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Les flammes continuent de ravager les forêts en Gironde: "Nous avons lutté toute la nuit"

Près de 6.800 hectares de forêt de pins étaient partis en fumée ce jeudi matin après des reprises de feu mardi après-midi du gigantesque incendie en Gironde, dans le sud-ouest de la France, ont indiqué les autorités locales. "Près de 1.100 sapeurs-pompiers sont engagés", a ajouté la préfecture, précisant que des "renforts supplémentaires" étaient encore attendus sur les lieux.

Le bilan de cet incendie, qui s'est déclaré à Saint-Magne mardi après-midi, s'est donc alourdi de 600 hectares de pins brûlés dans la nuit, dans le secteur de Hostens, à la frontière avec le département des Landes, également rattrapé par les flammes, portant le total à 6.800 hectares.


"Sans pour autant avoir stoppé sa propagation, nous l'avons bien limité"

"Nous avons lutté toute la nuit", a précisé ce jeudi matin le lieutenant-colonel Arnaud Mendousse du service départemental d'incendie et de secours de Gironde (Sdis 33). "C'est un feu qui s'est propagé extrêmement rapidement la première nuit, et qui a progressé (cette nuit) plutôt vers le nord, vers le bourg de Belin-Béliet".

Ce jeudi matin, le lieutenant-colonel détaille à notre envoyée spéciale Laura van Lerberghe les difficultés que rencontrent les pompiers, "La difficulté principale de cet incendie est son comportement relativement aléatoire. Il progresse dans toutes les directions à la fois. Cela nous demande d'être extrêmement réactif et de contrer le feu partout où il se propage".

"Un paysage lunaire"

Dans le quartier de Belin-Béliet notre journaliste constate ce mercredi midi que les flammes ont tout ravagé: "J'ai vu un quartier avec des maisons complètement défigurées, détruites par ces flammes comme vous l'avez dit. On avait l'impression d'être dans un paysage lunaire et d'un côté il y avait un caractère irréel. Le sol était couvert de cendres. Il était noir. Ce qui était assez étrange, c'est qu'on voyait que le feu s'était arrêté dans le fond de ces jardins. Et à côté, certaines maisons étaient complètement intactes. Le quartier est désertique. Certains habitants sont venus rechercher leurs dernières affaires. Ils étaient assez émus de voir ce qu'il se passait et ce que leur quartier était devenu. Nous-mêmes nous avons dû être escortés par les pompiers pour pouvoir accéder à cette zone."

La sécheresse sévit toujours sur la région, et les températures caniculaires qui "devraient se maintenir jusqu'à samedi et se conjuguent avec un air très sec" créent un "risque très sévère d'éclosion de feu", selon un communiqué de la préfecture, qui évoque la végétation et les sols "particulièrement secs après plus d'un mois sans pluie".

Malgré ces "conditions climatiques extrêmes", "le feu est resté contrôlé dans une zone que nous avions envisagée hier (mercredi) en fin de journée", a annoncé Arnaud Mendousse. "Sans pour autant avoir stoppé sa propagation, nous l'avons bien limité cette nuit."


Près de 10.000 personnes ont été évacuées

Depuis mardi soir, dix-sept maisons ont été détruites par les flammes, mais aucune cette nuit, a souligné le lieutenant-colonel. Près de 10.000 personnes ont été évacuées, dont 2.000 dans le département des Landes. La majorité a pu être relogée et aujourd'hui, "aucune autre évacuation n'est envisagée pour le moment", a ajouté Arnaud Mendousse.

Face à la reprise "violente" des feux en Gironde, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé mercredi le renforcement des moyens qui comprennent désormais "plus de 1.000 sapeurs-pompiers, 9 avions et de deux hélicoptères bombardiers d’eau".


L'impact des fumées "assimilable à celui d'un pic de pollution intense"

L'autoroute A63 de Bordeaux à Bayonne est coupée dans les deux sens au niveau de Saint-Geours-de-Maremme, la fumée environnante représentant un "risque pour les usagers", et les sapeurs-pompiers espèrent en faire un moyen de "défense (...) si le feu reprend sa marche en avant".

L'Agence régionale de santé a estimé dans un communiqué que "l'impact des fumées" dégagées par l'incendie - et visibles à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde - était "assimilable à celui d'un pic de pollution intense", et recommandait "fortement de porter un masque de protection".

La Gironde a été frappée à la mi-juillet par deux incendies "hors normes", un à Landiras, à 40 km au sud de Bordeaux, le second à la Teste-de-Buch sur le bassin d'Arcachon, qui ont brûlé au total 20.800 hectares, entraînant l'évacuation de plus de 36.000 personnes.

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