Emmanuel doit payer 440€ à la Sabam parce que sa secrétaire écoutait de la musique sur son téléphone: "C'est un peu exagéré"

Pouvez-vous recevoir une amende si vous écoutez de la musique sur votre téléphone alors que vous êtes au boulot ? Oui, selon le gérant d’une société de Farciennes qui l’a expliqué ce midi sur le plateau de C’est pas tous les jours dimanche.

La secrétaire d’une société de sécurité de Farciennes a reçu cette semaine une amende de 442 € pour avoir écouté de la musique sur son téléphone portable sans ses écouteurs, pendant ses heures de travail. Les inspecteurs de la SABAM ont en effet estimé que l’entreprise diffusait une œuvre sans en payer des droits d’auteur. Le gérant de la société n’en revient pas.

Depuis, il a reçu de nombreux témoignages de soutien d’anonymes et d’autres entreprises dans le même cas que lui. Peut-on encore écouter de la musique sans ses écouteurs tout en travaillant ? Quelles sont les règles ? Le gérant de la société, Emmanuel Yannikos, et le directeur général de la Sabam, Christophe Depreter, sont venus en débattre sur le plateau de C’est pas tous les jours dimanche en compagnie d’Emmanuelle Praet, Alain Raviart et Christophe Deborsu.


"On peut considérer son bureau comme son bureau privé"

C’est M. Yannikos qui a pris la parole en premier et a expliqué la situation. Selon lui, l’amende est exagérée. "Il est clair que c’est un peu exagéré. Du fait que cette personne écoutait son smartphone pour elle toute seule, on peut considérer son bureau comme son bureau privé et elle a sur le côté son téléphone, elle écoute de la musique classique. La Sabam constate deux morceaux, deux artistes dans l’espace de moins d’une minute. Ce que je voudrais savoir, c’est s’ils ont des outils quelconques pour pouvoir détecter ce genre de musique. Car il a identifié des morceaux qui ne sont pas de musique classique donc il y a confusion", a-t-il fait remarquer.


"Je n’arrête pas de recevoir des mails de harcèlement, de rappel assez musclés"

Il a continué en affirmant que la Sabam devenait peu à peu harcelante. "Je n’arrête pas de recevoir des mails de harcèlement, de rappel assez musclés, où à un moment on me propose même de me faire une remise de 30% si je signe un contrat. Nous sommes une société de systèmes d’alarme, nous ne sommes pas un organisateur d’événements, nous ne sommes pas une société qui organise des concerts, nous ne sommes pas une salle d’attente dans laquelle on diffuse de la musique, nous n’avons pas à payer 440€ pour quelqu’un qui écoute de la musique sur son téléphone", a-t-il indiqué.


"Maroon Five et O’Sullivan, qu’on ne vienne pas me dire que c’est de la musique classique"

Le directeur-général de la Sabam a tenu à mettre les choses au point en assurant que le gérant de la société n'était pas totalement honnêt et qu’il arrangeait la vérité. "Notre délégué, avec Shazam (application qui reconnaît les morceaux de musique), en trois minutes, il a reconnu Maroon Five et O’Sullivan, qu’on ne vienne pas me dire que c’est de la musique classique, c’est de la musique protégée. Mais je voudrais généraliser un peu le dossier. Qu’est-ce qui se passe ? La Sabam, depuis 2009, a constitué, en collaboration avec les producteurs de musique, un guichet unique qui permet aux entreprises qui veulent permettre aux employés qui veulent écouter de la musique de le faire en toute légalité. Si M. Yannikos avait demandé de l’autorisation lorsqu’on lui a envoyé le mail pour l’informer de la situation le 29 mai 2016, il aurait payé 155 euros par an pendant trois ans. Ça a augmenté parce qu’il a n’a pas répondu", a-t-il détaillé.


"Les auteurs en ont marre que tout le monde considère dans ce pays que la musique est gratuite"

Il s’est ensuite énervé en faisant remarquer que ce sont les auteurs qui pâtissent quand les entreprises ne paient pas le droit de diffuser de la musique. "Les auteurs en ont marre que tout le monde considère dans ce pays que la musique est gratuite. Il est temps que le public se dise, la musique, il faut rémunérer les auteurs. Ce ne sont pas des anges qui flottent, ce sont des gens qui mangent et qui doivent payer des études à leurs enfants."

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