Ouverture du procès en appel de deux hommes impliqués dans l'assassinat d'un policier

Ouverture du procès en appel de deux hommes impliqués dans l'assassinat d'un policier
Ouverture du procès en appel de deux hommes impliqués dans l'assassinat d'un policier

Le procès en appel de deux hommes impliqués dans l'assassinat du gardien de la paix Xavier Jugelé sur l'avenue des Champs-Elysées en avril 2017 s'est ouvert lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Le 20 avril 2017, Karim Cheurfi avait tué le policier Xavier Jugelé et blessé deux de ses collègues ainsi qu'une touriste allemande, avant d’être abattu par des tirs de riposte.

En première instance, quatre hommes accusés de l'avoir aidé à se procurer son fusil d'assaut avaient été jugés.

Condamné à dix ans de prison alors que le Parquet national antiterroriste (Pnat) avait réclamé 18 ans de réclusion à son encontre, Nourredine Allam, 32 ans, est l'un des deux accusés à comparaître de nouveau devant les juges.

Il est jugé pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime aux côtés de Médérik Marinne, 29 ans, seul accusé acquitté en première instance et qui comparaît libre, sous contrôle judiciaire.

"Je n'ai pas dit toute la vérité car j'ai eu peur" lors du premier procès, a admis d'emblée Nourredine Allam. Il a reconnu avoir servi d'intermédiaire entre le tueur et Yanis Aidouni et Mohamed Bouguerra, les deux hommes accusés d'avoir vendu la kalachnikov à Nourredine Allam et qui, en première instance, ont été respectivement condamnés à six et cinq ans d'emprisonnement.

MM. Aidouni et Bouguerra ne sont pas jugés en appel.

"Je n'ai pas acheté l'arme. J'ai seulement mis en relation" Cheurfi avec Aidouni et Bouguerra, a insisté Nourredine Allam, cheveux ras, gilet et blouson noirs.

Accusé d'avoir revendu une kalachnikov au tueur, Nourredine Allam, qualifié de "petit escroc" par les enquêteurs, avait été jugé en première instance pour association de malfaiteurs terroriste. Mais cette qualification n'avait pas été retenue par la cour qui avait estimé que le "simple fait de vendre une arme à un individu dangereux susceptible de tuer des policiers ne suffit pas à caractériser une infraction terroriste".

Comme en première instance, la principale question du procès en appel sera de déterminer si Nourredine Allam a armé Karim Cheurfi en connaissance de cause. L'accusation avait concédé que Nourredine Allam n'était pas "radicalisé" et que sa seule motivation était l'appât du gain.

L'organisation Etat islamique (EI) avait revendiqué de façon opportuniste l'attentat se trompant au passage dans son communiqué sur l'identité de l'assaillant.

Jugé pour détention non autorisée de matériel de guerre, Médérik Marinne, ancien animateur scolaire et fils de policier, a été le seul accusé acquitté en première instance. Ses empreintes avaient été retrouvées sur l'arme du tueur.

Lors de ses interrogatoires, il avait expliqué avoir touché l'arme "par accident" alors qu'il était en compagnie de Yanis Aidouni et Mohamed Bouguerra.

"Je n'ai rien à voir avec cette affaire. Je suis fatigué. Je n'ai vraiment rien à voir avec ça", a dit le jeune homme, en pantalon blanc et gilet noir, à l'occasion de ses premières déclarations devant la cour.

Le procès est prévu jusqu'au 7 octobre.

AFP

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