Plus de 22.000 nouveaux jobs ont été créés grâce à une mesure inédite: mais doit-on redouter un retour de manivelle?

Plus de 22.000 nouveaux jobs auraient été créés grâce à une mesure appelée "zéro cotisation"? Notre expert en économie, Bruno Wattenbergh, est venu expliquer cette nouveauté dans "Money Time", mardi sur Bel RTL.

Depuis le 1er janvier 2016, les indépendants ou les entrepreneurs, qui ne sont pas encore des employeurs, qui n’ont donc pas de personnel, peuvent engager leur premier employé avec des cotisations sociales patronales quasi inexistantes. Bref le coût salarial se rapproche du net payé au salarié. Et accrochez-vous bien, le gouvernement fédéral s’est engagé à octroyer cet avantage "à vie" !

Le but c’est créer de l’emploi c’est évident … mais pourquoi une mesure si intensive ?

C’est le vieux fantasme, le vieux crédo des classes moyennes et des représentants des indépendants : "Si tous les indépendants engageaient un travailleur, il n’y aurait plus de chômage en Belgique". Alors on en est encore loin, mais la mesure récolte plus qu’un succès d’estime puisque 22.000 indépendants ont sauté le pas et ont engagé leur premier travailleur.

A priori, ce n’est pas quelque chose de vraiment exceptionnel ?

Pour l’indépendant bien. Un indépendant peut accepter de ne pas se payer ou de ne se payer qu’une fraction de son salaire quand l’argent ne rentre pas. Par contre, quand on a du personnel, on est responsable pour le salaire d’un travailleur et de sa famille. Il y a donc une sérieuse marge et justement cette mesure intensive entendait convaincre ces indépendants de franchir une marge psychologiquement difficile. Enfin, pour l’économie, cela encourage l’indépendant à croître et sans croissance on ne financera pas notre modèle social.

Mais la mesure est critiquée … par qui et pourquoi ?

D’abord par les défenseurs de la sécurité sociale. Presque pas de cotisation, cela veut dire presque pas de recettes pour cette sécurité sociale, alors que ces 22.000 nouveaux travailleurs vont générer des coûts un jour ou l’autre. L’état fédéral compte en pratique sur le bénéfice indirect de cet engagement, en terme comme je le disais de croissance et donc de recettes fiscales pour compenser ce manque à gagner pour la sécurité sociale.

L’autre critique est plus paradoxale, c’est celle d’un syndicat d’indépendant qui craint une forme de concurrence déloyale … entre l’entreprise qui a engagé son travailleur avant 2016 et qui paie les cotisations patronales plein pot et celle qui bénéficie de plusieurs milliers d’€ d’économie grâce à cette mesure.

Un procès légitime ?

Je n’en suis pas si sûr … En termes de création d’emploi, comme en terme de création d’entreprise, on est un peu schizophrène en Belgique. Tout le monde ou presque critique qu’il ne se créée pas assez d’emplois et d’entreprise … mais quand l’état sort une mesure intensive qui bouscule les fondamentaux, cela finit toujours par déranger quelqu’un.

De temps en temps, la fin justifie les moyens. Et le relèvement du taux d’activité des Belges mérite d’être créatif et surtout ambitieux.

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