"Chair tendre": chronique sensible d'une ado intersexe sur France 5 et Slash

"Chair tendre": chronique sensible d'une ado intersexe sur France 5 et Slash
"Chair tendre": chronique sensible d'une ado intersexe sur France 5 et Slash

Nouvelle pépite de France tv slash, la série "Chair tendre" dresse le portrait sensible d'une adolescente intersexe, abordant avec délicatesse un sujet quasiment inexistant dans les médias mais cher à sa créatrice, Yaël Langmann, attentive à sa "juste représentation".

Disponible en intégralité à partir de vendredi 18H sur la plateforme de France Télévisions dédiée aux jeunes adultes, la fiction, sacrée meilleure série française à Séries Mania, sera également diffusée sur France 5 en soirée.

En dix épisodes d'une vingtaine de minutes, elle retrace la quête d'identité de Sasha (Angèle Metzger), la nouvelle du lycée, genrée depuis quelques mois au féminin après avoir été élevée comme un garçon, ce que ne savent pas ses nouveaux camarades.

Car Sasha, victime d'un "mensonge" et de multiples opérations depuis l'enfance, a découvert qu'elle était née intersexe, ni fille ni garçon.

"Le mot intersexe n'existait pas" à la fin des années 1990 lorsque Yaël Langmann a assisté, ado, à une prise de conscience similaire de la part d'un ami dont la "construction identitaire s'est complètement effondrée", relate-t-elle à l'AFP pour expliquer l'origine de son projet.

"Ça a été terrifiant et bouleversant à observer. Cette personne très assumée dans son genre allait très bien" jusqu'à ce que son médecin lui "balance qu'il est hermaphrodite".

Ce terme, "biologiquement erroné" selon le collectif intersexe activiste, puisqu'il désigne des "êtres mi-mâles, mi-femelles, avec un double appareil génital fonctionnel" a depuis laissé place à l'intersexuation, qui concerne jusqu'à 1,7% des naissances et implique des caractéristiques anatomiques, chromosomiques ou hormonales ne relevant pas strictement de l'un ou l'autre sexe.

Un sujet tabou qui a suscité des "rejets violents" de la part des producteurs sollicités par Yaël Langmann depuis qu'elle s'est lancée dans l'écriture de son scénario en 2012. Preuve, selon la réalisatrice, qu'"il fallait raconter cette histoire".

Passé un "long chemin de croix", son projet a séduit la productrice Clara Laplace, en quête d'une série sur le mal-être adolescent, puis la plateforme France TV slash, en pointe sur les questions de diversité, plus audibles dans un "monde qui a changé".

Le résultat a convaincu les critiques mais a surtout été bien reçu par la communauté intersexe, se réjouit Yaël Langmann, qui en faisait une priorité.

Elle a ainsi sollicité Loé Petit, qui a co-fondé le collectif Intersexe, afin de ne pas "trahir" toute une communauté. Tout en retranscrivant au mieux le sentiment d'être "anormal et inadapté", finalement ressenti par "tout l'entourage" de Sasha.

AFP

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