Le 'Marketplace' de Facebook permet d'acheter et de vendre en seconde main: Laurent signale "de plus en plus de contrefaçons" mais le réseau social ne réagit pas

A nouveau, le plus grand réseau social du monde moderne est victime de son succès. Son idée d'intégrer une plateforme de vente d'objets de seconde main est bonne et bien réalisée, mais d'innombrables "escrocs" tentent d'un profiter pour écouler de la contrefaçon. Laurent les dénonce, mais Facebook répond qu'il n'y a pas de problème…

Depuis quelques mois, Facebook a (encore) élargi son champ d'activité. Le réseau social le plus utilisé dans le monde veut également devenir le plus étoffé en contenu et en fonctionnalité.  

Il est loin le temps où on utilisait Facebook pour retrouver des amis d'enfance et partager un statut sous forme de texte. La dernière trouvaille des équipes de Mark Zuckerberg ? Le Marketplace (le marché), un nouvel espace sur son site et son application qui rassemble toutes les petites annonces postées par les utilisateurs.

Mais comme nous l'a fait remarquer Laurent, cette plateforme est rapidement devenue une zone anonyme (il est facile de créer des faux comptes Facebook) de vente d'objets contrefaits. "Depuis l'apparition du Marketplace sur le réseau social, de plus en plus d'articles de contrefaçon sont vendus sans problème", nous a déclaré ce jeune Namurois, après avoir contacté la rédaction de RTL info via le bouton orange Alertez-nous.

Comme toujours, une bonne idée à la base

L'idée du Marketplace est plutôt bonne, et tend à remplacer les innombrables groupes de vente d'objets de seconde main en tout genre, souvent limités à une petite ville, une région.

Plutôt que de faire partie d'une multitude de groupes de ventes, vous pouvez désormais utiliser le raccourci Marketplace de votre application, pour y faire des recherches. Et même être notifié lorsque certains objets sont mis en vente dans une zone géographique délimitée par vos soins.

Comme d'habitude, les armées d'ingénieurs de Facebook ont bien peaufiné le travail et le résultat est très appréciable: le Marketplace est bien pratique à utiliser.

Précisons d'emblée que les objets ne sont pas mis en vente par Facebook, qui ne sert que de plateforme de mise en relation entre vendeur et acheteur, entièrement gratuite pour l'instant. Difficile de savoir ce que le réseau social a derrière la tête. Le Marketplace pourrait servir à de vrais commerçants qui verseraient une commission à Facebook. Mais dans un premier temps, ils lui assurent trafic encore plus important, et une fidélisation de sa base d'utilisateurs.

Laurent, notre témoin namurois, l'utilise "assez souvent, bien plus que 2ememain.be, pour acheter du matériel informatique". Les vendeurs sont "des gens que je ne connais pas", souligne-t-il. "Mais je connais les produits, et je me limite à des particuliers" qui ont l'air, effectivement, de revendre du matériel leur appartenant, et qu'ils n'utilisent plus. "On n'est jamais sûr à 100%", admet-il, mais Laurent n'a jamais eu le moindre problème jusqu'à présent.

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Louis Vuitton, une des marques les plus contrefaites dans le monde...

De la contrefaçon

Hélas, sans surprise, Facebook est à nouveau victime de son succès. Quand on est N.1 et qu'on connecte près de 2 milliards de personnes, il y a forcément des petits (ou des gros…) escrocs qui s'infiltrent pour en tirer profit. On a déjà beaucoup parlé des comptes piratés, des usurpations d'identité et des arnaques en tout genre qui en découlent.

Sur le Marketplace, c'est une autre forme de criminalité qui sévit, nettement moins préjudiciable pour le grand public, heureusement. Il s'agit donc de la contrefaçon. Facebook ne servant que d'intermédiaire entre le vendeur et l'acheteur (il le répète assez dans ces conditions générales), il n'y a aucun contrôle sur les marchandises vendues.

Un petit tour sur la plateforme suffit à comprendre: comme l'a remarqué Laurent, il y a d'innombrables sacs Louis Vuitton à vendre à 20€, alors que les versions originales coûtent plusieurs centaines voire milliers d'euros.

En regardant bien, on remarque qu'il y a même des vendeurs semi-professionnels, sans doute spécialisés dans l'importation de produits contrefaits, et qui gagnent leur vie en les revendant, sur le Marketplace et ailleurs.

Dès lors, cette plateforme si bien conçue de Facebook perd de son intérêt: même si les produits contrefaits sont faciles à repérer (prix ridiculement bas), il devient difficile de trier le vrai seconde main local (la maman qui revend les vêtements de son bébé) du faux seconde main international (le sac Louis Vuitton contrefait vendu par un profil Facebook difficilement identifiable).

Pas de réponse de Facebook

Facebook n'a pas souhaité répondre à nos questions sur sa manière de surveiller les objets mis en vente.

Comme souvent, on imagine qu'il se retranchera intelligemment derrière son rôle d'intermédiaire irresponsable entre un vendeur et un acheteur. Tout en rappelant à qui veut l'entendre qu'il faut respecter ses fameux 'standards de la communauté', bible de la bienséance sociale et numérique du 3e millénaire.

Bien entendu, Facebook recommande d'utiliser son outil de signalement, comme pour toutes les publications, qui mobilise en théorie une autre armée, de modérateurs cette fois.

Mais comme on le remarquait récemment avec le témoignage d'Isabelle ayant signalé plusieurs fois une vidéo pornographique en libre accès, la modération de Facebook a des ratés. Quand on a deux milliards d'utilisateurs qui postent dix fois plus de milliards de contenus, on peut le concevoir. N'empêche…

"J'ai plusieurs fois signalé certains vendeurs de sacs Vuitton, de chaussures, etc… mais Facebook me répond chaque fois que le vendeur n'enfreint pas les standards. Est-ce normal? Facebook entretient la vente de contrefaçons et ferme les yeux sur ces pratiques", conclut Laurent.

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Malgré la possibilité de signaler un problème, Facebook ne semble pas réagir...

Que font les autorités belges ?

La multiplication des plateformes numériques permettant la vente de particulier à particulier est bel et bien une aubaine pour ceux qui veulent se faire de l'argent à l'aide de produits contrefaits.  

La manière la plus radicale de lutter contre ce fléau, c'est d'empêcher l'importation de ces produits (fabriqués pour l'écrasante majorité en dehors de la Belgique) sur notre territoire. Car sans surprise, le moyen le plus simple de se procurer des produits contrefaits pour les vendre en Belgique - à moins de faire partie d'un réseau criminel - c'est de les commander sur internet.

C'est le Service Public Fédéral (SPF) Finances qui est compétent pour cette matière, qui relève des douanes. "On intervient quand les produits traversent la frontière. Au niveau des douanes, on procède à des analyses de risques, par exemple en ciblant et contrôlant certains avions atterrissant à Zaventem ou à Bierset (Liège)", nous a expliqué la porte-parole. Typiquement, il s'agira d'avions-cargos en provenance d'Asie. Parmi les critères de sélection, il y a également le site dont proviennent les caisses, certains étant connus pour fabriquer de la contrefaçon à grande échelle.

En 2016, d'après des chiffres que nous nous sommes procurés au SPF Finances, sur les 37.713 objets saisis par les douanes au moment de leur arrivée sur notre territoire, 12.384 se rangeait dans la catégorie 'vêtements et accessoires'. Il y a donc comme un lien avec le constat de Laurent, et le nôtre, sur la contrefaçon remarquée sur le Marketplace de Facebook, et ailleurs sur le web…

C'est nettement plus que les smartphones (5.357), les montres et bijoux (2.977) et les jeux et jouets (673). L'année 2017 n'est pas encore achevée, mais les saisies ont déjà dépassé le niveau de 2016, a-t-on appris.

Toujours d'après le SPF Finances, toute infraction en matière de marchandises de contrefaçon et de marchandises pirates peut être sanctionnée par un emprisonnement de 3 mois à 3 ans, une amende allant de 500 euros à 500.000 euros, la confiscation et la destruction des marchandises saisies.

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