Le bio ne se vend plus: voici pourquoi certains producteurs pensent revenir au conventionnel

Le bio ne se vend plus: voici pourquoi certains producteurs pensent revenir au conventionnel

Les temps sont rudes pour les producteurs bio : l'offre est, en ce moment, plus importante que la demande pour ces fruits et légumes. La situation est telle, que certains cultivateurs bio doivent se débarrasser d'une partie de leur production, alors que d'autres, se demandent s’ils ne vont pas devoir retourner à l’agriculture conventionnelle, plus rentable.

Pour Thomas Schmidt, chargé de mission au collège des producteurs wallons pour le secteur bio, une baisse de la demande survient chaque année, en cette période : "Pendant la période des vacances, il y a des difficultés, parce que c'est à ce moment-là que la production est plus importante et que la demande est la moins forte, car les gens partent en vacances" explique-t-il. "Cette année, c'est accentué, parce que les gens partent encore plus en vacances. Les gens ont moins d'argent à consacrer à la nourriture et plus à l'énergie par exemple" précise Thomas Schmidt.

Résultat : il y a moins de produits bio vendus depuis le début de l’année, et les chiffres d'affaires en baisse pour un secteur habitué jusqu’ici à la croissance. Certains producteurs doivent aujourd'hui réfléchir à des solutions. C'est le cas de Cédric Dumont, agriculteur bio à Ramillies en Brabant wallon : "Si économiquement, on voit qu'on ne s'en sort pas en 2022, 2023 sera réorienté vers le conventionnel qui, aujourd'hui, est plus rentable que le bio".

Ce ralentissement est une première alors que les années 2020 et 2021 avaient été exceptionnelles. La baisse dans le secteur a commencé à se ressentir dès la fin des confinements et s’accentue ces derniers mois, avec les budgets des ménages soumis à la montée des prix de l’énergie. Les chiffres du secteur bio reviennent ainsi à un niveau inférieur de celui de l'avant-pandémie.

Les cultivateurs se retrouvent avec de nombreux invendus, dont il faut faire quelque chose. "La production est stockée, cela nécessite beaucoup d'énergie et tout le monde sait que ça a augmenté, donc ce n'est économiquement plus faisable" justifie Cédric Dumont. Pour éliminer cette surproduction, "il n'y a pas 35 solutions" affirme-t-il : "Ou bien c'est pour le bétail, s'il est encore valorisable et ne coûte pas trop cher, sinon ça part directement à la méthanisation pour faire du biogaz".

Au 31 décembre 2021, la Wallonie comptait 1.969 fermes bio. Autrement dit, 15% des fermes wallonnes sont bio, tout comme un hectare agricole wallon sur huit. Si la filière a le vent en poupe depuis plusieurs années au sud du pays (près de 1.000 fermes bio en plus en 10 ans), la croissance a été faible en 2021, avec seulement 68 fermes bio supplémentaires. Depuis 2010, les surfaces consacrées à l'agriculture biologique en Wallonie ont été multipliées par deux mais on reste très loin de l'objectif du gouvernement wallon de voir porter en 2030 la part du bio à 30%.

RTL Info avec Bernard Lobet

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