Un garçon de six ans sorti vivant des décombres 48 heures après le séisme qui a secoué l’Indonésie

Un garçon de six ans est sorti vivant après avoir été enseveli sous les décombres pendant deux jours à la suite du séisme meurtrier qui a fait au moins 268 morts dans la province indonésienne de Java Ouest. La police indonésienne a également diffusé les images d'une femme et d'un bébé en train d'être secourus la veille.

Les victimes du séisme réclamaient de l'aide mercredi aux services de secours dont les efforts pour retrouver des survivants étaient ralentis par de fortes pluies et de nouvelles répliques. Les autorités ont averti que les décombres devaient être dégagés en urgence autour de la ville de Cianjur, la plus touchée par le tremblement de terre, pour prévenir des crues soudaines ou des coulées de boue qui risquent d'être déclenchées par les fortes pluies prévues ces prochains jours.

Des villageois restent pris au piège, sans eau ni électricité

Une secousse de magnitude 5,6 a frappé lundi la province de Java occidentale, la plus peuplée de l'archipel d'Asie du Sud-Est. Le dernier bilan de la catastrophe fait état de 268 morts, un millier de blessés et 151 disparus. Mais de fortes pluies et de nouvelles répliques du séisme ralentissaient mercredi les opérations de recherche de survivants dans une dizaine de villages où plus de 20.000 maisons ont été détruites. Une réplique de magnitude 3,9, fortement ressentie, a déclenché la fuite en panique de personnes déplacées hors de leur abri mercredi matin, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Deux villages, parmi les plus éloignés, restent encore isolés, a expliqué Henri Alfiandi, chef du service des secours dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. "Les gens là bas ne peuvent même pas appeler à l'aide", dit-il notant que trois hélicoptères ont été envoyés pour apporter de l'aide. Des villageois restent pris au piège, sans eau ni électricité, et certains doivent dormir à côté de leurs morts, rapporte-t-il.

Dans les localités plus proches de Cianjur, des habitants cherchent à récupérer parmi les ruines des photos de famille, des livres religieux et des certificats de mariage deux jours après la catastrophe qui a détruit leur maison.

Tout manque

"On a eu de l'aide alimentaire, mais ce n'est pas suffisant. Nous avons du riz, des nouilles instantanées, de l'eau minérale, mais pas assez", explique à l'AFP Mustafa, 23 ans, un habitant du village de Gasol.

Il fouille les décombres de la maison de sa voisine âgée, à sa demande. Revenant avec une pile de vêtements, il repart pour récupérer du riz, un réchaud à gaz et des poêles. "Nous n'avons pas de vêtements et nous ne nous sommes pas changés depuis des jours", confie-t-il.

"Nous avons besoin d'aide" réclament des panneaux placés devant des maisons endommagées et des tentes dans le village de Talaga.

Plus de 58.000 personnes ont été déplacées par le séisme, a indiqué l'agence de gestion des catastrophes mardi. Le gouvernement a déployé plusieurs milliers de militaires et policiers et apporte de l'aide alimentaire et des tentes mais les besoins sont immenses.

Sur place, tout manque, explique Yunisa Yuliani, une habitante de 31 ans. "Mon enfant a de la fièvre et ne peut pas manger. Il y a beaucoup de personnes âgées ici et d'enfants. Les enfants ont besoin de lait, de couches, de nourriture et de médicaments", énumère-t-elle.

Les habitants de Cianjur ont commencé à enterrer leurs proches selon les rites islamiques après avoir été autorisés à récupérer les dépouilles dans les morgues. Au milieu du désastre, un couple victime du séisme a pourtant retrouvé espoir mercredi. Mimin, 52 ans, et son mari Rosyid, 67 ans, fouillaient les décombres de leur maison dans l'espoir de retrouver ce qu'ils avaient de plus précieux: une bague en or de deux grammes.

Ils ont d'abord extrait des vêtements des débris, les ont palpés et secoués, jusqu'à apercevoir le bijou brillant qui est tout ce qui leur reste. "Grâce à Dieu! j'ai trouvé la bague!", a crié de joie Mimin.

Risque de glissement de terrain

Les autorités ont averti du risque de nouvelle catastrophe naturelle. Pendant la saison des pluies, qui a commencé et culminera en décembre, l'archipel est sujet aux glissements de terrains et aux crues subites.

Or, les services météo annoncent des orages, potentiellement dangereux après un tremblement de terre. "Nous devons être vigilants sur une potentielle deuxième catastrophe naturelle, comme un glissement de terrain", a averti Dwikorita Karnawati, chef de l'agence de météorologie, climatologie et géophysique. "Nous devons dégager en urgence les matériaux et les débris qui encombrent les cours d'eau dans les collines les plus hautes".

Située sur la "ceinture de feu" du Pacifique où les plaques tectoniques se rencontrent, l'Indonésie est régulièrement confrontée à des tremblements de terre ou des éruptions volcaniques.

Ce séisme est le plus meurtrier en Indonésie depuis 2018, quand la région de Palu (île de Célèbes) avait été frappée par un tremblement de terre et un tsunami qui avait causé la mort de plus de 4.000 personnes.

AFP

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