Il y a un an, les habitants de Walcourt protestaient contre l'arrivée des migrants, aujourd'hui, ils regrettent leur départ

Il y a un an, la commune de Walcourt annonçait à ses habitants l'ouverture de deux centres d'accueil pour réfugiés. L'annonce avait provoqué une vague de protestations et d'hostilité. Aujourd'hui, les centres doivent fermer, et la situation a bien changé: la population regrette déjà les migrants qu'elle a côtoyé pendant un an. Notre journaliste Olivier Patzelt s'est rendu sur place.

Deux centres d'accueil avaient été ouverts il y a un an à Chastrès et Thy-le-Château pour faire face à la vague de migrants arrivés en Belgique. À l'époque, les habitants redoutaient une vague de vols et d'agressions.

Finalement, rien de tout cela ne s'est passé et le calme est rapidement revenu dans la région. "L'hostilité s'est très vite estompée. Ici on fonctionne depuis un an avec un comité citoyen extrêmement actif, des bénévoles très actifs au niveau de nos centres, un grand soutien de la population, des autorités communales et une bonne collaboration avec la police", explique Frédéric Staes, directeur des deux centres de réfugiés, à Olivier Patzelt.


Licenciement collectif: 36 emplois perdus

Un an après l'ouverture des centres, le flux migratoire a diminué, et les autorités ont décidé de fermer les établissements d'accueil. "Le contrat est respecté. Au départ on savait que c'était pour un an. Vu la pression migratoire qu'il y avait l'année dernière, on pensait continuer plus longtemps, trois ans, donc c'est vrai que c'est un peu décevant, mais c'est qu'on n'a plus besoin de nous", précise Frédéric Staes.

Le centre de Thy-le-Château a fermé ce mardi 1er novembre, alors que celui de Chastrès ferme ce 3 novembre. La première conséquence concerne l'emploi: 36 personnes travaillaient dans les centres. "Ça veut dire un licenciement collectif pour l'ensemble du personnel. Les équipes étaient engagées de façon locale, donc on a pas mal d'employés qui habitent le village de Thy-le château et l'entité de Walcourt de façon générale", explique le directeur des centres.


"On n'a rien à dire sur eux, tout s'est bien passé"

Pour les réfugiés, trois destinations sont possibles selon leur situation et l'état de leur demande d'asile. "Soit un transfert vers les initiatives locales d'accueil, soit vers des centres fédéraux, soit des places de retour pour les résidents qui ont des décisions négatives au niveau de l'Office des étrangers", explique Frédéric Staes.

Dans les villages, on déplore le départ de ces réfugiés et des familles accueillies dans les centres. Les incidents imaginés ne se sont jamais produits, et certains villageois ont noué de vrais contacts avec eux. Etienne, boucher dans la région, va regretter les migrants. "Certainement, parce qu'il y a des gens qui sont très bien là-dedans, qui sont là, et ils n'ont pas ennuyé les gens du village". Geneviève, quant à elle, avait tissé des liens avec les personnes accueillies. "Ils ont fait un peu tourner les commerces, la petite épicerie, la librairie. On n'a rien à dire sur eux, tout s'est bien passé".


Que deviendront les écoles?

Autre conséquence du départ des migrants: les enfants accueillis dans les centres vont quitter les établissements scolaires de la région. "C'est vrai que c'est un peu triste, il y a d'ailleurs pas mal d'enfants qui sont scolarisés, parce qu'on avait beaucoup de familles dans les deux centres, et certaines écoles maternelles, notamment, ne connaissent pas leur avenir l'année prochaine, car sans nos résidents il y a une baisse effective du nombre d'inscrits", confie Véronique, directrice d'une école du village.

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