Des chercheurs belges scrutent le permafrost, bombe à retardement pour le climat: "Essentiel pour préciser l'impact du dégel"

Des chercheurs et chercheuses de l'UCLouvain mènent une mission en Suède depuis la mi-septembre pour observer les changements du permafrost, ce sol perpétuellement gelé qui recouvre environ un quart de l'hémisphère nord et dont la fonte fait craindre aux scientifiques l'émission de gaz à effet de serre supplémentaires.

Sous l'effet de la hausse des températures, la période de transition entre l'été et l'hiver s'allonge et empêche le permafrost de regeler complètement en hiver. Selon les experts du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), ce phénomène favorise la décomposition de matières organiques jusque là protégées par le gel et conduit à la libération de gaz à effet de serre emprisonnés sous terre.

"Jusqu'à présent, la baisse des températures en hiver suffisait à regeler la couche de surface du permafrost et donc à limiter les quantités de gaz libérées, mais avec la hausse des températures en Arctique, le dégel du sol est devenu bien plus profond et une partie reste dégelée en hiver", explique la coordinatrice de la mission et professeure à la faculté des bioingénieurs de l'UCLouvain, Sophie Opfergelt, citée dans un communiqué de l'université louvaniste.

Déployés dans la station de recherche scientifique d'Abisko, à quelque 200 kilomètres au nord du cercle polaire, les sept chercheurs et chercheuses belges scrutent ce que le dégel du permafrost libère comme éléments minéraux durant la période de transition été-hiver. "Cette mission est une étape essentielle pour préciser l'impact du dégel sur les quantités de gaz à effet de serre émises dans l'Arctique", poursuit Sophie Opfergelt. Analyses des sols et des rivières, mesures de l'humidité et de la température.... En deux mois de mission, l'équipe aura parcouru plus de 2.000 kilomètres pour prélever quelque 600 échantillons et effectuer 500 mesures de la profondeur de dégel. Les échantillons collectés seront analysés dans les laboratoires de l'UCLouvain.

De nombreuses études font état d'un réchauffement climatique trois fois plus rapide en Arctique. "A l'échelle de l'Arctique, les prédictions indiquent qu'un tiers du permafrost aura disparu d'ici la fin de ce siècle", conclut Sophie Opfergelt.

Agence belga

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