Inquiétant: les petits francophones de Belgique seraient parmi LES PIRES ÉLÈVES d'Europe en lecture selon une étude

Le niveau de lecture des jeunes francophones de Belgique a régressé au cours des cinq dernières années, plaçant la Fédération Wallonie-Bruxelles en dernière place de l'Union européenne et des pays développés, selon les résultats du Programme international d'évaluation des compétences en lecture (PIRLS 2016) publié mardi.

L'étude est réalisée sur des enfants de 4e primaire. Les jeunes francophones n'y engrangent qu'un résultat moyen de 497 points, en retrait de 9 points par rapport à une étude similaire réalisée en 2011. La Fédération Wallonie-Bruxelles se classe ainsi bien en-dessous de la moyenne des pays de référence (542 points), et derrière la Flandre (525 points).

Au total, les élèves de 150 écoles participent à cette étude qui est accomplie depuis 2006 à intervalles réguliers.


"Insatisfaisant"

Dans un communiqué, la ministre de l'Education Marie-Marie Schyns a qualifié ces résultats, qui corroborent ceux livrés récemment par les études Pisa de l'OCDE, d'"insatisfaisants".

Les chiffres pour la Fédération Wallonie-Bruxelles montrent une forte disparité de résultats entre petits francophones selon leur genre, leur retard scolaire et leur origine sociale. Les garçons disposent ainsi d'une moins bonne capacité de lecture que les filles.

Voici le classement complet (source: PIRLS 2016)
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Les garçons, les doublants et les plus pauvres moins bons

Réalisée tous les cinq ans dans 61 pays ou régions, l'étude PIRLS sonde les capacités de lecture des jeunes de 4e primaire. En Fédération Wallonie-Bruxelles, c'est l'université de Liège (ULg) qui a réalisé l'enquête auprès de 4.623 jeunes inscrits dans 158 écoles.

Celle-ci montre un "écart significatif" entre élèves francophones selon leur genre, leur retard scolaire et leur origine sociale. Les garçons (492 points) disposent ainsi d'une moins bonne capacité de lecture que les filles (503). Les redoubleurs lisent également nettement moins bien que les élèves sans retard scolaire, tout comme les enfants issus des familles les plus pauvres au regard de ceux issus de milieux plus aisés où le niveau de lecture atteint la moyenne des pays développés.


Les causes:

Au-delà de ces éléments socio-économiques, les chercheurs de l'ULg expliquent ces piètres performances de la Fédération par des raisons plus structurelles. Les pratiques pédagogiques en Wallonie et à Bruxelles diffèrent en effet des pays plus performants. Ainsi, dans les écoles de la Fédération, il est rare qu'on fasse lire à des enfants de primaire des livres en entier, au bénéfice de textes plus courts, notent-ils.

Les efforts de remédiation en lecture en Fédération sont en outre largement insuffisants, les besoins n'étant même pas couverts à moitié, selon ces chercheurs.

Ceux-ci pointent aussi le fait que les profs ne sont que fort peu formés à l'enseignement de la lecture.

Enfin, l'absence de continuité entre le cycle maternel et le primaire est également avancé comme explication par les chercheurs.


La ministre Schyns veut travailler au pacte d'excellence

"L'analyse de ces résultats sera particulièrement utile aux travaux du Pacte pour un enseignement d'excellence", estime la ministre. "Le groupe de travail relatif aux 'référentiels français', qui doit revoir les savoirs, les savoir-faire et les compétences du futur tronc commun tiendra largement compte des constats et des pistes d'amélioration développés dans l'analyse". "Il faudra renforcer l'offre de lecture, en insistant sur la compréhension, l'interprétation, le décodage et l'implicite. Cela devra se combiner avec un passage à l'écrit intervenant plus tôt dans la scolarité", ajoute Mme Schyns.

Celle-ci précise que des initiatives ont déjà été prises récemment pour inverser la vapeur, notamment la mobilisation de moyens supplémentaires pour permettre aux écoles d'acheter des livres, ou encore en matière de formation continue des enseignants.


Le MR bondit à la lecture de la réaction de Schyns

L'opposition MR en Fédération Wallonie-Bruxelles a vertement dénoncé mardi l'attitude de la ministre de l'Education. Au-delà des résultats "consternants" révélés par l'enquête, "le plus catastrophique est la façon dont la ministre s'en lave les mains!", dénoncent les réformateurs dans un communiqué. "Cela fait déjà un certain temps que le groupe MR dénonce son abandon de gouvernance aux groupes de travail du Pacte d'excellence, mais cette fois, c'est le point de non-retour", tonne leur cheffe de file au Parlement de la Fédération, Françoise Bertieaux.

"Face à ces mauvais résultats, la ministre se tourne, une fois encore, vers les groupes de travail du Pacte pour 'en tenir compte', et à qui 'ces analyses seront utiles'. On croit rêver! Sur une réforme aussi importante que le Pacte d'excellence, que l'on concerte les acteurs de terrain est normal, voire crucial. Mais ensuite, un ministre se doit de prendre ses responsabilités en prenant - parfois en tranchant - les mesures censées répondre aux lacunes observées. Il est clair que désormais Mme Schyns a démissionné de toute responsabilité ministérielle", juge Mme Bertieaux.


Les propositions du MR

Pour le MR, le gouvernement de la Fédération doit absolument mettre la priorité sur le renforcement des apprentissages de base (lire, écrire, compter), notamment en instaurant la remédiation immédiate dès le primaire.

Cette enquête PIRLS ne fait, selon lui, que confirmer des constats "connus et reconnus" depuis des années, à savoir les meilleures prestations des filles et la dualité de l'enseignement entre élèves favorisés et défavorisés. "Mais quelles mesures ont été prises depuis dix ans pour y remédier? ", interroge le MR. "Il est connu que certaines écoles concentrent une majorité d'élèves qui rencontrent des problèmes d'apprentissage, mais ce gouvernement a choisi de cacher sous le tapis les difficultés de ces écoles plutôt que de mettre en place un vrai programme d'accompagnement", conclut le communiqué.


Les propositions d'Ecolo

L'opposition écologiste de son côté ne s'est montrée guère étonnée des piètres résultats engrangés par les jeunes francophones. "Ce n'est hélas pas une vraie surprise", réagit la cheffe de groupe Ecolo au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Cela confirme les résultats PISA sur le niveau global mais surtout sur les inégalités scolaires qui sont intolérables".

Pour les écologistes, l'enquête confirme la nécessité pour les enfants de bien maîtriser la langue de l'enseignement dès le début de la scolarité. "Il faut donc mettre la priorité sur le renforcement et la qualité de l'accueil en maternelles ainsi que sur la formation des enseignants en ce sens", selon Barbara Trachte.

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