Le variant Omicron, une bonne nouvelle pour doper notre immunité naturelle? La réponse de ce spécialiste

Entre le 11 et le 17 janvier, 31.780 nouvelles contaminations au Sars-CoV-2 ont été dépistées en moyenne par jour, soit une augmentation de 34% par rapport à la semaine précédente, selon les chiffres de l'Institut de santé publique Sciensano mis à jour vendredi matin. Concernant les nouvelles hospitalisations, elles sont de 255 en moyenne entre le 14 et le 20 janvier (+39%). Les contaminations explosent mais le nombre d'hospitalisations n'augmentent pas de la même façon. 

Comment peut-on analyser ces chiffres? Nathan Clumeck, professeur émérite de l’ULB, spécialiste des maladies infectieuses donne un éclairage. "Dans les faits, Omicron, qu’on soit vacciné ou pas, on peut l’attraper. Le vaccin ne protège pas de la transmission. Il protège de la maladie. Il faut se faire vacciner pour éviter de développer des formes graves de la maladie et d’autant plus quand on est à risque (les personnes âgées ou immunodéprimés). La vaccination, ce sont pour ces gens-là. Pour la transmission, Omicron se transmet donc il faudrait trouver le moyen de bloquer la transmission et ce n’est pas le vaccin. Une manière de bloquer la transmission, c’est d’avoir un masque très efficace. C’est pour ça qu’on dit ‘mettez un masque FFP2’ pour ceux qui sont à risque. Pour le reste, le virus circule et donc on arrive à ce que moi j’appelle "une vaccination naturelle"", explique-t-il au micro de Bel RTL à 7h50.

Proche d'une immunité collective ?

Peut-on parler d'immunité ? "L’immunité est la conséquence d’une stimulation. Une stimulation peut être provoquée par un vaccin ou par un virus. La mortalité due au coronavirus, c’est moins de 2 % si ramené à la population générale. Donc 98% guérissent parce qu’ils sont capables de réagir par leur immunité naturelle. Omicron est en train de se répandre et est en train de renforcer l’immunité naturelle de tous ceux qui n’ont pas encore été infectés", réagit-il.

Toutefois, cette immunité naturelle est moins efficace. "On a montré que l’immunité naturelle est un peu moins bien quand on la compare au vaccin : 85% d’efficacité par rapport à 90 % pour les vaccins ARN messager. Elle dure un peu près la même chose, peut-être un peu moins longtemps et elle se rebooste si on est en contact avec le virus", ajoute-t-il.

Est-ce une bonne nouvelle pour doper notre immunité collective ? "Exactement. On peut évoquer l’hypothèse que la population étant immunisée, ça va être difficile pour un autre variant de pénétrer. 75% de la population est déjà immunisée par le vaccin". Qu'en est-il des doutes sur l'efficacité ? "Quand on a des doutes sur la durée, on parle de l’immunité par anticorps. Quand on parle de l’immunité cellulaire, celle qui arrive à détruire le virus, elle, elle persiste plus longtemps et elle couvre le virus, dans son entièreté quel que soit le mutant", affirme le spécialiste.

Pour Nathan Clumeck, on doit s'inspirer des mesures prises en Italie et en Grèce. En Italie, la vaccination des plus 50 ans est obligatoire et en Grèce, ce sont les personnes de 60 ans et plus qui doivent obligatoirement se faire vacciner. "C'est une bonne idée parce que ce sont eux qui sont dans les soins intensifs", précise-t-il. 

Pour lutter contre le virus, d'autres médicaments seront bientôt sur le marché. Un vaccin nasal est aussi en cours d'expérimentation et arrivera dans les mois qui viennent. Ce spray "nasal" va activer l'immunité locale qui va bloquer l'entrée du virus. "Quand il y aura ce vaccin nasal, plus le vaccin par injection, plus les médicaments, nous serons dans une situation plus confortable qu'actuellement", conclut-il.

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