Un rapport remet en cause la gestion des inondations et conclut que les autorités auraient pu prévoir et anticiper la catastrophe

Les autorités auraient-elles pu prévoir les inondations de juillet et anticiper l'ampleur de la catastrophe ? Selon un rapport du système d'alerte européen (Efas) que RTL INFO s'est procuré, les prévisions météo étaient suffisamment alarmistes pour que les autorités réagissent, de plus, des avertissements avaient été lancés 4 jours avant le drame... La commission d'enquête du parlement de Wallonie entend aujourd'hui ceux qui sont mis en cause dans ce rapport.

Deux mois après les inondations, un rapport que RTL INFO s'est procuré indique que des alertes avaient été lancées avant que la catastrophe ne se produise les 14, 15 et 16 juillet dernier. Dans ce rapport, il est écrit que le système européen d'alerte inondation (EFAS) avait commencé à lancer des avertissements 4 jours avant le drame, soit le 10 juillet. Le rapport estime aussi que les prévisions étaient suffisamment alarmistes pour que les autorités prévoient ce qui allait se passer.

La gestion des inondations par le Service public wallon (SPW) est ainsi remise en cause. "Dès le lundi 12 juillet à 12h, on prévoit des inondations de type catastrophique à l'échelle des bassins de la Vesdre et de l'Ourthe en Wallonie. Donc ça c'est un élément dont avait connaissance le service public de Wallonie!", confie François Desquesnes, chef du groupe CDH au Parlement Wallon.

"Les cartes de l'EFAS sont publiques 30 ou 40 jours après avoir été émises. Nous les avons consultées et il apparaît que dès le 12 juillet à midi, les alertes inondations étaient claires. Ces mails ont-ils été ouverts? Et les cartes ont-elles été bien comprises?", s'interroge François Desquesnes. "La Région se défend en affirmant que ce n'était pas précis. Mais quand on regarde les cartes, on constate que c'était au contraire extrêmement précis 48 heures avant les inondations. Pourquoi n'a-t-on pas pris la mesure de ce qui allait se passer?", poursuit-il. 

"Ce retard, dès le départ, a ensuite conditionné toute la chaîne de réaction. Nous devons comprendre pourquoi et où les informations de l'EFAS se sont perdues", ajoute le chef de groupe des humanistes.

Dès 9h ce matin, les mis en cause seront interrogés par la commission d'enquête 

La commission d'enquête du parlement de Wallonie qui enquête sur la gestion des inondations interroge ce vendredi 17 tous ceux qui sont mis en cause dans ce rapport. A commencer par le service public de Wallonie dont on se demande s'il a bien reçu les cartes envoyées par le système d'alerte européen, et surtout, s'il les a consultées.

"Contrairement à ce que ces services disaient, il y a des informations détaillées et précises qui identifient quasiment au kilomètre carré près où l'inondation sera catastrophique. On n'a pas utilisé ces informations à temps et on aimerait comprendre pourquoi", s'indigne François Desquesnes.

Le rapport sera donc présenté ce matin lors de la commission wallonne sur les inondations. Plusieurs personnes seront entendues dès 9h:

- Le chef du Service Scientifique Prévisions du temps à l'IRM, David Dehenauw
- Le directeur de la Gestion hydrologique au Service public de Wallonie, Philippe Dierickx
- Un représentant du système européen d'alerte aux inondations (EFAS)

Grâce à cette commission d'enquête, on comprendra peut-être aussi pourquoi l'Institut royal météorologique (IRM) n'a lancé qu'une alerte jaune 48h avant la catastrophe, et surtout, pourquoi l'alerte rouge n'est arrivée que le 14 juillet au moment où la situation était déjà hors de contrôle... David Dehenauw, chef de l'IRM, se défend. "Je suis tout à fait serein, j'ai la conscience tranquille. Mais il faut quand même voir ce qu'on peut améliorer avec tous les partenaires", déclare-t-il. 

De nombreuses questions 

François Desquennes ne compte pas en rester là, il a une série de questions à leur poser : "Le lundi 12 juillet, 48h avant la catastrophe, une alerte précise annonçant une inondation exceptionnelle est reçue à la Région wallonne. Les questions qu'on se pose c'est, qu'en a fait la région wallonne? Quelles sont les alertes qui ont été données? Qui en a été averti dans la hiérarchie, est-ce que le ministre Philippe Henry a été averti? Est-ce qu'on a activé le centre régional de secours? Pourquoi n'a-t-on pas prépositionné les moyens de secours? Pourquoi n'a-t-on pas donné des alertes à la population?", s'interroge-t-il. 

"J'espère que les personnes que nous auditionnerons diront la vérité et qu'on pourra surtout, en tirer des leçons pour que cela ne puisse plus jamais se reproduire", a-t-il conclu. 

L'audition du chef de l'IRM

Avant d'aborder ces questions, les parlementaires régionaux ont écouté David Dehenauw, chef du service scientifique prévisions du temps à l'IRM, expliquer la chronologie des prévisions émises par l'institut à partir du lundi 12 juillet. "Ce jour-là, plusieurs modèles prédisaient déjà des quantités énormes pour le 14 juillet, avec entre 100 et 150 mm attendus localement au sud du sillon Sambre-et-Meuse", a-t-il notamment expliqué.

"Ce qui tombe normalement en deux mois allait tomber en deux jours. C'était des données très claires pour les spécialistes. J'étais convaincu qu'il allait se passer quelque chose de grave", sans pour autant pouvoir déclencher une alerte rouge, celle-ci ne pouvant être lancée que 12 heures avant l'événement, a poursuivi David Dehenauw.

Pas question non plus pour l'IRM de parler d'éventuelles inondations. "Nous prévoyons le temps mais pas son impact car nous n'avons ni les compétences - ça dépend de la Région - ni les connaissances pour le faire. Evaluer cet impact, c'est un autre métier", a encore indiqué le responsable de l'IRM en estimant par ailleurs qu'une "collaboration plus étroite pourrait être entretenue avec le service hydrologique du SPW".

RTL INFO avec Vincent Legraive

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