Attention si vous louez un appartement de vacances via Facebook: Emilie a perdu 800 euros dans une escroquerie

Attention si vous louez un appartement de vacances via Facebook: Emilie a perdu 800 euros dans une escroquerie

En mai dernier, Emilie (prénom d’emprunt car elle veut garder l’anonymat) cherchait sur Facebook un bien à louer à la côte belge comme elle l’avait déjà fait 5 ou 6 fois auparavant avec succès. Cette trentenaire de Jette rêvait de passer un mois d’août ensoleillé paisible à la mer avec sa maman, son mari et son enfant. Elle poste une demande sur le groupe public "Location de vacances à la côte Belge" qui ne compte pas moins de 10 000 membres. Les offres ne tardent pas à arriver. Parmi celles-ci, un appartement à Coxyde, proposé par madame X, suscite son intérêt.

"J’ai échangé sur Messenger avec madame X et elle m’a assez vite envoyé des photos de l’appartement qu’elle louait, un descriptif, une photo de sa carte d’identité et un contrat type de location" nous dit-elle. "La négociation avançait de bon train et j’ai versé un acompte de 30% d’un montant de 810 euros" ajoute-elle. La mère de famille ne sait pas encore qu’elle est tombée dans le guet-apens d’un escroc.

Une semaine après le paiement de l’acompte, elle apprend d’un membre du groupe Facebook de location que madame X est potentiellement un arnaqueur. Emilie décide de chercher sur Facebook la vraie madame X et la trouve. Celle-ci nous raconte que, à la recherche d’une location avec chien admis sur un autre groupe FB, elle s’est fait usurper son identité après avoir envoyé sa carte d’identité à l’arnaqueur. Ayant pressenti l'arnaque, madame X se rétracte dans la location du bien et est contacté vraisemblablement par un jeune homme africain en la personne de ce qui devait être une propriétaire corse. Vraisemblablement, ce dernier aurait alors constitué un faux profil Facebook, se faisant passer pour madame X, incorporant des photos du vrai profil de madame X sans qu'elle celle-ci s'en rende compte bien heureuse de ne pas avoir été extorquée.

Emilie a déposé une plainte pour escroquerie : "810 euros c’est tout de même la moitié d’un salaire moyen et tout le monde n’a pas l’opportunité de partie en vacances après un tel vol" dit-elle. Madame X, dont l’identité a été usurpée, a également porté plainte.

Une somme définitivement perdue

Emilie a tenté de récupérer ses 810 euros auprès de la banque. Mais il était trop tard, le compte sur lequel elle avait viré la somme avait été vidé. "Ma banque est en défaut sur la sécurité des transactions bancaires de privé à privé sur des montants aussi considérables", estime la Jettoise. BNP Paribas Fortis n’a pas souhaité commenter invoquant le secret bancaire de ses clients. Du côté de Febelfin, la fédération des banques belges, il n'est pas aisé pour les banques de repérer les comptes douteux. Cependant, un particulier doit accroitre sa vigilance s'il voit que le compte en banque sur lequel il doit verser l'argent possède un code BIC "PESOBEB1". Celui-ci est associé aux transferts bancaires internationaux. Il n'est sans doute pas courant que le propriétaire d’un bien situé en Belgique nécessite de réceptionner de l’argent à l’étranger. Après quelques recherches sur internet, nous avons constaté une série d’arnaques phishing avec l’utilisation de ce code BIC.

Entre Emilie et l’arnaqueur, il existe peut-être une personne tierce, détenteur du compte bancaire belge sur lequel elle a transféré l’argent. Mais quel est le rôle de cette personne qu'on appelle "une mule" ? La mule réceptionne l’argent escroqué sur son compte et est chargé de l’envoyer à l’escroc contre une contrepartie. Même si elle est un intermédiaire, la mule peut être pénalement poursuivie car elle est responsable de son compte et de ce qui s’y passe. Elle est susceptible de devoir rembourser entièrement les victimes du montant escroqué.

Comment limiter le risque d’arnaque par usurpation d’identité ?

La police fédérale a recensé plus de 6000 cas d’usurpation d’identité, en ligne ou pas, en 2020. Il n’existe pas de statistiques concernant les montants extorqués.

Pour Olivier Bogaert, commissaire fédérale spécialiste de la cybercriminalité, les réseaux sociaux constituent un lieu privilégié pour récupérer toutes sortes de données qui permettront ensuite d’usurper une identité : "Les gens dispersent sur les réseaux sociaux abondement des informations sur leur vie personnelle comme leur âge, date de naissance, lieu de domicile, lieu de travail et leur fonction ou encore leur numéro de téléphone", dit-il.

Il insiste aussi sur le fait qu’il ne faut jamais donner via internet une photo ou une copie de sa carte d’identité. Il existe des mécanismes de contrôle sur les plateformes officielles comme le lecteur de carte bancaire ou d’identité. Le commissaire ajoute que l’application Itsme est un autre moyen d’identification tout à fait efficace et assez sûr.

Enfin, dans le cas d’une recherche d’un bien pour vos vacances, Olivier Bogaert livre une astuce : "Si vous recevez les photos du bien en location, téléchargez-les sur votre bureau. Ensuite allez dans Google images et cliquez sur l’icône appareil photo dans la barre de recherche. Ensuite importez les photos du bien téléchargés précédemment. Selon les résultats que Google affichera, vous pourrez vérifier si les photos ont été prises à partir d’internet et détournées, si tel est le cas, il s’agit surement une arnaque."

Aitor Benitez

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