AUCUN cours de français pendant 2 mois pour ces élèves de 1e secondaire: "La prof rentre des certificats tous les 9 jours, c’est donc impossible de la remplacer"

L’absentéisme des professeurs et leur non-remplacement est un sujet récurrent qui exaspère. Le fils de Bastienne n’a pas eu de cours de français pendant environ deux mois. Le délai d’absence de 10 jours n’étant pas dépassé, l’école ne pouvait pas chercher un remplaçant. Une situation intolérable et inquiétante pour cette habitante de Braine-le-Château.

"Il y a beaucoup d’enseignants absents, c’est un virus contagieux", souffle Bastienne. Cette habitante de Braine-le-Château, dans le Brabant wallon, nous a contactés fin octobre via notre bouton orange Alertez-nous pour dénoncer l’absentéisme "anormalement élevé" des professeurs à l’école de son fils, l’Institut de la Vallée Bailly à Braine-l’Alleud.

"Il est rentré en 1ère année secondaire en septembre et depuis il n'a pas encore eu de cours de français", déplore-t-elle à ce moment-là. "Sa professeure rentre des certificats médicaux tous les 9 jours. Il est donc impossible de la remplacer puisqu’il faut 10 jours d’absence. Elle revient le 10ème jour et disparaît à nouveau le 11ème", regrette la mère de famille.


"12 heures d'étude sur la semaine"...

Résultat: les élèves accumulent un retard important de plusieurs semaines. "Cela fait environ deux mois qu’ils n’ont plus cours. Et comme ils ont 6h de français par semaine, c’est énorme. D’ailleurs dans le bulletin, il n’y avait pas de points pour le cours de français", indique la maman aussi bien gagnée par la colère que l’inquiétude.

Les élèves de la classe de son fils ne sont pas les seuls touchés par l’absence de cette professeure. "Au moins quatre classes toutes années confondues sont concernées en 1ère, 2ème et 3ème", énumère Bastienne.

"Et cette semaine, les professeurs de mathématiques et de gymnastique sont également absents. Ce qui fait 12h d'étude sur la semaine. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Je suis furieuse", s’exclame la mère de famille. 


"Pas possible de la remplacer car son absence n’a pas dépassé 10 jours"

Quelques jours plus tard, la directrice de l’établissement nous confirme cette situation délicate. "Cette jeune enseignante est en congé maladie. Elle est revenue mais, malheureusement, elle a fait une rechute. On ne peut pas la blâmer. Les professeurs peuvent aussi souffrir de maladies graves, ce sont des êtres humains", estime Marie-Alexandre Laurent.

"Ce n’était pas possible pour nous de la remplacer car son absence n’a pas dépassé 10 jours. Légalement, c’est impossible d’engager un professeur remplaçant dans ce cas-là. Quand un prof est malade, il y a en fait un cadre législatif très strict à respecter, nous n’avons pas de liberté en la matière", indique la directrice.

Elle assure toutefois faire son possible pour que les enfants souffrent le moins possible de cette situation.

C’est donc le système de remplacement qui pose problème ? Pourquoi faut-il attendre 10 jours avant de pouvoir engager un enseignant "volant" ?


Quand peut-on remplacer un prof malade ? 

Tout simplement parce que c’est bien la règle en vigueur en Fédération Wallonie-Bruxelles. En fait, le nombre de jours dépend du niveau et du type d’enseignement. Alors, quand peut-on remplacer un prof absent ?

- Après 5 jours (ouvrables) : dans les écoles secondaires avec un encadrement différencié ainsi que dans l’enseignement de promotion sociale
- Après 6 jours (ouvrables) : en maternelle et primaire dans toutes les écoles subventionnées
- Après 10 jours (ouvrables) : en secondaire, dans les autres cas

"Si la durée initiale de l’absence du titulaire est inférieure à 10 jours ouvrables mais prolongée par la suite, quel que soit le motif, le remplacement est autorisé dès le moment où on connaît la prolongation si la durée totale couvre au moins 10 jours ouvrables", précise l’administration générale de l’enseignement.


On ne changera rien

Est-il dès lors possible de changer cette règle des 10 jours ? Qu'en pense la ministre de l'Education Marie-Martine Schyns ? "Il n’y a pas de modification en vue en ce moment, cette question dépendant des négociations syndicales sectorielles", répond son porte-parole. 


Autre problème: la pénurie d’enseignants 

Une chose est de toute façon évidente: même si le délai de 10 jours est modifié, cela ne va toutefois pas tout résoudre. Reste à trouver des professeurs remplaçants disponibles pour venir travailler quelques heures dans une école. Certains profils sont introuvables. La réalité est donc assez complexe.

D’autant plus que le métier d’enseignant semble de moins en moins attrayant. "De plus en plus de jeunes enseignants abandonnent la profession endéans les 5 premières années. Il y a souvent une vocation au départ mais la carrière n’est plus attirante. C’est devenu un métier difficile dans notre société", assure la directrice de l’Institut de la Vallée Bailly. Une pénurie d’enseignants pour certaines matières reste en effet une épreuve à surmonter.

De nombreuses écoles sont d’ailleurs confrontées à ce genre de difficultés. "Et les professeurs malades ressentent aussi une forme de pression. Ils se disent qu’ils ne peuvent pas tomber malades parce qu’ils savent que ce sera compliqué de les remplacer", regrette Marie-Alexandre Laurent.


Un problème de communication ? 

De son côté, Bastienne déplore également le manque d’information. "L'école n’a pas répondu ni au téléphone, ni aux emails des parents." Il n’y avait donc visiblement aucune communication de la part de l’établissement scolaire à ce sujet. "Pas de courriel, pas de note dans le journal de classe, rien pour nous prévenir les parents", assure-t-elle.

Ce n’est que fin octobre que la mère de famille parvient à joindre la direction. Cette dernière lui assure que la professeure de français de son fils sera de retour après les vacances de Toussaint. "L’école n’est pas responsable de son absence, mais ils devraient mieux communiquer et surtout organiser quelque chose pour leurs heures d’étude. Là, c’est une catastrophe car rien n’est mis en place. Soit mon fils rentre plus tôt à la maison, soit il fait ses devoirs à l’étude", déplore Bastienne.

La directrice Marie-Alexandre Laurent soutient avoir répondu aux questions de quelques parents inquiets. Elle affirme également sa volonté d’épargner les enfants en utilisant les moyens dont elle dispose.

"Pour les élèves en difficultés, on essaye de limiter le nombre d’heures de fourche mais c’est compliqué de trouver des professeurs pour une heure de cours. On essaye de le faire quand c’est possible, mais je ne peux pas imposer à mes enseignants de prester plus d’heures que prévu", souligne la directrice. "En tout cas, les élèves ne sont pas laissés à l’abandon. Et on organisera des cours de remédiation lorsque la professeure sera de retour et aura pu avancer dans sa matière", ajoute-t-elle.



"Il faut vraiment que les choses bougent"

Comme prévu, cette jeune enseignante est bien rentrée le 6 novembre, après le congé de Toussaint. "C’est une bonne nouvelle, mais il va falloir récupérer des semaines de cours. Et je me demande comment c’est possible de rattraper cette matière", s’interroge alors Bastienne. "Je ne juge pas cette professeure mais il faut vraiment que les choses bougent", estime cette maman.

Malheureusement, le scénario s'est finalement répété encore une fois. Depuis le 22 novembre, l'enseignante est à nouveau absente...

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