ne semble vraiment pas une option appropriée).

Tactique bien connue des escrocs: ils font croire qu'une inscription est nécessaire pour recevoir l'argent via Mondial Relay (or il s'agit d'une société de livraison). Et la compagne de Pascal tombe dans le piège. "Elle a communiqué son numéro de carte de banque, puis elle a du utiliser son Digipass. Par téléphone, ils ont fait croire à des erreurs, donc elle a du recommencer trois fois".

"700€ perdus": la "face noire de PayPal"

Ces trois erreurs correspondent à autant de virements bancaires. L'escroc était donc sur un navigateur et avait ouvert une session de home banking ING avec les données reçues. Du grand classique. "Il y a trois paiements bancontact, des transferts vers PayPal de 300, 100 et encore 300 euros", nous explique Pascal, joignant des copies d'écran de son application bancaire :

L'épouse de Pascal veut vendre du matériel acheté pour aider les sinistrés de Liège, elle perd 700€:

Il s'agit en réalité de la fonctionnalité PayPal TopUp, donc la possibilité de créditer son compte PayPal en virant de l'argent dessus (un peu comme une Mastercard ou une Visa de débit), afin de pouvoir l'utiliser pour payer un tas de choses en ligne (PayPal est l'un des moyens de paiement numérique les plus populaires au monde, on peut s'en servir partout).

Pascal et sa compagne sont allés porter plainte à la police rapidement, et ont déposé une plainte pour fraude au niveau de ING. "Mais les deux parties m'ont bien fait comprendre que les 700€ étaient perdus", ce qui enrage notre témoin de la région liégeoise.

Il a remué ciel et terre pour entrer en contact avec PayPal, ce qui n'est visiblement pas évident, car il estime que le géant américain devrait agir autrement. "Je les ai harcelés, j'ai envoyé des dizaines d'emails, j'ai appelé une centaine de fois, je crois, aux deux numéros que j'ai trouvés". Pascal a finalement reçu un appel du service clientèle francophone. "Soi-disant, personne ne sait tracer le paiement. Je ne compte pas récupérer l'argent, mais au moins le localiser et le bloquer. Impossible. C'est la face noire de PayPal, je leur ai bien fait comprendre qu'ils ne mettaient rien place pour protéger le consommateur". Un employé de la banque ING avec lequel Pascal a discuté lui a confirmé que, selon lui, PayPal "donnait une voie royale pour les escrocs".

Alors, dangereux PayPal ?

Si on comprend la colère de Pascal, il est pourtant difficile de blâmer PayPal, qui agit comme une banque. Si un de ses clients reçoit un virement, elle ne peut pas annuler ce transfert d'argent, ni communiquer des informations précises, sans une intervention de la police ou de la justice. Hélas, on le sait, la justice n'a pas les moyens de gérer tous les cas individuels de petites arnaques en ligne, de plus en plus nombreuses.

Mais il est vrai que les escrocs basés à l'étranger, cachés derrière un compte PayPal qu'on peut ouvrir en quelques clics (même s'il faut un numéro de téléphone mobile, ça n'empêche pas l'anonymat), y trouvent un moyen rapide et gratuit de faire transiter de l'argent dérobé via des arnaques comme celle évoquée dans cet article.

Notre conseil est toujours le même ; les médias, les banques et les autorités le répètent depuis plusieurs années: il ne faut jamais communiquer de données bancaires ni de codes issus du Digipass ailleurs que sur des pages officielles, de la banque ou d'une boutique dans laquelle vous avez confiance. Ironie du sort: pour payer en ligne ou recevoir de l'argent, utiliser PayPal est une alternative très sécurisée car elle ne nécessite pas de communiquer les coordonnées d'une carte de crédit, et qu'elle est proposée par de nombreux commerçants / services en ligne.

Mathieu Tamigniau

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