Disparition du parc Léopold à Namur: le bourgmestre et les échevins ne renonceront pas à leur projet de centre commercial

La Ville de Namur défend son projet de centre commercial non pas pour la plaisir de créer la contestation mais bien parce qu'il est indispensable face à la menace réelle de création d'un grand complexe commercial en périphérie de Namur qui aspirerait toute la clientèle du centre-ville, a indiqué jeudi le bourgmestre de Namur, Maxime Prévot, lors d'une conférence de presse concernant l'aménagement du parc Léopold et le projet de construction d'un centre commercial de quelque 23.000 mètres carrés.

Le bourgmestre et les échevins de namur ne renonceront pas à leur projet mûri depuis des années pour des raisons qu'ils estiment fondamentales. "Il concerne l'avenir de notre ville et nous avons la conviction qu'il est indispensable pour redynamiser le nord de la Corbeille. Tous les arguments rationnels plaident pour ça", commente le bourgmestre, qui regrette que l'émotionnel ait pris le dessus dans ce dossier.


Revitalisation du haut de la ville

Pour lui, tout ne se réduit pas à la question des arbres du square Léopold et le projet de centre commercial est une pièce d'un puzzle de revitalisation du haut de la ville. Selon le collège, Namur doit maîtriser elle-même son développement commercial pour préserver la qualité de son coeur de ville et son piétonnier.

Ainsi, pour le collège, l'alternative défendue lundi par le Collectif pour la sauvegarde du Parc Léopold, qui propose un ensemble de magasins de 15.000 mètres carrés et la préservation du parc, ne tient pas la route. "C'est un volume de commerces beaucoup trop petit pour dissuader l'implantation d'un autre complexe commercial en périphérie. Par contre, 20.000 à 23.000 mètres carrés, c'est suffisant pour dissuader les opérateurs privés de créer une offre en périphérie et ne pas asphyxier les commerces du centre-ville", explique Maxime Prévot.


Le centre commercial va créer des emplois

Le centre commercial sera connecté directement aux rues commerçantes pour participer correctement à la dynamique urbaine et attirera des enseignes encore inexistantes à Namur et donc complémentaires aux commerces actuels. Il créera en outre des centaines d'emplois. Le projet prévoit également la construction d'un parking souterrain comprenant 800 à 1.000 places. "En construisant un parking souterrain, on ne sait pas garder les arbres car ils constitueraient des sources d'infiltration d'eau. Si les deux étaient possibles, on aurait évidemment sorti ce lapin de notre chapeau depuis longtemps", poursuit le bourgmestre.


300 arbres replantés

La Ville s'est néanmoins engagée à replanter 300 arbres et arbustes et à créer trois nouveaux parcs publics. Les échevins se sont dits "collectivement choqués" des sous-entendus "fallacieux" portés par Marcel Guillaume, porte-parole du Collectif, qui craint que les fonctionnaires présents au dépouillement de la consultation populaire du 8 février subissent certaines pressions des membres du collège.

D'après le bourgmestre, certains fonctionnaires se sont sentis insultés. Sur ce point, l'échevine Anne Barzin rassure: il n'y aura pas que des fonctionnaires mais aussi des citoyens. De plus, chaque parti (dont le PS, dans l'opposition à Namur) pourra envoyer un témoin dans les cinq bureaux de dépouillement. Même si nous n'y sommes pas obligés, nous autorisons le collectif à avoir un témoin dans chacun de ces bureaux. Nous espérons ainsi éviter tout procès d'intention", a-t-elle commenté.


La consultation populaire décidera

Enfin, Maxime Prévot déplore les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux parodiant les clips réalisés par la Ville en faveur du "Oui" au projet. "Nous n'avons rien contre les parodies mais on fait dire désormais à ces personnes présentes dans nos vidéos quelque chose de contraire à ce pourquoi ils ont donné leur accord. C'est une infraction", a-t-il prévenu. De son côté, le PS namurois a rappelé mercredi qu'il n'était pas contre la création d'un centre commercial mais que cela ne devait pas se faire "n'importe comment" et regrette la disparition du parc. Par ailleurs, le Collectif indique qu'une de ses actions a été interrompue par la police au marché de Jambes jeudi matin. Alors que les bénévoles avaient déployé des banderoles invitant les citoyens à voter trois fois "Non" à la consultation populaire, la police leur a demandé de les replier.

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